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«C’est complètement fou»: Laurent Duvernay-Tardif vit le rêve du Super Bowl en restant concentré sur la tâche

Laurent Duvernay-Tardif
Photo Stéphane Cadorette Laurent Duvernay-Tardif a pris plaisir à répondre aux questions des journalistes lors de la soirée des médias, se présentant avec sérieux à quelques jours du Super Bowl.

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MIAMI | Lorsque les Chiefs de Kansas City ont pris d’assaut le plancher du Marlins Park, où se déroulait le traditionnel cirque de la soirée des médias pour lancer la semaine du Super Bowl, plusieurs joueurs ont pavané, cellulaire à la main, pour immortaliser le moment. Laurent Duvernay-Tardif, lui, est apparu fidèle à ses habitudes, sans la moindre exubérance, qualifiant quand même ce moment de «complètement fou».   

Duvernay-Tardif a d’abord répondu à des questions des médias anglophones qui voulaient revivre son parcours de l’Université McGill à la NFL.   

Même Cooper Manning, frère moins célèbre de Peyton et Eli, est venu l’interroger brièvement pour le réseau Fox.   

Puis, le Québécois a ensuite exposé ses états d’âme à ce qu’il a appelé avec humour sa «clique francophone».   

«Je pensais qu’on s’en venait faire des entrevues, bien relaxe, puis j’arrive ici et il y a plus de 1000 reporters. C’est là que tu te rends compte que c’est un événement qui transcende le sport et que le monde entier regarde», s’est exclamé le garde à droite des Chiefs.   

«Personnellement, je suis dans un bon état d’esprit. Je suis ici, j’en profite, c’est le fun d’être avec mes coéquipiers. Tu sais que c’est la dernière semaine de football, peu importe ce qui arrive, et tu veux tout donner ce que tu as pour t’assurer de contribuer positivement.   

«J’essaie d’absorber ce moment-là le plus possible parce que je sais que même si tu es le meilleur joueur de football qui existe, cette chance-là n’arrive pas à tout le monde. C’est un privilège pour moi», a-t-il ajouté.   

En mode affaires  

Qui dit Super Bowl à Miami dit aussi les palmiers, le soleil, la plage et une vie nocturne bien pimentée.    

Il ne faudrait surtout pas croire, cependant, que ces alléchantes distractions risquent d’entraver la préparation du sympathique colosse, à moins d’une semaine de l’ultime rendez-vous face aux 49ers de San Francisco, une redoutable machine de football.   

«On peut avoir de bons souvenirs même en restant à l’hôtel. C’est ça aussi être une équipe, de passer du temps ensemble. Oui, on peut prendre le temps de s’offrir une bonne bouffe, mais en rentrant tôt après pour prendre soin de son corps comme on le fait à la maison.     

«Je sais que je me couche à 22 h 30 à Kansas City, donc je vais faire la même chose ici. La meilleure façon de faire face à tout ce cirque médiatique, c’est de faire les choses qui ont fonctionné dans les 20 dernières semaines», a-t-il sagement exposé.   

La victoire à tout prix  

Pour Duvernay-Tardif, il y aura tout simplement de meilleures occasions de visiter des endroits tropicaux pour festoyer. Il se dit trop près du but pour ne pas investir 100 % de son temps sur les adversaires brutaux qui attendent son équipe.   

La présentation des joueurs des Chiefs.
Photo AFP
La présentation des joueurs des Chiefs.

«C’est le début du rêve aujourd’hui, mais les seuls mots qui me viennent en tête, c’est que je ne vais pas m’en souvenir positivement si on ne gagne pas. Il faut aller chercher ce match-là, c’est tellement important pour nous comme joueurs, mais aussi pour la ville de Kansas City, pour les fans, pour l’histoire des Chiefs. On est tous conscients de ça et on met les bouchées doubles cette semaine.»   

Avec sur les épaules toute cette pression de satisfaire autant de monde, Duvernay-Tardif assure tout de même qu’il ne ressent pas plus de papillons qu’à l’habitude... pour l’instant!   

«Non, pas encore... Mais c’est sûr qu’il n’y a que 5000 personnes dans le stade ici ce soir. À Arrowhead, il y en a 75 000, donc pour l’instant, ça va», a-t-il souri.   

Quand il faut savoir dire non...  

