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Plus de 1,8 M$ en «primes de rendement» pour 9 employés

Huit bénéficiaires ont pris leur retraite quelques semaines après ce «boni»

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Photo d'archives, Martin Alarie Le bas de laine des Québécois soutient ne pas avoir modifié sa politique de rémunération. L’augmentation des sommes versées serait due aux postes occupés par les ex-employés.

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Les « primes de rendement » versées par la Caisse de dépôt et placement du Québec à des employés sur leur départ ont quintuplé au cours des deux dernières années, révèlent des documents divulgués en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. 

Le nombre d’employés ayant quitté leur emploi avant la fin de l’année civile, mais ayant tout de même bénéficié de primes de rendement a en effet bondi de 2016 à 2018, dernières années où des données étaient disponibles. 

En 2016, cinq employés sortants s’étaient partagé 367 100 $, pour une somme moyenne de 73 500 $.

L’année suivante, le nombre de personnes admissibles a soudainement doublé, pour s’établir à 10. La prime moyenne touchée était évaluée à 58 570 $.

Nouveau bond en 2018, cette fois dans les sommes versées. Neuf personnes ont quitté l’investisseur institutionnel. Mais elles se sont partagé cette fois-ci pas moins de 1,8 million $ en primes de rendement. Pas moins de 204 400 $ par personne en moyenne. 

À l’exception d’une prime versée « dans le cadre d’une réorganisation administrative », ces primes de rendement versées en cours d’année « l’ont été à des employés partant à la retraite », précise l’organisme dans sa réponse à une demande d’accès à l’information. 

Retraite très active

Or, cette expression peut être trompeuse. 

Actuel président du Conseil du trésor, le ministre Christian Dubé est en effet -*« parti à la retraite » en annonçant son départ de la Caisse, en 2018, même si c’était pour aller travailler à la Coalition avenir Québec.

Selon les informations de La Presse, M. Dubé aurait touché à ce moment-là une « prime de rendement » totalisant 1 million $, même s’il avait quitté trois mois avant la fin de l’année. M. Dubé a travaillé quatre ans à la Caisse.

Au moins un ex-dirigeant de la Caisse, Stéphane Etroy, qui a démissionné en décembre dernier, aura droit à une prime de rendement pour 2019, parce qu’il conservera un lien d’emploi avec la Caisse de dépôt jusqu’en février, en vertu d’une clause de non-concurrence.

Le gestionnaire dirigeait les placements privés de l’institution depuis avril 2017. Il vient d’être nommé associé et chef des placements privés européens de la firme américaine d’investissement Ares Management. Il entrera en poste le 6 février, à Londres.

L’explosion de la valeur des primes au cours des deux dernières années s’explique par le grade des personnes ayant quitté l’entreprise, a soutenu en entrevue le porte-parole de la Caisse Maxime Chagnon.

« Les montants varient selon le profil des personnes concernées, par exemple le niveau de poste occupé ou le secteur d’activité », a indiqué M. Chagnon. 

Les primes de rendement à la CDPQ

2016 | 367 100 $ | 5 employés

2017 | 585 700 $ | 10 employés

2018 | 1 839 600 $ | 9 employés

2019 | données non disponibles

Source : Caisse de dépôt et placement du Québec