/news/currentevents
Navigation

Plainte de France Béland pour harcèlement psychologique: la Ville de Lévis et un policier demandent une ordonnance de non-publication

Coup d'oeil sur cet article

La Ville de Lévis et l’un des policiers visés par une plainte de harcèlement psychologique demandent une ordonnance de non-publication sur les noms des personnes visées et sur les témoignages à venir dans le dossier de France Béland.  

Devant le Tribunal administratif du travail, la sergente-détective enquêteuse au Service de police de la Ville de Lévis France Béland a témoigné en octobre du dénigrement et du harcèlement dont elle affirme avoir été victime de la part de ses supérieurs Martin Savoie et Steve Ruel, et qui a, selon elle, causé son état dépressif.  

Hier, dans une requête que la juge Julie Rancourt a qualifiée de « très exceptionnelle », le procureur de la Ville de Lévis, Me Normand Drolet, et celui du policier Steve Ruel, Me Normand Léonard, demandent que le tribunal interdise aux médias de donner les noms des autres personnes visées ou de rendre compte des témoignages à venir, et ce jusqu’au jugement.   

Atteinte à la réputation  

Me Léonard a fait valoir que les droits fondamentaux de son client sont bafoués et qu’il a subi une atteinte à sa réputation. Mme Béland avait notamment affirmé : « Durant les après-midi, les gars allaient prendre de la bière. C’était connu au bureau des enquêtes. À un moment donné, Steve (Ruel) n’était pas capable de revenir avec le véhicule et c’est moi qui suis allée le chercher. »   

«On règle des comptes», déplore Me Léonard. Ces allégations ont un impact sur la carrière et la vie privée du policier », a-t-il ajouté.  

«Question sérieuse»  

Me Drolet souligne que plusieurs employés de la Ville pourraient être écorchés par le témoignage de Mme Béland, qui est contesté, et que ces personnes n’auront pas voix au chapitre avant plusieurs mois.   

« On cherche à éviter par un compromis une atteinte à la réputation de plusieurs personnes et de tout le service de police. »  

Le clan de France Béland a choisi de ne pas s’opposer à la requête et « laisse le tout à l’appréciation du tribunal ». Son avocat, Me Frédéric Nadeau, a cependant rejeté la thèse du règlement de compte.   

La juge a pris la requête en délibéré. « C’est une question sérieuse, c’est une exception et je tiens à me questionner avant de rendre une décision », a-t-elle expliqué.  

L’avocat de la Ville s’est vu refuser la demande d’interdire au Journal de republier les propos relatés dans l’article du mois d’octobre.