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Réouverture d'un sentier vers Charlevoix: le monde de la motoneige soulagé

Le sentier Trans-Québec n° 3 est ouvert depuis samedi

Gabriel Perreault, propriétaire du Hilton Double Tree près de l’autoroute Laurentienne, dans son garage où de nombreuses motoneiges étaient rangées, jeudi, malgré la haute saison, alors que le sentier Trans-Québec n° 3 était encore fermé.
Photo Jean-François Desgagnés Gabriel Perreault, propriétaire du Hilton Double Tree près de l’autoroute Laurentienne, dans son garage où de nombreuses motoneiges étaient rangées, jeudi, malgré la haute saison, alors que le sentier Trans-Québec n° 3 était encore fermé.

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La fermeture d’un sentier vers Charlevoix a causé bien des maux de tête aux motoneigistes, mais grâce aux efforts d’un club, la situation est revenue à la normale samedi.  

Les motoneigistes qui voulaient se rendre dans Charlevoix à partir de Québec devaient composer avec la fermeture du sentier Trans-Québec n°3 qui traverse la Seigneurie de Beaupré (aussi appelée les terres du Séminaire).  

«C’est comme si on fermait l’autoroute 20», pestait Gabriel Perreault, propriétaire de l’hôtel Hilton Double Tree à Québec, qui vend des forfaits motoneiges, lorsqu’il a contacté Le Journal jeudi. 

Cette portion du sentier n°3 est entretenue par le Club d’auto-neige le Sapin d’Or qui détient un droit de passage sur la Seigneurie de Beaupré. 

André Lachance, président du club, était aux commandes d’une surfaceuse depuis vendredi midi lorsque Le Journal a pu lui parler, 48 heures plus tard. «Le sentier est ouvert depuis samedi midi», était-il heureux d’annoncer. 

Ponts et assurances  

«Nous accordons des droits de passage au Sapin d’Or et au Club de l’Arrière-pays. Ils sont propriétaires de 18 ponts et nous leur permettons le passage sur six de nos propres ponts. Nous avons exigé des inspections qui ont été réalisées en 2018 et 2019. La capacité portante doit être de 12 tonnes pour supporter le passage des surfaceuses», explique Jacques L. Laliberté, régisseur de la forêt de la Seigneurie de Beaupré. 

Dix ponts du Sapin d’Or ont donc été ainsi jugés trop faibles. «L’assureur du Sapin d’Or a refusé de les couvrir. Le nôtre aussi en tant que propriétaire du fonds de terrain. Nous ne pouvions donc pas permettre le passage des surfaceuses ou risquer un déversement d’huile si une machine tombait dans l’eau. Comprenant le manque de financement de ces clubs, nous avons même accepté des voies de contournement temporaires», a précisé M. Laliberté. 

André Lachance a déclaré travailler depuis septembre à trouver des solutions aux multiples problèmes. «Ça très bien été avec la Seigneurie. Quand on leur a expliqué nos solutions, il n’y avait problème pour eux», a-t-il précisé. 

Le club a littéralement contourné les difficultés avec des ponts de glace et des détours. Des travaux ont été effectués sur le dernier pont problématique qui doit être inspecté par un ingénieur lundi. Mais le club a préféré une solution plus rapide et au succès garanti.  

«J’ai réparé ma cinquième surfaceuse, qu’on gardait en réserve, explique M. Lachance. Elle arrête au pont. Une autre fait le sentier de l’autre côté du pont. Les surfaceuses n’ont pas à le traverser et à cinq ou six tonnes de capacité, le pont est assez solide pour les motoneiges.» 

Complexe 

La fermeture touchait environ 70 km de sentier. Charlevoix demeurait accessible par le Saguenay, un détour de 300 km dans chaque direction à partir de Québec. La fermeture aurait pu durement se faire sentir puisque la 20e édition du Grand rassemblement des motoneigistes aura lieu les 24 et 25 janvier au Manoir Richelieu. 

«Les normes environnementales sont de plus en plus sévères. C’est correct, nous sommes pour ça, mais les procédures sont très longues. Il y a 20 ans, on partait une gagne de chum avec une caisse de bière et du bois donné par le BMR du secteur et on allait faire un pont. Maintenant ça peut prendre d’un à deux ans avant de pouvoir installer une nouvelle structure», a avancé le directeur général de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), Stéphane Desroches. 

«J’ai fait des demandes de permis pour un pont sur une autre terre privée depuis deux ans. J’ai le permis de faire le pont du MFFP (Ministère des forêts, de la faune et des parcs), j’ai la permission du propriétaire de passer sur sa terre, mais je n’ai pas le permis du Ministère de l’Agriculture de passer sur la terre (agricole) avec une pelle mécanique pour faire le pont», a précisé André Lachance, pour qui les problèmes pourraient se répéter la saison prochaine. 

Des conséquences 

C’est Le Journal qui a appris dimanche à Gabriel Perreault, de l’hôtel Hilton Double Tree, que le sentier était ouvert. «Mes réceptionnistes répondent encore que c’est fermé et on perd des réservations. Il y a un manque de communication», a-t-il regretté. 

«On perd de 4000 à 5000$ par jour. Les gens annulent ou ne viennent pas. On ne sait rien. On ne nous a pas avertis avant. On est allé vendre des forfaits à New York et on a dû les rembourser. C’était déjà une saison désastreuse», a ajouté M. Perreault, qui a dit penser aussi aux commerçants de Charlevoix qui vivent de la motoneige. 

Contacté avant l’ouverture du sentier Michel Bellerose, propriétaire de Location Haute-Matawinie qui a récemment fait l’acquisition de Location SM Sports, de Québec, a expliqué que l’escapade de deux jours dans Charlevoix était une destination très populaire chez les gens de la région de Québec. Mais le détour de plusieurs centaines de km a «complètement bloqué» la vente de ce forfait.  

«On perd le tiers de notre chiffre d’affaires dans la région de Québec. On a une soixantaine de motoneiges dans le garage qui ne bougent pas», avait-t-il ajouté. 

– Avec la collaboration de Julien Cabana