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Bergevin: la bonne affaire

Flames c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Les équipes qui entretiennent un intérêt pour Tomas Tatar seront toujours dans la salle d’attente si jamais, deux ou trois jours avant la date limite des échanges, Marc Bergevin décide de faire des changements.

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Acheteur ou vendeur ? On s’interroge depuis plusieurs jours sur le parcours que devra emprunter Marc Bergevin d’ici la fin de la saison.

Une journée, après un revers contre les Blackhawks de Chicago, on croit qu’une vente s’impose.Qu’il faut songer aux prochaines années et que, dans la réalité, il n’y a plus aucun joueur qui mérite le statut d’intouchable même si le directeur général du Canadien a informé les gens de Toronto – pour s’assurer que son commentaire fera le tour de la ligue – qu’il n’a aucunement l’intention d’échanger Carey Price, Shea Weber et Brendan Gallagher.

Le lendemain, son équipe surclasse les Flyers de Philadelphie, l’une des équipes que le Tricolore doit écarter de son chemin s’il veut sa qualification pour les séries éliminatoires.

D’un trait, tout est remis en question.

Acheteur ou vendeur ?

Bergevin et sa garde rapprochée bénéficieront d’une longue période d’inactivité pour concocter un plan puisqu’il ne reste plus qu’un mois aux équipes pour effectuer des échanges.

Options

Où se situe Bergevin ?

Quel est le rôle qui lui convient le mieux dans les circonstances actuelles ?

Celui de vendeur ? Pourquoi pas ? Il y a sûrement des patineurs chez le Canadien qui attirent l’attention, qui invitent les autres formations à une profonde réflexion.

Celui d’acheteur ? Bon, mathématiquement parlant, le Canadien est toujours dans le coup. Logiquement, une qualification pour les séries éliminatoires est peu plausible, mais qui sait, cette équipe ne cesse de multiplier les surprises.

Est-ce que Bergevin se retrouve entre deux chaises ?

Disons qu’au fur et à mesure qu’on s’approche de la date limite du 24 février, il aura sûrement des choix importants à faire.

Pendant cette période, il devra fournir des réponses significatives aux interrogations qui marquent cette période de l’année.

Le directeur général du Tricolore n’est pas du genre à jeter l’éponge. Encore moins quand son équipe lui fournit des arguments comme ceux de jeudi soir à Philadelphie.

Pourquoi devrait-il prendre une décision immédiatement ?

Après tout, les équipes qui entretiennent un intérêt pour Tomas Tatar seront toujours dans la salle d’attente si jamais, deux ou trois jours avant la date limite, Bergevin se rend à l’évidence qu’il aura fait chou blanc dans ses objectifs, c’est-à-dire une participation aux séries éliminatoires.

Classement

Par contre, si le classement se resserre et que le Canadien se retrouve dans le peloton luttant pour un laissez-passer lui permettant de compétitionner jusqu’à la fin d’avril tout au moins, ne pourra-t-il pas regarder dans la cour du voisin et voir s’il n’y a pas un patineur qui donnera au Tricolore la possibilité de batailler jusqu’à la toute fin ?

D’ici le 24 février, des équipes chercheront à réaliser quatre objectifs :

  • améliorer les effectifs ;
  • amenuiser la masse salariale ;
  • échanger des joueurs qui risquent de tester le marché des joueurs autonomes sans restriction ;
  • tenter le grand coup dans l’espoir d’aller jusqu’au bout.

Des joueurs de location, il y en aura... mais leur valeur à la date limite n’est pas aussi élevée qu’on voudra bien le croire. Par contre, des équipes consentent parfois à payer le gros prix pour accueillir un joueur capable de faire toute la différence dans la course à une qualification pour le tournoi printanier.

Bergevin possède des patineurs attrayants. Il y a Tatar. Et voilà Ilya Kovalchuk, qui surprend tout le monde – y compris Bergevin et son groupe –, devenant subitement un cas particulier.  

Il y a assurément des équipes qui s’interrogent à savoir si le joueur russe pourra colmater une brèche dans leur top 6. Après tout, il ne commande pas un salaire faramineux, bien au contraire, et il a fait la démonstration, depuis qu’il a accepté l’offre du Canadien, qu’il peut encore contribuer aux succès d’une équipe.

À moins que Bergevin ne s’interroge, comme le font ses homologues, si jamais le Canadien est toujours dans la course.

Situation intéressante

Dans les faits, le directeur général du Canadien est dans une situation intéressante. Au retour de la pause de la semaine prochaine, les joueurs blessés seront en mesure de reprendre le collier. Son équipe sera assurément supérieure à celle que l’on voit présentement. Il restera 30 matchs à disputer. 

Donc, il aura l’embarras du choix. Le plus important sera de réaliser la bonne affaire.

Celle qui permettra à son organisation de progresser au cours des prochaines saisons... y compris celle de cette année.

Des gardiens à surveiller

Il ne fait aucun doute que les gardiens risquent de modifier la donne dans les prochaines semaines.

  • On recherche un gardien en Caroline.
  • On s’interroge sur les deux gardiens au Colorado.
  • On se demande qui, de Corey Crawford ou de Robin Lehner, demeurera à Chicago.
  • Braden Holtby demeurera-t-il à Washington ?
  • Henrik Lundqvist changera-t-il d’adresse s’il lève sa clause le protégeant contre toute transaction ?

Le dossier Holtby est le plus intéressant. Voilà un gardien qui a gagné la coupe Stanley il y a deux ans avec les Capitals de Washington. Le 1er juillet, il pourra se prévaloir de son statut de joueur autonome sans restriction.

Il exige une entente de plusieurs saisons entre 9 et 10 millions $. Holtby soutient qu’il affiche des résultats aussi impressionnants que Sergei Bobrovsky et Carey Price.

L’espace nécessaire ?

Le problème, c’est que les Capitals n’auront peut-être pas l’espace nécessaire dans la masse salariale pour satisfaire les exigences de leur gardien. Ne viennent-ils pas de consentir un contrat de 9 millions $ à Nicklas Backstrom ?

Que faire ?

Washington a de grandes ambitions cette année. Les Capitals peuvent-ils gagner la coupe Stanley avec un gardien recrue, Ilya Samsonov ? On a de sérieux doutes.

Ou va-t-on décider de garder Holtby même si, en fin de saison, on risque de le perdre sans obtenir un retour sur investissement ?

Disons qu’il y a toujours un prix à payer pour gagner la coupe Stanley...

Et n’oublions pas qu’Alex Ovechkin disputera la dernière année de son entente en 2020-2021. Il aura alors 35 ans. Pourrait-il alors décider de terminer sa carrière dans la KHL ?