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Redécouvrir la gastronomie Acadienne

Redécouvrir la gastronomie Acadienne
Photo Adobe Stock

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Il aura fallu plus de 40 ans avant d’avoir droit à une nouvelle incursion en français dans l’univers de l’art culinaire acadien. Avec le livre Saveurs d’Acadie : cuisine traditionnelle et d’aujourd’hui, c’est à un riche voyage conjuguant passé et présent auquel sont conviés les amateurs de bonne bouffe, mais aussi d’histoire.

Ne voulant pas faire les choses à moitié, Anne Godin et Amélie Poirier ont concocté plus qu’un livre de recettes, car leur ouvrage renferme d’amusantes anecdotes, des bribes du passé et même des poèmes.

<i>Saveurs d’Acadie</i><br />
Par Anne Godin, Amélie Poirier<br />
Éditions de la Grande Ourse, 152 pages
Photo courtoisie
Saveurs d’Acadie
Par Anne Godin, Amélie Poirier
Éditions de la Grande Ourse, 152 pages

« C’est un livre qui raconte un peu notre histoire culinaire, explique Anne Godin. En Acadie, on a vraiment développé une gastronomie, on a inventé des plats. La raison pour ça ? Il y a eu la déportation des Acadiens en 1755, donc on a été isolés [...] Après ça, on est tombés dans une grande pauvreté. Pendant 10 ans, on a été complètement isolés du monde parce que jusqu’en 1763, on était pourchassés... À partir de là, on a développé une cuisine d’une grande simplicité. »

Inventivité

Les Acadiens ont notamment conçu plusieurs plats râpés. « On a les poutines râpées, le plat qui s’appelle la râpure, les crêpes ou les beignets à la râpure... On a développé une cuisine très simple, avec peu d’ingrédients, mais qui est bonne et se fait rapidement », détaille la chef.

C’est d’ailleurs cette simplicité qui a épaté les Français qui ont assisté aux ateliers culinaires donnés par Anne Godin. « Ils étaient flabbergastés. Ils ont dit : “Comment est-ce que vous arrivez à faire des choses si bonnes avec peu d’ingrédients ?” Je leur ai fait des crêpes à la râpure, c’est cinq ingrédients. C’est quelque chose qu’on a inventé parce qu’on avait beaucoup de patates. Ça ne coûte pas cher et ça pousse bien. »

En Acadie, l’histoire et la cuisine sont encore très liées. C’est ce qui fait qu’elles sont uniques. Voilà pourquoi on retrouve, dans Saveurs d’Acadie, le petit musée de la cuisine acadienne composé de plusieurs « patentes » prouvant l’ingéniosité des habitants. Parmi ses « curiosités », il y a une râpe à patates créée à partir... d’une vieille plaque de voiture Ford de 1953 !

Évolution

Au fil des ans, les habitudes alimentaires ont également changé en raison de la localisation des gens. « Avant la déportation, on mangeait beaucoup plus de porc. C’était vraiment notre viande de prédilection, précise Anne Godin. Après, comme on a été logés le long des côtes, on est passés d’agriculteurs à pêcheurs et là, on a commencé à manger beaucoup de poisson. C’est pour ça que dans le livre, il y a des recettes comme les beignets à la morue, la morue à la crème, des recettes avec des éperlans, des pétoncles. »

Créations « modernes » ou pas, le terroir y est toujours en vedette. On peut donc apprendre à faire un spaghetti aux pétoncles, des moules au cari, une chaudrée de fruits de mer et une soupe aux huîtres.

Il ne faudrait pas oublier les desserts, que ce soit la poutine à trou ou les célèbres pets de sœur qui, précise Anne Godin, ont bien été inventés en Acadie.


♦ Le livre Saveurs d’Acadie : cuisine traditionnelle et d’aujourd’hui est maintenant disponible au Québec.

 

Un parfum de hareng boucané et de fricot

 

Acadienne de souche, Anne Godin connaît bien les fruits de mer. Par contre, il lui a fallu relever ses manches quand son éditeur lui a demandé de créer trois nouvelles recettes avec le hareng boucané.

« Ç’a peut-être été pour moi mon plus gros défi, avoue-t-elle. J’ai passé une semaine dans mon laboratoire — ma cuisine — et j’ai tout essayé. J’ai fini par développer le gratin de hareng boucané, dont je suis extrêmement fière. Ensuite, une verrine de hareng pommes et concombre. Et une petite entrée : les hors-d’œuvre au hareng boucané. »

Le mets

Ce fut toutefois beaucoup plus facile quand elle a réalisé la recette emblématique de son coin de pays. Et non, elle n’est pas faite à base de crustacés, mais plutôt de poulet.

« Le fricot, c’est notre mets national, dévoile la chef. C’est un mets fait avec du poulet mijoté et des pommes de terre, des navets, de la sarriette et des oignons. Sur le dessus, on met de petites boules de pâte et c’est cuit à la vapeur. C’est le mets qu’on sert partout en Acadie quand on a des fêtes. »

« Si tu fais un fricot, tu peux inviter 15 personnes », ajoute celle qui a enseigné comment réussir ce plat dans Lanaudière, au Québec, là où plusieurs descendants d’Acadiens peuplent la région.

Pas seulement dans l’eau

Car la cuisine d’Acadie, c’est bien plus que des produits de la mer, se plaît à rappeler Anne Godin.

« On ignore que l’Acadie a une gastronomie. Les gens pensent qu’il n’y a que du homard bouilli et des choses comme ça, mais on a développé tellement de plats. Et c’est ça qu’on a voulu montrer avec le livre. »

Quelques preuves ? « On a un petit rôti de porc au sirop d’érable qui est le fun, une salade de betteraves rôties au fromage de chèvre, un potage à la citrouille et aux pommes... »

 

Chaudrée de palourdes

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Coques à la vapeur

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Galettes à la farine d’avouène

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Pétoncles sur lit de crudités

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Poutines à trou

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