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L’accusé se confiait à une ado du centre jeunesse

Le travailleur social aurait tué sa conjointe, mère de ses six enfants, jeudi dernier

Jaël Cantin et Benoit Cardinal
Photo tirée de Facebook Un cliché de la famille aux allures parfaites pris l’été dernier à Walt Disney World, en Floride. On y voit Benoît Cardinal, Jaël Cantin et leurs six enfants, âgés de 1 à 12 ans.

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Des échanges troublants entre l’intervenant social, accusé d’avoir tué sa conjointe, et une adolescente du centre jeunesse où il travaillait laissent croire que le couple vivait des difficultés dans les mois précédant le drame.  

Dans des conversations électroniques obtenues par Le Journal, Benoit Cardinal confiait à une adolescente, qu’on ne peut identifier, que sa relation amoureuse battait de l’aile.    

« Y’a moi pis tes enfants ta femme », a texté la jeune fille de 16 ans à son travailleur social du Centre jeunesse de Laval, vers 17 h 30, le 23 novembre.    

Elle énumérait des raisons de s’accrocher à la vie à l’homme de 33 ans, qu’elle savait dépressif, a-t-on appris.    

« Ma femme honnetement..... », avait-il rétorqué.    

« Ouain... sa [sic] va boff avec ? », avait alors demandé l’ado à celui qu’elle surnommait « Papou », sans qu’elle obtienne de réponse en retour.    

Cardinal a été accusé vendredi du meurtre non prémédité de sa conjointe, Jaël Cantin, aussi âgée de 33 ans.    

La tragédie est survenue la veille, au petit matin, sur le chemin des Anglais, à Mascouche, dans Lanaudière.    

Selon nos informations, Cardinal aurait tenté de camoufler l’homicide de la mère de six enfants, âgés de 1 à 12 ans, en une violation de domicile.    

À couteaux tirés   

Les échanges avec l’adolescente montrent que l’accusé n’était pas dans un bon état d’esprit, dernièrement.    

L’intervenant était notamment à couteaux tirés avec son employeur en raison de sa proximité avec la jeune fille.    

Le Journal rapportait d’ailleurs samedi qu’il avait quitté son emploi le 10 janvier après avoir été suspendu quelques semaines plus tôt.    

C’était après l’ouverture d’une enquête de la police de Laval dont il faisait l’objet.    

Aucune accusation à cet effet n’a encore été portée contre lui.    

Le père de famille semblait savoir que ses échanges avec l’adolescente étaient inappropriés.    

« Tu supprimera [sic] la convo [conversation] avant de rentrer », peut-on entre autres lire dans un texto envoyé le 20 novembre, vers 19 h 50.    

Très affectif  

« Pis j’ai une rencontre avec la chef demain. Fait [sic] attention aux educ [éducateurs] ya juste [...] qui est clean. J’ai pu le droit de rien faire avec vous pus de calin [sic] pus de rencontre pus de cheveux rien », y lit-on aussi le 4 décembre.    

Dans les conversations consultées, Cardinal est extrêmement affectif, sans avoir une connotation sexuelle.    

Plus tard, il ajoute être rempli de haine.    

« Jai juste hate de savoir ce qui m’attend. C’est n’importe quoi j’me fais regarder comme si je vous faisais du mal j’me fais juger bref on parlera pas de ca sa [sic] va juste me facher [sic] encore mais si je suis suspendu j’te jure que va falloir que j’me gère pcq [parce que] m’a y sauter dans face », a-t-il écrit.    

Extraits des messages  

Des extraits de messages échangés entre Cardinal, un travailleur social (sur fond noir), et une adolescente (sur fond bleu) dans le cadre de son emploi dans un centre jeunesse.