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Enquête sur la semi-liberté du meurtrier de Marylène Lévesque

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Le ministre de la Sécurité publique du Canada a confirmé, lundi, la tenue d’une enquête sur les circonstances du meurtre de Marylène Lévesque, survenu à Québec la semaine dernière.  

Interpellé en chambre, lundi, par le député conservateur Pierre Paul-Hus, qui demandait pourquoi la commission avait donné la permission «à un homme violent» d’obtenir des services sexuels, le ministre de la Sécurité publique a annoncé la tenue d’une enquête.     

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Pierre Paul-Hus à QUB radio:

«Les présidents de la commission ont accepté de faire enquête, dans ce dossier tragique, pour veiller à ce que tous les protocoles établis soient suivis et que des leçons soient tirées de tout cela», a indiqué Bill Blair.     

Le suspect dans cette sordide affaire, Eustachio Gallese, était en semi-liberté au moment des faits. L’homme de 51 ans avait été condamné, en 2004, pour le meurtre non prémédité de sa conjointe de l’époque.      

La commission des libérations conditionnelles avait donné son aval pour que le prévenu puisse rencontrer des femmes dans le but de satisfaire ses besoins sexuels.     

Changements évalués  

Plus tard en après-midi, le cabinet du ministre a précisé que Service correctionnel Canada (SCC) et la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) convoqueront «un comité d’enquête sur les circonstances qui ont mené à cet incident tragique».     

«L’enquête évaluera si le SCC et la CLCC ont suivi les bonnes procédures, et quels changements pourraient être appropriés afin d'éviter des tragédies similaires à l'avenir», a indiqué au Journal une porte-parole du cabinet du ministre Blair.     

De son côté, Service correctionnel Canada a assuré prendre la situation «très au sérieux», soulignant une ouverture à modifier certaines pratiques.     

«Toute recommandation sera examinée et mise en œuvre en conséquence», a mentionné Esther Mailhot, porte-parole de l’organisme, refusant de commenter ce dossier précis en raison de l’enquête policière en cours.     

Parmi ces pratiques controversées, la possibilité pour un homme reconnu coupable du meurtre d’une femme d’avoir recours au service de travailleuses du sexe alors qu’il est en semi-liberté. Sur cette question, le député libéral Joël Lightbound a lui-même admis que la pratique était difficile à justifier.     

«Non, je ne me l’explique pas. La Commission, d’ailleurs, a été très claire que ça, c’était complètement inapproprié. Et je pense que ça va faire partie de ce qui va ressortir de l’enquête aussi. Mais c’est pour ça qu’il y a une enquête qui a été mandatée par la Commission», a indiqué le député de Louis-Hébert, circonscription où s’est joué le drame.     

Le provincial satisfait  

La ministre québécoise de la Justice, Sonia Lebel, avait demandé des comptes au ministre de la Sécurité publique après le meurtre de la jeune femme la semaine dernière. Dans un message sur Twitter, la ministre a indiqué être satisfaite de la décision de tenir une enquête.     

«Les Québécoises et les Québécois obtiendront des réponses à leurs questions», a salué la ministre.       

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Les conditions delibération du présumé meurtrier 

Octobre 2004  

Meurtre de Chantale Deschesnes à Québec. Son conjoint Eustachio Gallese se rend lui-même aux autorités. 

Décembre 2006  

Gallese est reconnu coupable de meurtre sans préméditation et est condamné à 15 ans minimum de prison. 

2007 

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) estime qu’il représente un risque « élevé » de violence envers une partenaire. 

2016 

En raison de sa bonne conduite en milieu carcéral, il reprend graduellement sa liberté lors de sorties supervisées, après 12 ans de prison. 

Mars 2019 

Gallese bénéficie d’une semi-liberté lui permettant d’habiter dans une maison de transition. L’équipe de gestion de cas du CLCC révise le risque de violence de l’homme à « modéré ». 

Septembre 2019 

Prolongement de la semi-liberté pour une période de 6 mois. 

22 janvier 2020 

Meurtre de Marylène Lévesque à l’hôtel Sépia de Québec. Gallese confesse à nouveau le meurtre aux autorités. 

23 janvier 2020 

Il est formellement accusé du meurtre au deuxième degré de Mme Lévesque.