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Oliver Martineau: divertissant et irrévérencieux

Olivier Martineau réussit sa rentrée à la Salle Albert-Rousseau

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« C’est sûr que je vais te choquer », a lancé Olivier Martineau en montant sur la scène de la Salle Albert-Rousseau, mardi soir. Promesse à moitié tenue. Dans son nouveau spectacle, l’humoriste verbomoteur se révèle plus irrévérencieux que choquant. Mais pas moins divertissant. 

Livré à un train d’enfer en une heure vingt-cinq minutes top chrono sans entracte, Parfa – c’est le nom du spectacle – a rempli son mandat de susciter les rires sans interruption en dépit du fait que certains segments avaient déjà été entendus au ComediHa! Fest et malgré la nervosité palpable du comique, qu’on a senti hésitant à quelques reprises en ce soir de première. 

Amateurs de grivoiseries en tout genre, ce one-man-show est fait pour vous. Les graines, les totons, les fesses ont inspiré de nombreux gags à Martineau même s’il avoue qu’à son âge, il ne voit plus un film porno du même œil. «Je mets ça sur pause et je me dis que c’est un sofa de même que je voudrais chez nous.» 

Trop salace? À notre point de vue, il aurait pu éliminer quelques gags en bas de la ceinture, mais le public, qu’il ne se lasse pas d’interpeller, y a pris plaisir. 

De toute façon, les farces grivoises font partie de notre patrimoine, a souligné Martineau, qui a même rendu hommage aux rois du genre que furent Roméo Pérusse, Gilles Latulippe et Claude Blanchard. 

Haro sur Jérémy 

Il reste que quiconque a vu quelques spectacles d’humour a déjà entendu l’équivalent ou même pire. Même s’il réserve des vannes qui font grincer des dents sur Lady Di, Michael Jackson et Gilbert Rozon, on ne peut pas dire qu’Olivier Martineau a choqué bien des oreilles. 

Il s’en approche quand même un peu quand il prend la défense de Mike Ward dans son litige avec Jérémy Gabriel et se plaint de la censure qui empêcherait les humoristes de dire ce qu’ils veulent. «Ce n’est pas le seul qui chante mal. C’est le pire, mais pas le seul», lance-t-il, provoquant des rires accompagnés de quelques murmures. 

Sinon, Olivier Martineau, qui a un formidable sens du punch, a été à son meilleur en s’emportant (et Dieu sait s’il a passé la soirée à s’emporter) contre les effets pervers de la technologie, le vieillissement et quand il a sorti sa guitare à la finale pour quelques chansons très épicées. 

Il a par contre emprunté des sentiers déjà battus avec des observations, qui n’avaient pas autant de piquant que le reste de son répertoire, sur la religion et les invités de Denis Lévesque. 

L’avenir nous dira s’il est à quelques ajustements d’avoir le spectacle «parfa». 


Olivier Martineau sera de retour à la Salle Albert-Rousseau pour des supplémentaires le 24 mai et le 21 novembre.