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Course à l’éthique au PLQ

Dominique Anglade
Photos d’archives, simon clark et STEVENS LEBLANC L’étonnant épisode de la non-candidature de Jean Charest à la chefferie conservatrice influera sur une autre course, celle du Parti libéral du Québec.

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L’étonnant épisode de la non-candidature de Jean Charest à la chefferie conservatrice influera sur une autre course, celle du Parti libéral du Québec.

Alexandre Cusson lancera officiellement sa campagne dimanche à l’aquarium de Québec, comme on le sait. Dominique Anglade a pour sa part médiatisé la sienne, jeudi.

Mauvais souvenirs

En se désistant après avoir cultivé les rumeurs de candidature, en attaquant l’UPAC en entrevue à Radio-Canada, en se montrant solidaire de Marc Bibeau, Jean Charest s’est trouvé à ramener à la surface de mauvais souvenirs. Il a ravivé la mauvaise réputation du PLQ en matière d’éthique.

La réaction du leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui a repris la défense de M. Charest comme si ce dernier était encore son chef (exigeant le « point final » à Mâchurer), a aggravé les choses. Cela donna l’impression d’une continuité totale entre les années Charest et le PLQ de 2020. Des collègues de M. Tanguay craignent d’ailleurs que ça ait fait des ravages dans l’opinion.

Le défi de Dominique Anglade s’apparente à celui qui a tant tenaillé Philippe Couillard : le renouveau sans reniement. « Je pense qu’il faut faire un renouveau au sein du parti, et ce n’est pas rompre avec une ère ou ne pas se rappeler tout l’historique », a-t-elle bricolé jeudi.

Parmi ses supporteurs au sein du caucus (qui compte encore huit élus issus de l’ère Charest), et surtout chez les militants restant au PLQ, il y en a beaucoup qui vénéreront toujours ce cher « Jean » si affable... et qui leur a donné trois gouvernements. Mme Anglade ne peut pas se les aliéner, surtout que certains d’entre eux se souviennent un peu trop que « Dominique vient de la CAQ ».

Direction éthique

Dans le clan Cusson, cependant, on doit se démarquer. Et pour ce faire, on risquera de bousculer le parti en lui présentant des idées à même de couper le cordon. Nulle surprise ici, compte tenu de la « lieutenante » officieuse choisie, Marwah Rizqy.

La députée de Saint-Laurent a passé une partie de 2019 à faire des propositions de rupture qui l’ont d’ailleurs mise en délicatesse avec bien des collègues. Une première suggestion concernait l’ère Couillard : que le PLQ présente ses excuses pour avoir opté pour « l’austérité ». Elle fut rejetée avec véhémence.

Une seconde, en août, visait davantage l’ère Charest : Mme Rizqy plaidait pour « la création, dans la structure même du parti, d’une direction de l’éthique et de la conformité qui aurait un mandat de surveillance, de protection et de formation ». Alexandre Cusson, qui pour l’instant n’a rien dit sur rien dans cette campagne, pourrait même reprendre cette proposition à son compte dès dimanche.

Le clan Anglade devrait répliquer assez rapidement avec une promesse éthique de son cru. Pourrait-elle se contenter de rappeler simplement le Code d’éthique et de déontologie du PLQ adopté en 2016 développé par l’ancien policier Robert Poëti ?

Celui-ci contenait quelques lapalissades et truismes, dont l’article 1.1 « Respecter les lois et chartes en vigueur au Québec ». Il est vrai que dans certaines organisations, même les rappels les plus élémentaires s’imposent.