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Quand la montagne l’emporte...

François-Guy Thivierge a été contraint de rebrousser chemin dans l’ascension du Cerro Torre

François-Guy Thivierge
Photo courtoisie François-Guy Thivierge a escaladé la montagne, muni de piolets, de crampons et d’un sac à dos de 32 kg contenant tous les équipements d’escalade et de camping ainsi que de la nourriture pour cinq jours.

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Parfois, la nature dit simplement non. Durant sa quête pour gravir 55 montagnes en 55 mois, François-Guy Thivierge a essuyé un premier revers en Amérique du Sud, quand le mythique Cerro Torre s’est montré trop inhospitalier pour que l’alpiniste ajoute ce sommet à sa liste de conquêtes. Mais l’aventurier ne rend pas les armes devant le monstre pour autant.  

Thivierge et ses deux compères Carl Darveau et Jyoti Venne ont mis le cap sur cette montagne de la Patagonie, à la frontière entre l’Argentine et le Chili, à la mi-décembre. Tout juste revenu du périple, le dompteur de montagnes de Québec s’était donné une fenêtre d’un mois pour réaliser l’exploit, mais Dame nature n’a pas collaboré.Le voilà donc de retour à la maison, évidemment chagriné de ne pas avoir atteint l’objectif, mais pas moins fier.    

François-Guy Thivierge
Photo courtoisie

« Le Cerro Torre a été considéré pendant longtemps comme la montagne la plus dure à escalader au monde. Ça nous a fait énormément de peine, mais c’est une montagne qu’on attaquait avec beaucoup de respect et d’humilité. J’en ai réalisé des ascensions et celle-là nous a vraiment donné du fil à retordre, mais je veux y retourner, probablement l’année prochaine.    

« On a appris beaucoup sur la montagne et les parcours. On voudrait décaler de deux semaines notre expédition en arrivant en janvier plutôt qu’en décembre pour avoir une meilleure fenêtre. Les gens là-bas nous ont dit que cette année, les conditions étaient exécrables. Il n’y a aucune équipe qui a atteint le sommet durant la saison actuelle », a raconté Thivierge, exténué à son retour.    

Avalanches et autres obstacles  

François-Guy Thivierge
Photo courtoisie

Le problème, c’est que les conditions climatiques n’ont jamais été au rendez-vous pour permettre une ascension sécuritaire. Pendant tout le mois, des vents de 80 à 160 km/h ont balayé la montagne. Durant les trois jours pendant lesquels les bourrasques se sont calmées, la chaleur s’est invitée au point de faire fondre les glaces et de générer des avalanches.    

« On n’allait pas là pour risquer nos vies. Nous sommes trois alpinistes chevronnés avec de l’expérience, mais là, c’était trop dangereux », a relaté Thivierge.    

Jusqu’à 2200 mètres  

Le trio a tout de même approché la montagne en pleine tempête et a marché longuement sur les glaciers, jusqu’à atteindre 2200 mètres d’altitude, le sommet se situant à 3102 mètres. C’est là que la sage décision de renoncer au sommet s’est imposée.    

« Juste pour retourner de bord, ça nous a encore pris deux à trois jours. Ça a été extrêmement épuisant. C’est l’un des séjours les plus éprouvants que j’ai eu à vivre », a confié l’alpiniste aguerri, qui a par ailleurs subi une entorse à la cheville en transportant le matériel d’un camp à l’autre lors de trois éreintants aller-retour qui ont totalisé 200 km de marche.    

Le rêve toujours vivant  

François-Guy Thivierge
Photo courtoisie

Aux yeux de Thivierge, le Cerro Torre représente l’une des montagnes les plus redoutables de sa liste et il n’est pas question d’abandonner le projet de l’attaquer.     

La formation de glace unique au monde au sommet ainsi que les montagnes en pics très dentelés l’attirent trop pour qu’il baisse les bras après une tentative.    

« C’est un peu poétique, mais il y a de l’amour, du désir, de l’admiration pour cette montagne. J’ai développé beaucoup de patience, de résilience. C’est ça les vertus de l’alpinisme qu’on peut transposer dans notre vie de tous les jours.     

« On ne réussit pas toujours à atteindre nos objectifs, mais c’est important d’en tirer des leçons. Ça ne m’arrête pas, ça m’allume. Je n’abandonnerai pas si facilement un rêve que je caresse depuis tant d’années. C’est la plus spectaculaire montagne de ma liste et elle est symbolique pour moi. Je n’ai pas dit mon dernier mot », a promis l’infatigable aventurier.    


  ♦ L’alpiniste de Québec François-Guy Thivierge a entamé en août le défi de sa vie : gravir 55 montagnes en 55 mois pour souligner ses 55 ans. Chaque mois, le Journal vous présente une montagne qu’il a gravie dans le cadre de ce projet.   

  

CERRO TORRE  

CAP SUR LA MONTAGNE   

  • Pays : Argentine et Chili  
  • Altitude : 3102 m  
  • Ascension : 2200 m  
  • Durée : 5 jours  
  • Première ascension : 1974   

Pour suivre ses aventures  

Francoisguythivierge.com  

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