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Procès Weinstein: une psychiatre démonte certains «mythes» sur le viol

Procès Weinstein: une psychiatre démonte certains «mythes» sur le viol
AFP

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New York | Les victimes de viol connaissent généralement leur agresseur et restent souvent en contact avec lui après l’agression, contrairement à des idées largement répandues, a témoigné vendredi une psychiatre au procès du producteur de cinéma Harvey Weinstein.   

La docteure Barbara Ziv, qui avait témoigné au procès qui a débouché sur la condamnation de la star de la télé américaine Bill Cosby, était appelée à témoigner par la procureure de Manhattan, pour démonter «certains mythes» sur les agressions sexuelles, au troisième jour de ce procès emblématique du #MeToo.  

L’experte a souligné que la plupart des agressions sexuelles étaient commises par une connaissance de la victime, non par un inconnu.  

Une autre idée fausse largement répandue, selon cette experte qui a témoigné à plus de 200 procès, est que les victimes signalent généralement leur agression à la police ou à des amis.  

Harvey Weinstein, 67 ans, longtemps figure vénérée d’Hollywood, risque la perpétuité pour avoir possiblement agressé sexuellement deux femmes, une ex-assistante de production en 2006 et une jeune actrice en 2013.  

Les avocats de la défense ont cité de multiples échanges entre M. Weinstein et la femme présumément violée en 2013, Jessica Mann, montrant selon eux qu’ils avaient «une relation d’amour» après le viol présumé et insinuant qu’elle n’avait donc pas pu être violée.  

Lors du témoignage jeudi de l’actrice Annabella Sciorra, qui accuse M. Weinstein de l’avoir violée en 1993, la défense a essayé de saper sa crédibilité en montrant qu’elle n’en avait pas parlé pendant des années, et qu’elle avait continué à croiser M. Weinstein pendant des années sans le confronter.  

«C’est la norme que de rester en contact», a souligné Mme Ziv. «Ces contacts peuvent aller de SMS ou courriels jusqu’à continuer à avoir une relation».  

Les victimes restent souvent silencieuses sur leur agression car elles ont une sorte d’affection pour leur agresseur, selon l’experte. Et l’agresseur a parfois la capacité de leur faire perdre amis et emploi.  

Dans un contre-interrogatoire, l’avocat de la défense Damon Cheronis a demandé à Mme Ziv s’il était possible qu’avec les années, «par honte», des femmes qualifient de viol ce qui avait été un rapport sexuel consensuel.  

«Tout est possible, (mais) ce n’est pas habituel», a répondu Mme Ziv.  

Au total, plus de 80 femmes, parmi lesquelles des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux, ont accusé M. Weinstein de harcèlement et d’agressions sexuelles depuis octobre 2017. Mais la plupart des faits sont anciens et prescrits.