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L’enfer de l’anorexie au masculin

Patrice Saucier
Photo courtoisie, Patrick Lemay

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Inspiré par sa propre expérience, Patrice Saucier explore la difficile thématique de l’anorexie, l’appliquant cette fois au masculin, dans son premier roman, Où vas-tu comme ça... Par le biais de Renaud, son personnage, il raconte jusqu’où peuvent aller les diètes et l’entraînement à outrance.

Renaud étudie en finances à l’école HEC de Montréal. Il est studieux, appliqué, mais un peu complexé car son physique le rend mal à l’aise. Lors de
l’initiation, la réalité le rattrape de façon brutale et on le lui fait bien comprendre : il est gros.

Traumatisé, Renaud remarque que tous les autres étudiants sont sveltes. Il décide de se fondre dans la masse... et justement de faire fondre sa graisse. Il se lance dans les diètes et l’entraînement physique, jusqu’à voir des étoiles et se retrouver aux urgences.

Malheureusement pour lui, il devra se reconstruire lui-même parce que ses amis se défilent et sa famille ne lui offre aucun soutien.

Fait vécu

Patrice Saucier est très sensible à la problématique de l’anorexie, dont on parle habituellement bien plus au féminin qu’au masculin. Il est passé par là. « C’est inspiré d’un fait vécu. À un moment donné de ma vie, j’ai commencé à perdre du poids. C’était quelque chose que je réussissais plutôt bien alors que du côté professionnel, j’avais un peu plus de difficultés. Je m’étais concentré sur la perte de poids », dit-il.

« Avec les encouragements, et tout le monde qui trouvait ça extraordinaire que je change, que je me métamorphose, il y a eu un côté très grisant dans tout ça qui a fait en sorte qu’à un moment donné, j’ai descendu, descendu, descendu. »

Un jour, les gens l’ont revu, et trouvaient qu’il avait changé, mais pas dans le sens positif du terme. « Ils pensaient que j’étais malade ou qu’il m’était arrivé quelque chose. »

Le poids santé ?

Il s’était mis au régime et faisait du sport. « J’avais perdu de vue la vision du poids santé : c’était plutôt la joie de réaliser quelque chose de vraiment bien. Mais mes amis, mon épouse trouvaient que j’avais assez maigri. J’avais les joues qui étaient creuses, on commençait à voir mes côtes et je commençais à avoir une certaine maigreur. Même mes parents commençaient à ne pas trouver ça drôle. »

Il a fait face à un dilemme : devait-il continuer ou était-il allé trop loin ? « J’avais lu sur la perte de poids et la santé et j’ai réalisé que d’être trop maigre, c’était aussi néfaste qu’être trop enveloppé. Étant un peu hypocondriaque, c’est un peu ça qui m’a fait arrêter. »


Patrice Saucier travaille dans le monde des communications depuis 20 ans.

Il a publié le récit Papautisme... autisme, quand un père s’en mêle en 2018.

Où vas-tu comme ça... est son premier roman.

Extrait

<b><i>Où vas-tu comme ça…</i></b><br/>
Patrice Saucier<br/>
Éditions Michel Lafon<br/>
180 pages
Photo courtoisie, Éditions Michel Lafon
Où vas-tu comme ça…
Patrice Saucier
Éditions Michel Lafon
180 pages

« À peu près trois semaines plus tard, la nouvelle routine santé de Renaud commence à rapporter. Le voilà contraint de serrer un peu sa ceinture, afin de ne pas sentir ses pantalons beiges glisser sur ses hanches lorsqu’il déambule dans les couloirs de la faculté. Même chose avec ses chemises, dont le col, comme par miracle, peut enfin se boutonner. »

– Patrice Saucier, Où vas-tu comme ça..., Éditions Michel Lafon