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Fraudé, il poursuit Bell pour 98 300$

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Photo Archives / REUTERS

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Un technicien informatique vient d’intenter une poursuite de 98 300$ contre Bell, qu’il accuse de négligence pour avoir permis à un tiers de prendre le contrôle de son téléphone assez longtemps pour se faire frauder de 83 300$. 

«En transférant le compte [...] auprès d’un tiers inconnu, et ce, sans faire une vérification aussi simple et évidente que de téléphoner au numéro du demandeur, les préposés ont été soit négligents [...] ou complices à l’opération», affirme Sébastien Mathieu dans sa poursuite civile rendue publique cette semaine à Montréal. 

M. Mathieu, un résident de Saint-Donat, dit avoir payé cher une erreur de Bell qui serait survenue en octobre 2018. 

Un soir, alors qu’il rentrait chez lui, le technicien informatique affirme avoir constaté que son cellulaire a cessé de fonctionner pendant trois heures. Mais quand tout est revenu en ordre, il a réalisé que 83 300$ en bitcoins manquaient dans l'un de ses comptes liés à son téléphone. 

«SIM swapping»

Inquiet, M. Mathieu explique s’être alors rendu dans une boutique Bell pour tirer au clair sa situation. Et c’est là qu’un préposé lui aurait annoncé qu’il était victime de «SIM swapping», une fraude qui permet de prendre le contrôle des comptes liés à la victime. 

Plusieurs corps policiers au Canada, de même que l’Association des banquiers canadiens, ont déjà mis en garde contre cette nouvelle méthode frauduleuse, où le fraudeur vole l’identité de sa cible, se fait passer pour elle et fait changer la SIM associée au téléphone cellulaire. 

«En cybersécurité, le maillon faible est l’être humain», explique Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité pour vygl.ca. 

L’expert rappelle l’importance de la sensibilisation et celle de former les employés de première ligne afin d’éviter qu’ils se fassent berner par des fraudeurs. Il existe également des méthodes pour se protéger de cette fraude, comme de mettre un code à la carte SIM, bien que cette option n’est pas offerte par tous les fournisseurs de cellulaires. 

Responsabilité 

Dans le cas de M. Mathieu, il aurait été victime d’un fraudeur à Vancouver qui aurait usurpé son identité auprès d’un préposé de Bell afin de changer l’accès à la carte SIM. 

«M. Mathieu n’a aucunement été contacté par [Bell] avant que le préposé n’effectue ce transfert de contrôle, peut-on lire dans le document de cour. [Bell] n’a pas respecté les obligations les plus élémentaires de prudence.» 

Sauf que lorsque M. Mathieu dit avoir demandé un dédommagement, Bell aurait nié toute responsabilité. Elle refuserait également de transmettre la preuve, tant à son client qu’aux forces de l’ordre. 

Une poursuite réclamant le remboursement des 83 300$ perdus ainsi que 15 000$ pour les troubles et inconvénients subis par ce vol a donc été intentée. 

À moins d’un règlement à l’amiable, l’affaire sera présentée à un juge de la Cour supérieure du Québec dans les prochaines semaines. 

Bell n’a pas souhaité commenter l’affaire, étant donné qu’elle est devant les tribunaux.