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[PHOTOS] Korn au Centre Vidéotron: faire sortir le méchant

Korn ravive avec brio la vague nu métal au Centre Vidéotron

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Si la musique a toujours servi d’exutoire au torturé chanteur Jonathan Davis, elle a aussi permis aux mordus de son groupe Korn de se défouler en compagnie de ces rares survivants de l’éphémère vague nu métal des années 1990, lundi soir, au Centre Vidéotron.

Ils n’étaient que quelques milliers, mais ils n’ont pas raté l’occasion de faire sortir le méchant sous l’impulsion du rock hyper pesant de la formation californienne, qui s’est faite trop rare dans la capitale depuis ses débuts il y a déjà un quart de siècle.

Dès la tombée du rideau, Korn n’a pas fait dans la dentelle. La lourde ligne basse de Fieldy, qui sert de colonne vertébrale à Here To Stay, a établi la ligne directrice du concert : la pédale au plancher.

Au grand bonheur de la foule, qui l’a reconnu dès les premières notes, Korn a ensuite revisité son tout premier succès, Blind. En enchaînant avec Clown, du même album éponyme qui les a mis sur la mappe en 1994, le groupe a rappelé les années de souffrance à l’origine des compositions de Jonathan Davis.

Après un bref mais percutant détour dans le répertoire du plus récent The Nothing, Korn en a redonné aux nostalgiques. Amorcée comme il se doit au son de la cornemuse, Shoots and Ladders a pris une tournure inattendue qui a ravi le public lorsque le groupe a opéré une décapante fusion avec One, de Metallica.

Et quand les gars ont enchaîné avec la dansante Got The Life tout le monde était debout et vibrait à l’unisson jusqu’aux ultimes défoulements de Freak on a Leash et Falling Away From Me.

Breaking Benjamin : élan de lucidité

À mi-chemin de la prestation de Breaking Benjamin, le chanteur Benjamin Burnley a bien vu que le courant passait difficilement. « Vous êtes plusieurs qui ne nous connaissez pas. Normal, nous ne sommes pas venus souvent », a-t-il admis, lucide (leur seule autre visite était en 2018, en première partie d’Avenged Sevenfold).

Il faut aussi dire que le groupe est handicapé par l’absence de véritables grands succès dans son répertoire.

Quand même, l’intervention de Burnley a fouetté les troupes. Plutôt pépère jusque-là, le concert a pris du muscle grâce à des livraisons dynamiques de Breath et Blow Me Away et à la furieuse finale de Shallow Bay, gracieuseté du batteur Shawn Foist.

Membre d’une galaxie de formations de rock alternatif au son souvent interchangeable, Breaking Benjamin a la particularité de ne compter que sur Burnley à titre de membre original. Le quintette a renouvelé tout le reste de ses effectifs en 2014.

Sur scène, il n’en paraît rien. La cohésion est là, même si on aimerait voir les musiciens afficher une plus grande complicité. Il faudra cependant davantage pour convertir les sceptiques.