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Une crise cardiaque a changé sa vie à 54 ans

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Photo Agence QMI, Steve Madden À 67 ans, Gerardo Difeo est plus en forme que lorsqu’il en avait 54. Il s’entraîne cinq fois par semaine.

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Depuis sa crise cardiaque, Gerardo Difeo vit avec un cœur qui a perdu la moitié de ses capacités. Mais plutôt que de se morfondre, l’homme qui a aujourd’hui 67 ans a repris sa santé en mains. Il s’entraîne cinq fois par semaine et se plaît à gravir les sommets.

En 2006, Gerardo Difeo est en vacances en Virginie avec un ami et leurs deux fils lorsqu’il ressent une douleur dans la poitrine. 

À 54 ans, il vient de faire une crise cardiaque. Quelques jours plus tard, son cardiologue lui suggère de s’inscrire au centre de médecine préventive et d’activité ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, bien qu’il n’exerce pas dans cet établissement.

Les premiers mois d’entraînement sont difficiles. « Je ne faisais pas la moitié d’un tour de la piste en marchant. J’étais trop essoufflé », se remémore M. Difeo. 

Son cœur ne fonctionne alors qu’à 25 % de ses capacités. Il persévère néanmoins et graduellement le mouvement devient plus facile, il se sent moins essoufflé et son cœur se renforce. 

Deux ans et demi plus tard, au début de 2009, il fonctionne à 45 % de ses capacités. Pour Gerardo Difeo, c’est une grande amélioration qui se fait sentir au quotidien.

Ascension du mont Washington

L’exercice physique devient partie prenante de sa vie. Il se rend au Centre cinq matins par semaine pour s’entraîner et socialiser. Quand un compagnon d’entraînement propose de former un groupe pour gravir le mont Washington, dans le nord-est des États-Unis, il embarque sans hésiter.

« J’ai été séduit par l’idée de se dépasser et de s’engager à long terme dans un projet », explique-t-il. Mais il y a des conditions : il faut avoir un problème cardiaque sérieux, réussir un test de tapis roulant et s’entraîner pendant les 11 mois qui les séparent de l’expédition.

Des 16 inscrits, six sont au mont Washington à l’été 2014. Cinq atteindront le sommet (la sixième doit rester au départ en raison d’un problème de santé).

La bruine et le brouillard rendent les conditions difficiles et la montée est ardue. Mais à aucun moment Gerardo Difeo, alors âgé de 62 ans, n’envisage d’abandonner. 

« Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu des doutes. Pour moi, c’était important d’y arriver pour respecter mon engagement. Ne pas atteindre le sommet ça aurait été comme être handicapé », raconte-t-il.

Une expérience incroyable !

C’est en ces mots que M. Difeo décrit son ascension. « L’aventure m’a permis de me rebrancher sur ce que j’étais. Tu te découvres quand tu marches pendant des heures », dit-il. Pour lui, la montée, c’est comme un crescendo dans une pièce de Beethoven avec le sommet comme point culminant. « Nous étions excités comme des enfants quand on est arrivé. »

Le goût de la montagne

Cette première ascension déclenche chez lui une forte attirance pour la montagne. L’année suivante, il revient sur les flancs du mont Washington avec l’amie que le groupe avait dû laisser au pied de la montagne.

Depuis, il multiplie les randonnées en montagne, notamment au mont Saint-Bruno où il se rend régulièrement. Le sentier le plus difficile : celui de l’Acropole des Draveurs, dans Charlevoix, qu’il a gravi en 2018. 

« Même s’il est plus court que le sentier du mont Washington, la dénivellation est plus forte. C’est une belle victoire d’avoir atteint le sommet. »

Cet été, Gerardo Difeo prévoit se rendre dans les monts Adirondacks, dans l’État de New York, et il rêve du Grand Canyon et des montagnes du Terminio, près de son village natal, en Italie. 

Il n’est cependant pas prêt pour les chemins de Compostelle, des circuits historiques qui traversent la France et l’Espagne sur des centaines de kilomètres. « Je ne suis pas assez vieux. J’ai l’impression que ce serait la fin et qu’après il n’y a plus rien », raconte-t-il, mentionnant avoir peut-être peur de ce qu’il pourrait apprendre sur lui pendant ce périple.

Ralentir à 60 ans

S’il dit ne pas s’empêcher de vivre à cause de son cœur, Gerado Difeo est conscient des limites qu’il lui impose et que certaines activités sont hors de sa portée. « Je ne cours pas, mais j’ai de l’endurance et je peux marcher pendant des heures », dit-il.

Gerardo travaille aussi beaucoup moins. Pas à cause de son cœur, mais parce qu’il s’était toujours dit qu’à 60 ans il ralentirait.

Il a aussi modifié ses habitudes alimentaires et perdu une vingtaine de kilos pour améliorer son bilan de santé plus que par peur pour son cœur. Il a abandonné ce qu’il appelle la « bouffe cochonne » et fait attention aux portions et à l’alcool. Gerardo a toujours un léger surplus de poids, mais s’en accommode très bien compte tenu de son état général.

« La mort ce n’est pas épeurant, mais la maladie, la déchéance, oui », conclut celui qui dit vouloir mourir en santé.