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«Combien de feux en Australie ça va prendre?»

Dominic Champagne demande aux élus de se réveiller

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
Photo Jean-François Desgagnés Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.

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Alors que l’humanité est menacée par les changements climatiques, les députés de l’Assemblée nationale sont «embourbés» dans la bureaucratie et la politique partisane, déplore Dominic Champagne, qui demande aux élus de se réveiller.  

«Vous êtes embourbés dans l’appareil d’État. [...] Churchill n’a pas laissé gommer la capacité industrielle alliée dans des consultations à n’en plus finir alors que les V2 bombardaient Londres. Il y a une urgence d’agir. Je m’excuse, mais c’est à désespérer. Mais qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas dans la gravité de la situation? Combien de feux en Australie ça va prendre?» a lancé M. Champagne lors d’un vibrant plaidoyer en commission parlementaire sur la réforme du Fonds vert.  

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
Photo Jean-François Desgagnés

M. Champagne dit parler au nom «des 280 000 signataires du Pacte». «Je n’ai pas d’autre agenda que de relayer le message de la science», a-t-il dit. Celui qui a mis sa carrière de côté pour défendre l’environnement demande à Québec de créer un Hydro-Québec des changements climatiques. Il veut des cibles plus musclées de réduction de GES (-50% par rapport à 1990 dès 2030) et plus de leadership politique.    

Il n’a que faire de la «poutine» parlementaire. Le ministre de l’Environnement Benoit Charette lui a rapporté que les partis d’opposition voulaient bloquer la commission parlementaire parce que les audits sur le Fonds vert ne sont pas étudiés par le Vérificateur depuis 2017-2018, en raison des erreurs de son ministère. Le père du Pacte a ridiculisé cette situation en la mettant en parallèle avec les conséquences du réchauffement de la planète.    

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
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La fin de la civilisation humaine  

Il a déploré l’inaction des gouvernements du monde devant un péril pouvant entraîner «la fin de la civilisation humaine, la fin de l’existence telle qu’on la connaît». «Ne finassons pas, ne politicaillons pas», a-t-il lancé.  

Benoit Charette a également goûté aux envolées verbales du metteur en scène. Celui-ci reproche au premier ministre François Legault de tenir un «double discours». «On ne peut pas se prétendre vert et considérer des projets comme GNL Québec. Le premier ministre, à deux jours de débattre de la loi sur le climat, a relayé la propagande de l’industrie des hydrocarbures en nous laissant croire que ce projet de gaz naturel va fermer des centrales au charbon», a-t-il dénoncé.  

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
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La fin des mensonges   

Il demande au gouvernement Legault de cesser de propager ces demi-vérités. «Je lisais le discours de François Legault, ce matin, qui veut se poser en homme équilibré, quelque part entre Donald Trump et Greta Thunberg. S’il veut regarder ses deux fils dans les yeux dans les prochaines années, il doit y aller plus d’un côté que de l’autre», a-t-il lancé.  

Pour atteindre ces cibles, le Québec ne peut miser uniquement sur la transition énergétique, a-t-il lancé. «Il faut engager l’ensemble de l’appareil de l’État. Hydro-Québec, la Caisse de dépôt, Investissement Québec, et mobiliser la société québécoise», a-t-il ajouté. Il faut changer notre façon de vivre, a-t-il soutenu, lançant l'idée, par exemple, de plaques d'immatriculation qui ne permettraient de circuler en automobile qu'une journée sur deux.   

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
Photo Jean-François Desgagnés

M. Champagne souligne qu’il «n’est pas parfait». «Je brûle du gaz, comme tout le monde, je mange de la viande rouge, mais la science ne nous demande pas d’être parfaits. Elle nous demande de réduire de moitié les émissions de GES pour 2030», a-t-il dit.  

Il s'est dit prêt à appuyer la CAQ si elle prend le flambeau de la lutte contre les changements climatiques, et a montré sa carte de membre aux journalistes.  

Le père du Pacte, Dominic Champagne, a demandé aux élus de prendre acte de la crise climatique en adoptant un projet de loi sur le Fonds vert qui a du mordant.
Photo Jean-François Desgagnés

En matinée, le Vérificateur général a révélé qu’il n’a toujours pas réussi à étudier les documents financiers du Fonds vert depuis 2017-2018, en raison d'erreurs du ministère de l’Environnement. Le ministre Benoit Charette a blâmé l’ancien gouvernement libéral, mais le commissaire au développement durable Paul Lanoie a rappelé qu’en décembre dernier, il a dû retourner des documents du ministère de l’Environnement parce qu'ils étaient remplis d’erreurs.  

Le projet de loi sur la réforme du Fonds vert abolit le conseil de gestion du Fonds vert et Transition énergétique Québec, et donne tous les pouvoirs au ministre de l'Environnement. Mardi, la PDG du chien de garde appelé à disparaître a pourtant dénoncé les manquements du ministère de l'Environnement et de plusieurs autres ministères qui tentent de camoufler leurs échecs.   

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