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Drame au Lac-Saint-Jean: deux enfants à naître sans papa

Deux des motoneigistes français portés disparus avaient une conjointe enceinte

Arnaud Antoine fait partie des cinq touristes français toujours portés disparus à la suite d’une expédition qui a viré au drame au Lac-Saint-Jean, mardi. On le voit en compagnie de sa conjointe, Céline Adam, enceinte de leur premier enfant.
Photo courtoisie Arnaud Antoine fait partie des cinq touristes français toujours portés disparus à la suite d’une expédition qui a viré au drame au Lac-Saint-Jean, mardi. On le voit en compagnie de sa conjointe, Céline Adam, enceinte de leur premier enfant.

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Deux enfants à naître se retrouveront visiblement sans papa à la suite de la tragique excursion en motoneige impliquant huit touristes français.   

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«À notre enfant, mon amour, nous serons à jamais liés par les liens du sang. Mon cœur est gravé de nos souvenirs, de notre amour et de nos promesses. Pour toujours et à jamais en moi», a écrit sur sa page Facebook Céline Adam, enceinte de trois mois.       

La jeune infirmière est la conjointe d’Arnaud Antoine, 25 ans, l’un des cinq Français toujours recherchés dans les eaux glaciales du lac Saint-Jean, à la suite de l’escapade fatale survenue mardi soir.       

La Sûreté du Québec a annoncé hier avoir repêché l'un des corps, sans l’identifier. Les recherches se poursuivent.       

«Je suis anéantie. Plus les minutes et les heures passent, plus c’est douloureux à vivre. Mais je suis tellement heureuse de porter notre enfant», confie avec courage Céline Adam qui, malgré la peine et la douleur, a accepté d’échanger avec Le Journal, hier.        

Arnaud Antoine, routier et joueur de rugby «débordant d’énergie et de joie», était arrivé au pays dimanche.       

«Il a dit à tout son entourage et à moi-même, lundi, que c’était le paradis, là-bas», assure-t-elle.        

Il s’agissait d’un premier voyage au Canada pour le jeune homme, qui était parti avec deux «bons amis», Jean-René Dumoulin et Yann Thiery, tous deux âgés de 24 ans. Le trio s’était joint aux cinq autres voyageurs que Jean-René Dumoulin connaissait.       

Contrairement à plusieurs membres du groupe, Arnaud Antoine n’avait jamais fait de motoneige. «Mais c’était un fan de sports mécaniques, comme le quad. Et il adorait la neige et le froid. C’était un rêve à accomplir pour lui de se rendre là-bas pour faire un stage de motoneige», explique Mme Adam.       

Le drame  

Le groupe a donc pris part à une randonnée de motoneige, guidé par un Québécois d’expérience. Pour une raison inconnue, la troupe a quitté le sentier balisé pour s’aventurer sur les eaux de la rivière Grande Décharge, dans laquelle le lac Saint-Jean s’écoule. La mince glace a cédé sous leur poids.        

Gino Gilbert est celui qui a guidé les pompiers vers les lieux du drame avec sa motoneige. Il pointe ici les traces laissées par les motoneigistes et leur guide sur le lac Saint-Jean.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Gino Gilbert est celui qui a guidé les pompiers vers les lieux du drame avec sa motoneige. Il pointe ici les traces laissées par les motoneigistes et leur guide sur le lac Saint-Jean.

Le guide, Benoit Lespérance, 42 ans, est tombé à l’eau. Son décès a été constaté à l’hôpital.       

Bruno Petitdemange, 60 ans, et Paul Klein, 43 ans, ont réussi à extirper des eaux le trentenaire Gaston Fassel.       

Mais les cinq autres personnes — Gilles Claude, 58 ans, Julien Benoit, 34 ans, Arnaud Antoine et ses deux amis — manquent à l’appel depuis.        

La situation est d’autant plus triste que Julien Benoit attendait aussi son premier enfant. Le Journal a tenté de communiquer avec sa conjointe, en vain. Céline Adam lui a toutefois parlé, bien qu’elle ne la connaissait pas avant les tristes événements.       

«J’avais besoin d’échanger avec elle», avance Mme Adam, qualifiant l’échange de «douloureux». «Elle était pleine d’espoir, et moi plutôt terre à terre. Mais je suis contente d’être en contact avec elle», assure-t-elle.       

Retrouver les corps  

Céline Adam est lucide: elle entretient peu d’espoir de retrouver le père de son enfant en vie. Surtout depuis que plusieurs des motoneiges ont été localisées, sans leur conducteur.        

Les recherches avaient repris tôt hier matin dans les eaux du lac Saint-Jean pour retrouver les cinq motoneigistes français portés disparus. Le corps de l’un d’eux a été retrouvé en après-midi.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Les recherches avaient repris tôt hier matin dans les eaux du lac Saint-Jean pour retrouver les cinq motoneigistes français portés disparus. Le corps de l’un d’eux a été retrouvé en après-midi.

  

«Depuis que les motoneiges ont été retrouvées au fond du lac, nous savons tous qu’ils sont morts. Il ne reste plus qu’à retrouver les corps pour faire notre deuil», termine-t-elle.       


Une rencontre est prévue ce week-end entre les proches des cinq disparus et les trois rescapés, qui ont regagné la France, tôt hier matin. La plupart des touristes français impliqués dans ce tragique événement proviennent du même petit village de l’est du pays, qui a reçu la nouvelle avec fracas.