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Donald Trump et la lutte contre le tourisme de naissance: une mesure électoraliste

Donald Trump et la lutte contre le tourisme de naissance: une mesure électoraliste
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Donald Trump a fait de la sécurité et du contrôle des frontières des thèmes importants, qu’il aborde régulièrement lors de ses rassemblements politiques.  

C’est aujourd’hui qu’entrent en vigueur les nouvelles règles pour encadrer la délivrance de visas à des femmes qui ne séjourneraient aux États-Unis que pour y accoucher. Selon les lois américaines, naître aux États-Unis permet de bénéficier automatiquement de la citoyenneté américaine.   

L’administration affirme donc que «le département d’État ne délivrera plus de visas de visite temporaire aux étrangers qui veulent entrer aux États-Unis pour du “tourisme de maternité”».   

Le problème est réel et les autorités doivent, en plus, lutter pour démanteler des réseaux clandestins. On évalue à un peu plus de 10 000, annuellement, le nombre de femmes qui viennent accoucher aux États-Unis.    

Comme c’est le cas pour bien des mesures de cette administration concernant les questions d’immigration ou de protection des frontières, les nouvelles règles seront complexes à appliquer. Pourquoi? Parce qu’elles relèvent de jugements arbitraires d'agents des consulats américains. Comment prouve-t-on une intention?   

Les agents ont reçu la consigne de ne pas interroger les femmes sur leur grossesse et de ne pas exiger de test de grossesse. Comment va-t-on évaluer la situation, alors? On s’en remet au fait que les agents pourront refuser de délivrer un visa «s’ils ont une raison de croire» que le motif du séjour est de donner naissance à un enfant en sol américain.   

Outre qu'il sera difficile de prouver les intentions de la mère, les nouvelles règles entraînent d’autres problèmes. Par exemple, un certain nombre de femmes vont accoucher aux États-Unis pour des raisons médicales. La santé de ces femmes et de leurs enfants pourrait donc être menacée.   

On se doute bien que les nouvelles mesures pourront être récupérées pendant la campagne électorale et que le président pourra lancer haut et fort qu’il a fait plus que tous ses prédécesseurs sur cette question. Vous devinez que le problème est connu depuis longtemps et que d’autres s’y sont cassé les dents.   

Non seulement risque-t-on de priver des femmes de soins indispensables, mais cette mesure pourrait aussi encourager un phénomène qu’on tente également d’éradiquer, celui de la clandestinité. Pour la première fois, l’an dernier, les autorités fédérales ont déposé des accusations contre les responsables d’un réseau clandestin dont l'objectif était de permettre à des Chinoises de se déplacer aux États-Unis pour y donner naissance.   

Je me répète, mais le problème est réel et sérieux, et je suis loin d’être convaincu que la nouvelle réglementation n’entraînera pas plus de problèmes qu’elle n’en réglera.    

Tout comme ce fut le cas pour les politiques d’immigration à l’égard de de certains pays bien ciblés, l’administration Trump devrait repenser sa politique et mieux la définir avant de la mettre en application. L’intention est bonne, mais le résultat est mal ficelé. Nous sommes dans une année électorale et le temps presse...