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Avenir incertain pour l’industrie de la chasse et la pêche

Réal Massé, propriétaire de la pourvoirie au Pays de Réal Massé.
Photo Agence QMI, ÉTIENNE PARÉ Réal Massé, propriétaire de la pourvoirie au Pays de Réal Massé.

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LAVAL | Constatant que le nombre de permis de chasse et de pêche baisse d'année en année, quelques acteurs de l’industrie ont profité du Salon national de la pourvoirie cette fin de semaine, à Laval, pour tirer la sonnette d'alarme. 

«Si ça continue comme ça, 25% des pourvoiries vont être fermées dans 10 ans», s'est inquiété un Réal Massé émotif. 

À l'aube de ses 80 ans, le flamboyant homme d'affaires roule sa bosse depuis 34 ans. La pourvoirie au Pays de Réal Massé, située dans le nord de Lanaudière, est depuis devenue une véritable institution, bien connue des pêcheurs au Québec. 

Dans les dernières années, des jeux d'eau y ont été aménagés pour les enfants, une flotte de kayak et de pédalos a été mise à disposition des clients, le niveau de la nourriture a été rehaussé: autant d'initiatives sensées rendre la pêche plus attrayante aux yeux des 35 ans et moins, mais qui n'ont pas amené les résultats espérés. 

C'est ce qui fait dire à Réal Massé que sa difficulté à renouveler sa clientèle n'est pas qu'une affaire de marketing. Selon lui, le problème est culturel. 

«Tout le monde est sur leur machine [cellulaire] aujourd’hui. On en voit plus de parents avec leurs enfants qui chassent», a-t-il insisté, estimant à 70% la proportion de ses visiteurs qui ont plus que 55 ans. 

Réal Massé est convaincu que c'est la seule raison qui explique la baisse de presque 10% du nombre de chasseurs et de pêcheurs au Québec depuis 2013. Ce n'est pas de la faute du registre des armes à feu ni du prix du permis, selon lui. 

D'ailleurs, le gouvernement a abaissé le prix du permis l’an dernier, mais la chute s'est tout de même maintenue, selon les données préliminaires. 

«Ce n'est pas la solution. C'est comme si je mets le chocolat gratuit. Les gens vont continuer de manger un ou deux morceaux, pas 25», a illustré M. Massé. 

Impact du registre?

Daniel Noël, propriétaire de la Pourvoirie du lac Doolittle dans les Hautes-Laurentides, pense aussi que la tendance négative est surtout attribuable au manque d'intérêt des jeunes pour le plein air. 

Contrairement à M. Massé, il note que l'adoption d'un registre des armes à feu au Québec a donné mauvaise presse à l’industrie dans le reste du Canada, éloignant une bonne partie de sa clientèle. 

«Les Ontariens, ça a déjà été 30-40% de ma clientèle. Aujourd'hui, je n’en ai plus», a laissé savoir Daniel Noël, qui ne s’attend pas à avoir de successeur le jour où il prendra sa retraite.