/entertainment/stage
Navigation

La famille Plouffe renaît au Trident

theatre les Plouffe
Photo Agence QMI, Simon Clark Toute la distribution excelle, notamment Alice Moreault et Renaud Lacelle-Bourdon dans les rôles de Rita Toulouse et d’Ovide Plouffe.

Coup d'oeil sur cet article

On n’avait jamais monté Les Plouffe au Théâtre. Le Trident vient de le faire et c’est un énorme moment de bonheur.

À l’affiche à la salle Octave-­Crémazie du Grand Théâtre jusqu’au 8 février, la saga familiale de Roger Lemelin se déploie à travers une adaptation réussie d’Isabelle Hubert et dans une mise en scène de Maryse Lapierre.

Les éléments de risque étaient nombreux, avec tous ces lieux qu’il fallait recréer, mais il y avait surtout tous ces personnages, plus grands que nature, immortalisés dans le film culte de Gilles Carle.

Ils sont tous là. Ovide, Napoléon, Guillaume, Cécile, Théophile et Joséphine Plouffe, et aussi les autres, le journaliste Denis Boucher, la sulfureuse Rita Toulouse, Jeanne Duplessis, le pasteur Tom Brown, le curé Folbèche et Stan Labrie.

Isabelle Hubert a travaillé à partir du roman de Roger Lemelin et en faisant plusieurs clins d’œil au long métrage.

Et là aussi, c’est réussi. Les scènes, l’esprit, les personnages, les moments d’humour et l’ambiance. Tout est là, incluant les Singapour Sling de Rita Toulouse et les lunes de miel apportées par Napoléon.

Il y a beaucoup de plaisir à voir tout ça prendre vie sur les planches.

On plonge, rapidement, dès les premières minutes de la pièce, dans la saga familiale. Théophile, suivi, sur son vélo, par son fils Napoléon et c’est lancé.

Une des forces de cette coproduction avec le théâtre Denise-Pelletier réside dans le choix des acteurs. Tout le monde est bon.

On oublie les Gabriel Arcand, Pierre Curzi, Denise Filiatrault, Serge Dupire, Anne Létourneau, Émile Genest et Juliette Huot du film.

Plaisir évident

Alex Godbout se démarque, dès le début, dans le rôle du sportif émérite Guillaume Plouffe. Jean-Michel Girard livre une très grande performance dans le rôle de Napoléon. Frédérique Bradet est convaincante dans celui de Cécile.

Renaud Lacelle-Bourdon propose un Ovide Plouffe qui est le sien. Le jeune comédien joue parfaitement ce personnage complexe, fragile et qui cherche sa place dans un monde qui ne semble pas être le sien.

La célèbre et incontournable réplique «Y’a pas d’place, nulle part, pour les Ovide Plouffe du monde entier» est livrée sans la puissance émotive de Gabriel Arcand. Et c’est très bien ainsi, Lacelle-Bourdon n’a pas copié et il habite ce personnage à sa façon.

La mise en scène de Maryse Lapierre est dynamique, réussie et parsemée de belles trouvailles amusantes pour recréer le tournoi d’anneaux, le match de baseball et la montée à vélo de Napoléon et Ovide vers la Haute-Ville.

Il y a même un clin d’œil amusant au coût jugé élevé du Stade municipal, qui, à l’époque, avait coûté 150 000$

Des insertions musicales, avec des membres de la distribution qui chantent et jouent de quelques instruments, ponctuent certains segments. On semble avoir un plaisir évident sur les planches.

L’histoire de ces gens courageux et imparfaits qui luttent et qui aiment, se déroulant dans le Québec des années 1930 et 1940, est universelle et tient toujours la route.

Et cette adaptation théâtrale le prouve, à travers les 2 h 20 de la pièce, sans entracte, où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Du pur bonheur.