/misc
Navigation

Vivre et laisser vivre

Avez-vous remarqué que nous vivons dans un monde de plus en plus polarisé? J’essaie toujours d’être «extrêmement modérée» quand je débats, tout en demeurant fidèle à mes idées et mes valeurs.

Vivre et laisser vivre

Coup d'oeil sur cet article

Avez-vous remarqué que nous vivons dans un monde de plus en plus polarisé? Il faut vraiment fouiller pour trouver des opinions nuancées dans le débat politique et sur les réseaux sociaux notamment. Peut-on se calmer un peu?  

En fin de semaine, je regardais une discussion entre deux personnes aux opinions visiblement opposées sur Twitter. Elles discutaient de la crise du logement qui se dessine à Montréal, mise en lumière, la semaine dernière, par une sortie de la SCHL. L’une d’elles insistait sur le fait que «l’arrivée massive d’immigrants» avait causé la crise du logement. L’autre rétorquait que les immigrants n’avaient rien à voir là-dedans, que c’était Airbnb qui en était la cause.   

Or, la SCHL a indiqué que plusieurs facteurs avaient causé la pression sur la disponibilité des logements, notamment Airbnb et l’arrivée importante d’immigrants et de réfugiés dans les dernières années. Mais elles se campaient l’une et l’autre dans leur position, alors qu’elles avaient chacun un bout de l’explication. J’ai trouvé ça plutôt représentatif de notre façon collective de débattre à notre époque.   

Véganes contre carnivores  

Nous avons abondamment traité de l’action entreprise par des véganes contre le restaurant Joe Beef, à Montréal. J’ai trouvé ça totalement inacceptable, comme chaque fois qu’on s’attaque à une boucherie ou à un manteau de fourrure.   

Je veux bien croire qu’ils y croient, qu’ils ont l’impression de défendre les animaux... mais ce doit être l’action sociale la plus inutile et inefficace parmi toutes celles qu’il est possible d'accomplir pour faire avancer ses idées.   

Quels résultats à part faire chier tout le monde? Qui changera sa façon de voir les choses en se faisant agresser par des extrémistes enragés?  

J’ai des amies véganes. Je dois dire qu’elles ont tendance à m’écrire «ark» quand je publie une photo de BBQ ou de carpaccio. Je trouve ça hyper-tannant, mais je les aime pareil, et j’essaie de ne pas me réfugier dans un autre extrême.   

J’essaie toujours d’être «extrêmement modérée» quand je débats, tout en demeurant fidèle à mes idées et mes valeurs.   

Je vois régulièrement, en contrepartie, des gens extrêmement désagréables qui publient des photos de la viande qu’ils s’apprêtent à manger en indiquant «fuck you vegans» avec des emojis de doigts d’honneur. Totalement inutile également. Mange ton steak et fous-leur la paix. Vivre et laisser vivre.  

Dérape à Projet Montréal  

Bel exemple de ce dont je vous parle, une conseillère de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal publiait, la semaine dernière, une bande dessinée comparant le faut de manger de la viande avec Pol Pot. 

Voyons donc!   

Marianne Giguère siège au comité exécutif. Désolée, mais ça ne passe pas. Elle a d’ailleurs fini par s’excuser. L’idéal, c’est de réfléchir avant de publier. M’enfin.  

J’ai bien de la misère avec cette attitude moralisatrice et frontale que je remarque régulièrement à Projet Montréal. On se rappellera la phrase célèbre de Luc Ferrandez : «Il faut rendre la vie difficile aux automobilistes». Mais dites-moi, ça convainc qui? Ça mobilise qui? Pour chacun des écologistes satisfaits, tu te mets 3 personnes à dos. Est-ce ainsi que l’on va réussir à mobiliser tout le monde pour faire face à la crise climatique?  

Vous vous rappelez les grimpeurs d’Extinction Rebellion sur le pont Jacques-Cartier? Moi qui suis très préoccupée par l’environnement et la crise climatique, je me suis dit: «hé merde, ils nous font reculer». Une autre conseillère de Projet Montréal, Christine Gosselin, avait écrit sur son Facebook: «À celles et ceux qui font de la désobéissance civile, moi, je dis merci».   

Et bien moi, je dis non merci. À part frustrer les gens qu’on doit convaincre, je ne vois vraiment pas ce que ça donne d’adopter ce genre d’attitude. Et on aura besoin de la collaboration de tout le monde pour y arriver.