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Trois ans de prison pour un violent proxénète

Il a poussé une jeune femme à danser trois jours et l’a battue pour son argent

PH-Facebook Stanley Hercule
Photo courtoisie, Facebook Stanley Hercule a écopé hier de 39 mois de détention pour avoir forcé sa victime de 21 ans à danser nue trois jours, pour ensuite la battre pour récupérer tout son argent.

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Un proxénète qui a tissé « une toile de mensonges » autour de sa victime pour l’amener à danser nue pendant trois jours a écopé hier de trois ans de détention.

En janvier 2017, Stanley Hercule a sauvagement battu une jeune femme de 21 ans, l’obligeant à lui remettre les 900 $ qu’elle venait de gagner après l’avoir amenée à danser dans un bar des Laurentides pendant trois jours. 

« Il n’est guère superflu de souligner les dommages sociaux importants causés par la chosification du corps humain et la marchandisation des activités sexuelles », a dénoncé hier la juge Patricia Compagnone, en condamnant l’accusé de 31 ans à 39 mois de détention pour proxénétisme, séquestration et voies de fait. 

Hercule a recruté sa victime en novembre 2016, sur Facebook. À ce moment, la jeune femme travaillait dans un dépanneur. L’accusé lui a alors dit que belle comme elle était, elle pouvait faire davantage d’argent. 

Battue pour son argent

Il lui propose d’emblée de danser nue. Elle refuse. Pour la convaincre, il la met en contact avec une danseuse érotique, Nadine, qu’il présente comme sa sœur. La victime ignorait à ce moment qu’il s’agissait plutôt de sa conjointe.   

Pendant deux mois, Hercule essaie de convaincre la victime d’essayer ce nouveau métier, lui promettant qu’elle fera beaucoup d’argent si elle accepte de faire des danses contact. 

Elle se laisse finalement tenter. Elle abandonne son emploi au dépanneur ainsi que ses études de soir. 

Au début de janvier 2017, Stanley Hercule, Nadine et la victime se rendent dans un bar de danseuses du Lac-des-Écorces, dans les Laurentides. Pendant trois jours, cette dernière gagne 900 $ en dansant pour des clients. Elle ne s’était jamais adonnée à de telles activités auparavant. 

Sur le chemin du retour vers Montréal, Hercule lui dit qu’elle doit lui remettre tous ses gains. Surprise, la jeune femme refuse. 

« Il la frappe et insiste pour qu’elle lui remette l’argent. Elle refuse toujours. Il la frappe plus fort. La violence de l’accusé s’intensifiant tout au long du trajet en voiture et craignant pour sa vie, elle lui remet l’argent gagné », a résumé la juge Compagnone dans son jugement. 

Toile de mensonges

La jeune femme réussit à s’enfuir du véhicule et se réfugie dans une station-service. « Constatant l’état de détresse » de la jeune femme, le préposé compose le 911.

En tentant de déterminer quelle sentence rendre, la magistrate a davantage retenu la violence de l’accusé, admettant même « qu’il est difficile de retracer une ou des circonstances atténuantes ». 

« L’accusé témoigne qu’il a des remords, allant jusqu’à s’excuser auprès [de sa victime] pour “l’impact” que la situation a eu sur elle [...] Impossible pour le tribunal de comprendre pourquoi il s’excuse auprès de la victime, en se reportant à ce qu’elle a vécu, alors qu’il nie avoir été violent à son égard », a-t-elle soulevé. 

La juge a aussi insisté sur la « préparation et préméditation » de l’accusé, qui a mis en place un « stratagème » pour amener la victime vers la prostitution.

« Ici, manipulateur et sournois, l’accusé a su tisser une toile de mensonges afin de leurrer [sa victime] dans le monde de la danse nue et avec contacts », a-t-elle écrit.