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Tramway d’équipe

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Afin de contrer le « discours toxique » qui nuit au projet de tramway, Régis Labeaume doit pour une fois sortir du « one-man-show » qui caractérise son style pour travailler en équipe.

Parmi ses résolutions pour 2020, Régis Labeaume fait de l’idée de mieux communiquer à propos du réseau de tramway sa grande priorité. C’est ce qu’il avait dit au Journal en entrevue avant les Fêtes, et qu’il a répété hier à l’occasion du premier conseil municipal de l’année.

Pour le maire, il est clair que la nouvelle génération et les immigrants ont besoin d’un réseau de transport structurant. Les tendances en Occident et partout dans les grandes villes tendent à démontrer cette affirmation.

Une fois que c’est dit, le maire, qui doit continuer de porter le projet de toutes ses forces, a maintenant le devoir de faire flèche de tout bois. Il a la responsabilité de partager le fardeau de la preuve avec tous les alliés possibles.

Au premier chef, le directeur du Bureau de projet, Daniel Genest, s’avère un allié central. Excellent communicateur et vulgarisateur, ce dernier devrait être mis de l’avant autant que possible, et ce, sur toutes les tribunes.

Lors de sa première entrevue éditoriale, vendredi, M. Genest a expliqué au Journal qu’il ne jouait sur l’échiquier politique d’aucune façon. Le directeur se dit également prêt à répondre à toutes les questions, de bonne foi, et souhaite contribuer à dissiper les nombreux mythes qui circulent au sujet du projet.

J’ajouterai que, contrairement à M. Labeaume, le directeur de projet ne possède aucun historique de contentieux avec qui que ce soit à Québec. Cela s’ajoute au fait qu’il y croit profondément, au point d’avoir déménagé ici avec sa famille pour le diriger.

Revenir à l’essentiel 

Pour en revenir au discours toxique, afin de le contrer, il faudra d’abord rappeler quels sont les bénéfices d’un réseau de tramway-trambus, d’une part. D’autre part, il sera essentiel de répéter pourquoi on le fait.

M. Genest estime que l’idée que Québec soit la seule ville de 500 000 habitants et plus au pays à ne pas détenir de réseau de transport structurant parle beaucoup en soi. Je suis bien d’accord avec lui : Québec mérite elle aussi d’entrer dans le 21e siècle en offrant des possibilités autres que la voiture.

Sur ce point, les opposants tentent de faire du millage, en opposant le tramway à l’automobile, et en parlant de guerre à l’auto. Il s’agit encore là de mythes. Il suffit de s’être promené un peu à Québec l’été dernier pour constater à quel point les chantiers d’élargissement de routes et d’autoroutes pullulent sur le territoire.

Il n’a en fait jamais été question de mettre l’automobile en compétition avec le tramway. L’idée, c’est d’offrir une alternative de qualité aux citoyens. D’autres tentent de faire peur aux automobilistes avec la question des virages à gauche. Mais les changements, a martelé M. Genest, ne seront pas dramatiques. On parle plus d’ajustements dans les habitudes.

Ce retour à l’essentiel sera aussi l’occasion de déboulonner bon nombre de mythes qui courent depuis des mois. Ceux qui touchent au climat sont particulièrement tenaces. Je vous reviendrai là-dessus.