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Qui n’a pas voté pour Jeter?

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Photo AFP Derek Jeter n’a pas été élu au Temple de la renommée à l’unanimité, mais il n’en fait pas de cas.

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Pendant qu’à Montréal on applaudit l’élection de Larry Walker au Panthéon du baseball, on se demande à New York quel journaliste a bien pu empêcher Derek Jeter d’être un choix unanime.

L’ancien joueur d’arrêt-court et capitaine des Yankees a obtenu 396 votes sur une possibilité de 397. Il aurait pu devenir le deuxième joueur, avec son ancien coéquipier Mariano Rivera, à être élu unanimement au panthéon.

Le comble de la stupidité

Jeter n’en fait pas de cas, mais certains journalistes new-yorkais ne la trouvent pas drôle. Or, les membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique qui ont droit de vote ne sont pas tenus de rendre leurs choix publics, même si le panthéon les encourage à le faire.

Pour le chroniqueur Kevin Davidof, du New York Post, l’affront fait à Jeter est le comble de la stupidité dans les annales électorales du Panthéon du baseball.

Si Rivera est l’unique membre du temple à avoir été élu sans opposition, cela veut dire que des grands noms comme Cy Young, Ty Cobb, Babe Ruth, Walter Johnson, Joe DiMaggio, Ted Williams, Warren Spahn, Jackie Robinson, Mickey Mantle, Willie Mays, Hank Aaron, Sandy Koufax, Mike Schmidt, Ken Griffey Jr et tous les autres immortels qui vous viennent à l’esprit n’ont pas fait l’unanimité non plus.

La rancœur tenace

Il y a lieu de penser que des journalistes sont animés par des motifs non reliés aux performances des candidats.

On disait de Ty Cobb qu’il était asocial. La vie de Babe Ruth à l’extérieur du terrain ne plaisait pas à l’Amérique puritaine. Ted Williams ne pouvait blairer les journalistes et n’était pas très gentil avec les partisans des Red Sox de Boston.

Si Jackie Robinson, quant à lui, a ouvert les portes du baseball majeur aux Noirs, le racisme persiste toujours 73 ans après les débuts de Robinson avec les Dodgers de Brooklyn.

Hank Aaron a reçu une multitude de menaces de mort alors qu’il s’approchait du record de circuits en carrière de Ruth. C’était 10 ans seulement après l’adoption de la Loi des droits civiques aux États-Unis.

L’héritage des Expos

La sélection de Walker nous rappelle, quant à elle, combien l’organisation des Expos excellait dans l’art de développer de jeunes joueurs.

Walker avait fait une croix sur son désir de faire carrière dans la Ligue nationale de hockey comme gardien de but, lorsque les Expos l’ont embauché à titre de joueur autonome peu avant ses 18 ans. Il a reçu un boni de 1500 $ à la signature de contrat.

Heureusement, il s’est repris financièrement plus tard. À ses six dernières saisons, il a touché un salaire annuel supérieur à 12 millions avec les Rockies du Colorado et les Cardinals de Saint Louis.

Ses gains en carrière dépassent 110 millions.

Vladimir Guerrero, que les Expos ont découvert sur un terrain de fortune en République dominicaine, a été engagé dans les mêmes circonstances. Il venait d’avoir 18 ans. Andre Dawson a été repêché 250e (11e ronde) et Tim Raines, 106e (5e ronde). Ils ont grimpé, eux
aussi, les échelons jusqu’au temple.

Une pensée

Gary Carter fut pour sa part un choix de 3e ronde. Randy Johnson, qui a fait ses classes dans le réseau de club-écoles des Expos, fut sélectionné également au 3e tour.

Ce dernier était loin d’être le lanceur qu’il est devenu quand il fut échangé aux Mariners de Seattle contre Mark Langston. Mais il ne s’était pas écoulé beaucoup de temps pour que l’on apprenne qui était le meilleur entre ces deux lanceurs gauchers.

Pedro Martinez a amorcé sa carrière dans l’organisation des Dodgers de Los Angeles. Mais c’est à Montréal qu’il est devenu un grand lanceur. Felipe Alou y avait été pour beaucoup dans son émergence.

Terminons avec une pensée.

Espérons que si les Expos renaissent un jour, ils pourront garder leurs joueurs et ne deviendront pas de nouveau la vache à lait des autres équipes.

Les robots s’en viennent

Les arbitres seront-ils remplacés un jour par l’informatique et les reprises vidéo ? Le baseball majeur vient d’annoncer qu’il mettra à l’essai pendant les camps d’entraînement une application qui signalera les balles et les prises.Le système ne sera toutefois pas utilisé pour réviser les décisions des arbitres en fonction au marbre. Mais on peut penser que ce jour approche.

Le procédé a été utilisé en deuxième moitié de saison l’an dernier dans deux ligues professionnelles indépendantes, l’une sur la côte est américaine et l’autre en Arizona.

Arbitres inconstants

Les entraîneurs et les joueurs doivent espérer que le système qui déterminera les balles et les prises sera appliqué un de ces jours.

On a vu à plusieurs reprises l’an dernier des joueurs et entraîneurs contester avec véhémence des appels pour des lancers au marbre. Certains arbitres sont carrément inconstants. Ils peuvent rendre des décisions différentes pour les mêmes types de lancer.

Mais il y a un hic.

Si personne ne conteste l’utilisation des reprises vidéo et de cerveaux informatisés, on peut y recourir jusqu’à quel point ?

Le commissaire Rob Manfred et plusieurs amateurs se plaignent que les matchs sont trop longs.

À suivre.

La casquette ? Pas grave

Larry Walker sera coiffé de la casquette des Rockies du Colorado sur la plaque qui l’immortalisera au Panthéon du baseball, à Cooperstown.

À titre de deuxième joueur canadien à recevoir cet honneur, il dit que la décision fut déchirante. Plusieurs auraient préféré qu’il opte pour la casquette des Expos, mais ce n’est pas grave.

On retrouve sur les plaques les noms des équipes pour lesquelles les joueurs ont évolué pendant leur carrière. De plus, si le panthéon fait bien ses devoirs, la citoyenneté de Walker (qui est Canadien) sera soulignée dans la biographie que l’on pourra lire sur sa plaque.

Ce fut fait pour Ferguson Jenkins, de qui on dit qu’il fut le premier joueur né au Canada à être élu au Temple de la renommée du baseball.