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L’Institut de santé publique quitte le comité sur l’encadrement des boissons alcoolisées

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Photo courtoisie

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Le chien de garde de la santé des Québécois, l’Institut national de santé publique (INSPQ), a claqué la porte du comité chargé de revoir l’encadrement des boissons alcoolisées, mis sur pied après le décès tragique de la jeune Athéna Gervais, a appris Le Journal.

Le corps de l’adolescente de 14 ans avait été retrouvé dans un ruisseau près de son école secondaire de Laval, en mars 2018. Dans son rapport, le coroner a conclu à une mort par noyade après «une consommation excessive d’une boisson sucrée à haute teneur en alcool». 

Depuis, les boissons sucrées de plus de 7 % d’alcool ont été retirées des tablettes des dépanneurs et épiceries. D’autres mesures devant rendre les breuvages sucrés alcoolisés moins séduisants aux yeux des jeunes sont attendues. 

Objectif perdu de vue

Mais rien ne va plus au sein du groupe de travail, piloté par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), qui doit remettre son rapport sous peu à la ministre de la Sécurité publique. 

«Le comité a perdu de vue l’objectif initial qui était de trouver des solutions pour éviter que des cas comme [celui] d’Athéna Gervais se reproduisent», confie sous le couvert de l’anonymat une personne qui a assisté aux séances du groupe de travail.  

Jointe par notre Bureau parlementaire, la porte-parole de l’INSPQ, Sybille Jussome, précise que leur participation devait apporter un éclairage scientifique en soutien aux recommandations du groupe de travail.  

«Au départ, tous les partenaires participants devaient confirmer leur adhésion au mandat du comité, soit celui de protéger les personnes mineures et de favoriser la consommation responsable. Après quelques rencontres, les experts de l’INSPQ se sont retirés devant les difficultés d’arrimage entre les motivations des organismes à mission sociale ou de santé et celles de l’industrie de l’alcool», ajoute-t-elle.  

L’avis en rédaction

Selon certains, la RACJ a également vu l’occasion de revoir l’ensemble de sa réglementation.  

«Quand on commence à parler des promotions croisées, est-ce qu’on a le droit de mettre un parasol aux couleurs de Corona dans un bar, on est très loin [de l’objectif]», nous dit une source, bien au fait du dossier.  

À la RACJ, on souligne que les consultations tirent à leur fin. «La Régie est à amorcer les travaux de rédaction d’un avis», précise Janick Simard.  

Au comité siègent également Éduc’Alcool, le Secrétariat à la jeunesse, la SAQ et plusieurs associations représentant les brasseurs, les microbrasseries, les propriétaires de bars, les restaurateurs et les détaillants.