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La formation pourrait être mieux encadrée, selon des experts

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Des spécialistes de la motoneige estiment qu’il y a un manque flagrant de réglementation dans leur milieu au lendemain du drame impliquant un guide décédé et cinq touristes qui étaient toujours portés disparus hier soir, au Lac-Saint-Jean.  

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« On s’en va assurément vers un règlement plus serré [des critères] pour les guides de motoneige, afin d’éviter d’autres tragédies, explique Jean-François Paris, directeur chez Stadacona Aventures, une entreprise qui offre la location de véhicules hors route. Pour l’instant, à peu près n’importe qui peut s’improviser guide. »  

Une loi nécessaire  

« Il n’y a pas de loi, mais ce serait bien qu’il y en ait une, ajoute Pierre Chalier, président de Nord Expe, formateur de guides au Québec. Quand on met sa vie à risque, on doit faire appel à quelqu’un qui a une certification de compétence. »  

Or, pour l’instant, les centres de location et d’activités n’ont pas à embaucher des guides formés, selon les experts.  

Rien de prévu pour les touristes  

Cette tragédie soulève aussi de nombreuses questions sur la formation offerte aux touristes.  

La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) précise que « rien présentement n’oblige à donner une formation aux touristes ».  

« [Les touristes] ont souvent tendance à être plus téméraires. Il devrait y avoir une formation plus complète offerte par les guides », suggère M. Chalier.  

« Plus de 30 000 touristes viennent au Québec faire cette activité annuellement, et il s’agit malheureusement d’un incident tragique, mais tout de même d’un cas isolé », tient à relativiser   

Marilou Perreault, directrice des opérations de la FCMQ.  

« Il y a des Québécois qui connaissent mal les pistes aussi », soutient M. Paris.  

Ces spécialistes s’entendent néanmoins pour dire qu’il y a des lacunes au chapitre de la facilité d’obtention d’une motoneige.  

« Ça prend un permis de conduire de classe 5. Avec ça, tu es apte à conduire, louer ou acheter. C’est légal », indique à contrecœur Jean-François Paris.  

Correctif en vue  

« Dès que tu possèdes un permis et une carte de crédit, tu peux devenir un danger public, poursuit M. Chalier. Ça prendrait une formation minimale avec une carte de compétence. »  

« C’est une des solutions qu’on envisage, poursuit-il. Mais ça va nous prendre un petit coup de pouce pour instaurer des lois. Il faut encadrer un peu plus si on veut préserver une image de destination réputée. »  

D’ailleurs, le gouvernement Legault doit dévoiler aujourd’hui de nouvelles normes pour encadrer l’industrie du tourisme.  

Il s’agit d’un projet sur lequel la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, travaille depuis un an déjà.  

— Avec Vincent Larin, Agence QMI