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L’avortement est bel et bien un soin de santé

Richard Décarie
Photo courtoisie, Mike Patton Richard Décarie

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.

L’énoncé

L’ancien organisateur politique Richard Décarie, qui a annoncé son intention de se porter candidat à la course à la chefferie du Parti conservateur, a affirmé cette semaine qu’il s’opposait à l’avortement, sur les ondes de QUB radio.

« Au niveau fédéral, la loi, elle, est au niveau du financement des soins de santé à travers tout le pays. [...] Au niveau des soins de santé, un soin doit être qualifié comme étant un soin de santé avant d’être financé, et je vous annonce que l’avortement, ce n’est pas un soin de santé, et pourtant c’est financé à 100 % », a-t-il soutenu.

Les faits

M. Décarie a tort. Le Collège des médecins du Québec confirme que l’avortement est bel et bien considéré comme un soin de santé dans la province et est financé par le régime public québécois. L’interruption volontaire de grossesse est assurée en vertu de la loi québécoise sur l’assurance maladie.

Au fédéral, c’est la Loi canadienne sur la santé qui est responsable de déterminer comment le gouvernement financera les provinces en matière de santé, mais rien ne lui permet de déterminer qu’un soin médical est assurable ou non assurable, et nécessaire ou non nécessaire. Ce sont les provinces qui déterminent quels sont les services médicaux qu’elles couvrent.

Santé Canada indique d’ailleurs dans son rapport annuel 2016-2017 que « les services d’avortement sont assurés dans l’ensemble des provinces », mais l’accès à ceux-ci reste encore inégal.

Le chiffre de la semaine : 300 700

Richard Décarie
Photo d'archives, Didier Debusschère

C’est le nombre de ménages québécois qui ont acheté une première propriété dans les cinq dernières années, selon la plus récente Enquête canadienne sur le logement de Statistique Canada. De ce nombre, 47 % avaient entre 25 et 34 ans. Parmi ceux qui ont accédé à la propriété, on compte 109 600 familles composées d’un couple et d’enfants, 86 300 couples sans enfant, et 68 200 personnes seules. À Montréal, 38 % des nouveaux propriétaires ont acheté une maison détachée, contre 53 % à Québec.

Les raisons ayant poussé ces nouveaux propriétaires à déménager sont multiples : 69 % ont répondu que c’était pour devenir propriétaires, 31 % pour vivre dans un plus grand logement, 28 % pour fonder son propre ménage et 13,6 % parce que la taille du ménage ou de la famille a changé.

– Marie Christine Trottier