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Plaidoyer pour la mairesse Boucher

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« Une rue, c’est plus significatif qu’un édifice, et surtout, c’est un hommage perpétuel ».

Cette réflexion provient de René Damphousse, qui a œuvré au greffe de l’ancienne Ville de Sainte-Foy pendant près de 30 ans. Comme bien d’autres, l’ex-greffier a été touché par la requête ultime de Marc Boucher, mari de la défunte mairesse, dont je faisais part dans une chronique en décembre.

M. Boucher, qui a été emporté par un fulgurant cancer à quelques jours de Noël, souhaitait qu’une rue soit nommée en hommage à cette pionnière de la politique municipale au Québec. Les anciens maires de Sainte-Foy ont tous des rues à leurs noms, faisait-il notamment valoir, parlant d’iniquité.

M. Damphousse a d’abord connu Andrée P. Boucher lorsqu’elle venait poser des questions au conseil municipal à titre de citoyenne. Ensuite, il a eu la chance de la côtoyer comme conseillère municipale, puis comme mairesse de Sainte-Foy, avant de l’assermenter comme première mairesse de Québec.

« Mme Boucher, c’était une personne d’une droiture extrême, avec une incroyable capacité de travail, et qui connaissait tous les employés par leur nom », relate-t-il.

Pionnière de la politique municipale

L’ex-greffier confirme que des rues ont bel et bien été nommées en l’honneur des maires Émile Boiteau, Noël Carter, Roland Beaudin et Bernardin Morin. Roland Beaudin a non seulement eu droit à une avenue à son nom, mais aussi à un parc. 

Pourquoi pas un édifice et une rue, pour une pionnière de la politique municipale au Québec, première femme à diriger la Ville de Québec jusqu’à son décès subit en 2007 ?

« Il faut souligner la qualité de cette personne qui s’est dévouée sans relâche pour sa ville », dit-il.

Geste touchant

De son côté, l’ex-députée et ministre Agnès Maltais verrait une telle initiative d’un bon œil. Fait à souligner, une rue a été nommée en l’honneur de sa propre mère, Béatrice Thibault Maltais, à Sault-au-Mouton, où elle a été mairesse, en plus d’avoir été la première femme préfète d’une MRC au Québec. Mme Thibault Maltais est décédée il y a deux ans. 

« Alors je comprends que c’est très touchant, maintenant, à un moment donné, c’est au maire et à l’organisation de valider. »

Ce qui favorise une telle requête, selon Mme Maltais, tient surtout dans le fait que Mme Boucher a été la première femme mairesse de la Ville de Québec. « J’ai un grand respect pour elle, même si on n’avait pas toujours les mêmes idées. »

Denis Boucher, fils cadet d’Andrée P. Boucher, garde espoir qu’un tel hommage puisse être rendu à sa mère, décédée il y a 12 ans. Il souligne que le maire Labeaume a eu la délicatesse de passer au salon funéraire à la suite du décès de son père, un beau geste que sa famille et lui ont salué.

« Je pense que le fruit est mûr, et qu’on a une belle opportunité de rouvrir le dialogue », espère-t-il. M. Boucher rappelle que sa mère a tracé la voie à une époque où les femmes étaient encore peu présentes en politique.

M. Damphousse songe, de son côté, à une pétition qui permettrait de démontrer les appuis à cette requête. Il suffirait toutefois que la volonté politique opère pour que cette requête plus qu’appropriée soit exaucée.