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Le chantier du tramway inquiète aussi à Beauport

Une ancienne carrière pourrait accueillir jusqu’à 40 000 voyages de roc excavé

bruit tramway
Photo Simon Clark

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Même si le futur tramway ne se rendra pas à Beauport, le chantier risque de perturber des Beauportois, voisins de l’ancienne carrière de Ciment Saint-Laurent, désignée pour accueillir des milliers de tonnes de roc excavé.

Des résidents qui habitent à proximité de la carrière, convertie en dépôt à neige depuis quelques années, craignent au plus haut point un va-et-vient incessant, de jour comme de nuit.

Ils ont peur d’en perdre le sommeil et dénoncent aussi les désagréments liés à la poussière soulevée par le passage des camions.

En épluchant les nombreux chapitres de l’étude d’impact sur l’environnement, rendue publique par la Ville de Québec avant les Fêtes, ils ont appris que l’ancienne carrière, située entre les boulevards Raymond et Louis-XIV, a été ciblée pour recevoir «environ 630 000 tonnes de matériaux d’excavation, soit l’équivalent de 40 000 voyages de camion».

Le roc du tunnel en haute-ville

Le roc qui y sera acheminé proviendra du futur tunnel sous la colline Parlementaire.

«Les activités reliées au forage du tunnel seront autorisées 24 heures par jour. Lors de la période nocturne, ces activités seront du type évacuation des déblais par camions», peut-on lire.

Laurent Dorval, Martine Guyot et Ginette St-Pierre, du Regroupement des citoyens – Sauvegarde de l’environnement du secteur Villeneuve, y voient la preuve irréfutable que les camions viendront décharger des roches en pleine nuit à Beauport, à proximité de leurs maisons.

«Ça fait du bruit de décharger du roc, il y a la circulation des camions qui est bruyante, les claquements de bennes, puis les bips-bips sonores de recul sont bruyants aussi», illustre Mme St-Pierre.

«Ça va être insensé la nuit. Ça va être terrible», renchérit Mme Guyot. La construction du mur antibruit de 4 mètres de haut sur le boulevard Louis-XIV, annoncée pour la fin de l’année 2021 par la Ville de Québec, ne suffira pas, selon eux.

Pas rassurés par la Ville

Ils n’ont pas été davantage rassurés par le conseiller Jérémie Ernould, responsable des travaux publics, lui-même incrédule face à leurs doléances.

«Ça ne peut pas être la nuit, je ne peux pas le croire. On va vérifier ce qu’il en est [...] puis on va s’en reparler. Je suis sensible à ça», leur a-t-il répondu à la dernière séance d’arrondissement.

Le président du RTC, Rémy Normand, estime que leurs inquiétudes sont prématurées.

«C’est-tu 40 000 voyages qui vont aller là? C’est-tu 8000? Je ne le sais pas. On n’a pas statué. On va demander au consortium de ne pas créer des problèmes partout quand ils vont faire les travaux. On n’est pas là pour écœurer le peuple, on est là pour entendre leurs préoccupations.»

EXTRAITS DE L’ÉTUDE D’IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT

«Les travaux d’excavation du tunnel sous la colline Parlementaire produiront environ 630 000 tonnes de matériaux d’excavation, soit l’équivalent de 40 000 voyages de camions.»

«La Ville privilégie la valorisation du matériel à l’ancienne carrière aménagée en dépôt à neige sur le boulevard Raymond, acquise par la Ville en 2012. Selon les analyses internes de la Ville, ce site est celui qui limite le plus l’empreinte environnementale pour la disposition des matériaux d’excavation.»

«Le matériel sera valorisé sur place et servira, le cas échéant, à l’aménagement de digues de rétention de la neige et des eaux de fontes, de murs acoustiques et d’écrans visuels.»