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Avalés par les eaux du lac Saint-Jean

En plus du guide de motoneige décédé, cinq touristes français manquent toujours à l’appel

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SAINT-HENRI-DE-TAILLON | Une tragique erreur aura été fatale pour un guide de motoneige et possiblement pour cinq Français, avalés par les eaux glaciales du lac Saint-Jean mardi soir après s’être aventurés sur des glaces peu solides. Malgré des efforts titanesques mercredi, les autorités n’ont toujours pas pu retrouver les touristes manquants.  

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Un mort, cinq disparus et trois survivants marqués à vie. Voilà le bilan de la tragédie qui s’est jouée aux abords de Saint-Henri-de-Taillon, au Lac-Saint-Jean, vers 19 h 30 mardi soir.     

Le convoi de neuf personnes se serait aventuré à un endroit «très dangereux» selon des motoneigistes qui connaissent bien les environs et la manœuvre aura été fatale.     

Hors du sentier balisé  

Selon les premières informations, le groupe, qui devait rejoindre Saint-Gédéon sur l’autre rive, aurait cherché à couper par le lac plutôt que suivre le sentier balisé.     

Le secteur de la Grande Décharge est cependant en grande partie «à l’eau claire», ce qui laisse peu de chance. Un habitué du coin croit que le guide aurait pu être désorienté en raison du mauvais temps et filer droit vers l’eau.     

«Je suis passé par là environ 1 h 30 avant l’accident et il ventait. On ne voyait rien. Quand ça arrive, c’est comme si c’était une tempête de sable», raconte Dany Gaudreault, qui a lui-même choisi de faire le grand tour plutôt que de se risquer sur le lac.     

«Ils ont dû penser que c’était correct s’ils y allaient en ligne droite, mais quand on suit les traces, ils tombent direct à l’eau», ajoute l’homme.    

Trois survivants  

Trois des touristes français ont pu se réfugier dans un dépanneur à proximité pour tenter de joindre par téléphone leur guide, Benoit Lespérance, 42 ans. Les appels sont malheureusement restés sans réponse.    

«J’ai vu un des Français et il essayait de rejoindre son guide. [...] Il disait être tombé à l’eau», raconte Gino Gilbert, qui a guidé les pompiers vers les lieux du drame avec sa motoneige.    

«On voyait que c’était dangereux. Il y avait de la sloche et on s’est arrêté là. Mais on voyait bien qu’eux autres avaient continué», raconte le résident du secteur.   

Le consul général adjoint de France au Québec a raconté mercredi soir avoir rencontré les trois rescapés. «Physiquement, ils se portent bien, mais comme vous pouvez vous en douter, moralement, ils sont choqués», souligne Laurent Barbot.    

Recherches intensives  

Un important déploiement policier s’est activé dans le secteur tout au long de la journée mercredi. Le guide, Benoit Lespérance, a pu être repêché dans les heures suivant l’accident et son décès a été confirmé en matinée. Selon plusieurs, l’homme de 42 ans était un guide fiable, prudent.    

«J’ai guidé longtemps et travaillé avec Benoit. C’était un guide avec de l’expérience et il a suivi plusieurs formations, notamment de secouriste. Il était vraiment dévoué pour ses clients», a confié au Journal Olivier Bédard.    

Pendant ce temps, les cinq touristes français eux, sont demeurés introuvables. Des plongeurs de la Sûreté du Québec ont ratissé les eaux noires et glaciales de l’immense lac pendant que deux hélicoptères survolaient le secteur.     

Comble de malheur, l’un des deux appareils a connu des ennuis et s’est abîmé sur les glaces du lac Saint-Jean en après-midi. 

Les policiers ont confirmé vers 20 h hier soir avoir localisé deux des motoneiges au fond du lac, dans le secteur de la Grande Décharge. C’est là que doivent reprendre les efforts dès le lever du soleil aujourd’hui.    

— Avec la collaboration de Catherine Bouchard, Diane Tremblay et Nicolas Saillant  

Le pire accident   

  • Il s’agirait de la pire tragédie à survenir selon la Fédération des clubs de motoneigistes (FCMQ).    
  • On a recensé 22 morts durant l’ensemble de la saison 2018-2019.    
  • Au Québec, plus de 30 000 touristes viennent chaque année expérimenter la motoneige.    
  • Le 24 février 2019, une touriste française et son fils se sont noyés dans la rivière au Loup, en Mauricie.    
  • Le 8 mars 2018, une touriste française est morte dans un accident de motoneige à Lac-Beauport.     
  • En mars 2015, un Français de 62 ans est mort après avoir percuté un arbre avec une motoneige louée à Lac-Beauport.