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Aide médicale à mourir: cafouillage navrant

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Le gouvernement Legault a commis un impair majeur dans le dossier de l’Aide médicale à mourir (AMM).

J’insiste pour parler du gouvernement, et non pas uniquement de la ministre de la Santé, car c’est le Conseil de ministres qui a la responsabilité ultime d’anticiper le danger.

C’est donc lui qui aurait dû réaliser que la démarche proposée par la ministre ne tenait pas la route. Qu’il fallait carrément être insouciant pour croire qu’il n’y avait nul besoin de consulter largement en évoquant la possibilité d’élargir l’AMM aux gens atteints de maladies mentales.

Consultations

D’autant plus qu’en parallèle, une démarche de consultations s’amorcera la semaine prochaine sur la question de l’aide anticipée, qui vise notamment les personnes atteintes de maladies telles que l’Alzheimer et qui voudrait prévoir le recours à l’AMM au moment où ils ne seront plus aptes à prendre une décision éclairée.

Cet aspect, il fait l’objet d’un certain consensus dans la société. Et il y aura tout de même une vaste consultation. Alors, pourquoi ne pas l’avoir prévu dans le cas de l’inclusion des maladies mentales ? C’est aussi inexplicable qu’inexcusable.

Consensus fragile

L’on dit souvent qu’une réputation prend 15 ans à construire, mais qu’elle peut être détruite en 15 secondes. C’est la même chose pour un consensus social.

Celui autour de l’AMM a pris une décennie à bâtir, et par ses improvisations, le gouvernement pourrait le pulvériser en l’espace de quelques jours. Certaines failles sont déjà apparues, alors que des opposants jadis réduits au silence profitent de la confusion pour agiter des épouvantails, comme si le Québec risquait vraiment de devenir un bar open de l’euthanasie.

Encore une fois, ce gouvernement a voulu aller trop vite. Il est impératif de revoir cette mauvaise habitude de naviguer à l’aveuglette. Car si les séquelles politiques ne sont certes pas agréables, les séquelles sociales sont bien plus graves.