/sports/opinion/columnists
Navigation

Steven Butler: «Je vis avec une plaie»

BOXING-JPN
Photo d’archives, AFP Steven Butler a subi un cuisant revers face à Ryota Murata en décembre dernier à Tokyo.

Coup d'oeil sur cet article

Il y a un mois et deux jours que Steven Butler se faisait passer le knock-out à Tokyo par Ryota Murata.

Un mois et un jour qu’il rentrait à la maison en descendant de l’avion pour retrouver ses deux enfants. Il leur avait promis que le père Noël rapporterait une ceinture de champion du monde.

« J’étais très triste, c’est certain. Je me suis raisonné et j’en ai profité pour expliquer à Mason, mon plus vieux de trois ans, qui est déjà un mauvais perdant, que des fois dans la vie, on gagne et que d’autres fois, on perd. Mais qu’il ne faut pas se décourager et qu’il faut reprendre sa marche », racontait Butler hier soir au Casino de Montréal.

Il était tout bronzé, revenu jeudi de Riviera Maya au Mexique. Ça lui a fait un bien énorme. Il en avait besoin puisque l’année 2019 avait été très chargée : « J’ai passé des semaines à coucher dans le sous-sol pour pouvoir dormir quand notre deuxième bébé est arrivé. La fatigue et la déception de la défaite au Japon m’ont vidé. Avec nos enfants, on s’est retrouvés sur la plage devant la mer et j’ai senti l’énergie revenir. Mais je vis encore avec une plaie intérieure. J’apprends à vivre avec cet état d’âme. Perdre à la boxe, ce n’est pas comme au hockey où tu joues deux jours plus tard. Tu portes la défaite longtemps en toi », de dire Butler.

Le jeune homme est revenu le 23, et le 24, il était dans le gym de Mike Moffa pour reprendre l’entraînement. Il va remonter dans le ring en mars au casino.

Qui sera le coach ?

Soigner la plaie, c’est une chose. Reprendre la route d’un combat de championnat du monde en est une autre.

Depuis qu’il boxe sérieusement, Steven Butler s’est toujours entraîné avec Rénald Boisvert : « C’est mon mentor. Un père. Je ne sais pas encore si je vais continuer avec lui ou changer pour aller avec Mike Moffa », a répondu Butler quand j’ai abordé le sujet avec lui.

« Dans le cas de Jean-François Bergeron, c’est réglé. On était d’accord tous les deux. Il a été très important dans ma vie pendant les deux ans qu’aura duré notre association. C’est un homme sage. Mais je ressens le besoin de me faire pousser davantage dans le dos. Style “envoye, va me le knocker ou c’est moi qui vais le faire” », explique Butler.

« Mais honnêtement, je n’ai pas encore pris ma décision finale. Je ne sais pas si ce sera Mike Moffa ou Rénald Boisvert. J’ai discuté avec Rénald et je vais prendre une décision avant mon prochain combat en mars », dit-il.

Butler précise que la décision sera la sienne : « Camille Estephan m’a donné son opinion. Je la prends très au sérieux. Mais je veux voir comment je vais me sentir, si la chimie va se bien passer dans le gymnase. En plus, si je continue avec Mike, je ne veux pas me rendre à l’Underdog, j’aime mieux un gym près de chez nous », confie Butler.

DANS LE CALEPIN- Plusieurs boxeurs d’Eye of The Tiger Management assistaient au gala. Simon Kean a passé de belles semaines au soleil et s’entraîne dur. La prochaine année sera déterminante pour lui. Erik Bazinyan était là aussi. Sa carrière est au beau fixe avec sa victoire par K.-O. en Californie en décembre dernier. Marie-Pier Houle se battra le 21 mars au casino... c’est Yves Lévesque, grand passionné de boxe, qui est son Colonel Parker. C’est mieux qu’être Don King... question de cheveux évidemment.

Adam Dyczka : offre de deux ans

Adam Dyczka avait la critique facile sur sa performance contre Jose Manuel Paredes en lever de rideau. Le gros blond de Granby trouvait que ses coups « n’avaient pas sorti » comme ça aurait dû se passer.

Honnêtement, il avait raison. Son manque de technique et d’expérience était flagrant. Et à part une ou deux fois, il n’a jamais lancé de crochet du droit.

Mais il était là pour apprendre. Et quand Camille Estephan a fait passer le mot par la relationniste Virginie Assaly qu’il allait lui offrir un contrat de deux ans, le Panda a eu le souffle coupé : « On va travailler à son développement, il en vaut la peine », a déclaré Estephan entre deux combats.

Le promoteur est parfaitement conscient que ce n’est pas avec son nouveau boxeur qu’il décrochera un combat pour un titre mondial. Mais le jeune a du bagout, il est sympathique et il va vendre des tickets. Ça prend de tout pour faire un monde... et une écurie de boxe.

Dans un an, quand il aura sept ou huit combats sous la ceinture, on pourra penser à lui présenter Adam Braidwood...

Les trois mois précédant le combat vont être plus animés qu’un douze rounds de Jean Pascal. Les deux ont de la gueule et le sens de la promotion.