Une quinzaine de proches de Laurent Duvernay-Tardif se pointeront à Miami vendredi et samedi. Dans un monde idéal, c’est un autobus complet de fiers supporteurs qui se serait pointé dans le sud de la Floride. Impossible toutefois dans une semaine si critique et chargée de faire plaisir à tout un chacun.  

Chaque joueur bénéficie d’une quinzaine de billets pour le grand match, qu’il peut distribuer à sa guise. Forcément, il y a donc quelques malheureux!   

Dans le cas de Duvernay-Tardif, c’est en début de semaine dernière qu’il a dû faire le tri, avant de plonger dans le plan de match.   

Ses parents, ses sœurs, sa copine, son agent, des amis de sa garde rapprochée et des entraîneurs qui ont marqué son parcours ont été sélectionnés.   

Impact important  

«C’est très exigeant parce qu’il y a un paquet de monde qui te demande des billets, et parfois, c’est important aussi de pouvoir dire non. C’est mon moment à moi, et je veux le partager avec le plus de monde possible. Sauf que si je veux me rappeler ce moment positivement, il faut gagner et mettre tous les efforts à la bonne place pour que ça arrive», a expliqué le joueur de ligne offensive.   

Pour l’occasion, pas question non plus que la semaine du Super Bowl tourne en grande réunion de famille.    

«J’essaie de garder la même routine. C’est habituellement le vendredi ou le samedi que mes proches viennent me voir à Kansas City. Tout se met en place et je me sens comme dans un début de semaine normal en termes de préparation.   

«On a quand même des temps morts et je me suis dit que j’allais en profiter pour rester à l’hôtel afin d’étudier du film et décortiquer le livre de jeux.»   

Quant au fait que les yeux de plusieurs jeunes joueurs québécois verront sa présence au Super Bowl comme une inspiration, Duvernay-Tardif s’en réjouit.   

«Si j’ai un impact, tant mieux. De plus en plus de jeunes jouent au football. On a entendu tellement de choses sur les commotions. Je pense qu’on est dus pour avoir des bonnes nouvelles. Si je peux avoir une influence positive en rassemblant les jeunes autour de ce magnifique sport qui a changé ma vie, j’aimerais pouvoir le faire.»   

En bref...   

Ambiance de cirque  

La semaine du Super Bowl à Miami a été lancée avec la traditionnelle soirée des médias et c’est le Marlins Park qui a été pris d’assaut. Le stade de baseball a probablement été plus achalandé que lorsque les Marlins y jouent. En effet, l’équipe est la pire du baseball majeur au chapitre des assistances avec une moyenne anémique de 10 016 spectateurs qui ont franchi les tourniquets lors de la dernière saison. Le stade au look moderne et qui se targue d’être le plus vert qui soit a été construit au coût de 634 millions et a ouvert ses portes en 2012 après des années de controverse. Le propriétaire Jeffrey Loria et son président David Samson ne s’étaient pas fait d’amis à Montréal au préalable, et il y a longtemps que la lune de miel à Miami est aussi terminée. Lundi, pour une première fois, les amateurs ayant déboursé 25 $ avaient le loisir de déambuler sur le parterre, question d’être au cœur de la zone des entrevues. Comme si l’ambiance de cette soirée ne relevait pas déjà assez du cirque...   

Un grand retour à Miami  

Voilà que 10 années se sont écoulées depuis le dernier Super Bowl présenté à Miami. Puisque les Dolphins de l’endroit ont investi quelque 500 millions pour des rénovations majeures sur leur stade, revoilà le grand événement en ville. Il s’agit de la 11e fois, un record à travers la NFL, que le sud de la Floride est l’hôte du Super Bowl (six fois à Miami plus précisément). «Nous ne pouvions pas imaginer une ville plus appropriée, plus vibrante de culture que Miami pour tenir le Super Bowl l’année du 100e anniversaire de notre ligue», a mentionné lundi matin le vice-président exécutif de la NFL, Peter O’Reilly. Signe que les temps ont quelque peu changé, les billets pour le Super Bowl 2, qui était le premier présenté à Miami, étaient disponibles pour la modique somme de 12 $.   

Tout un comité!  

Organiser un Super Bowl nécessite toujours une collaboration de tous les instants entre la NFL, l’équipe locale, le comité organisateur et la ville hôtesse. À Miami, la gymnastique politique est d’autant plus compliquée puisque quatre maires sont impliqués, le maire du comté de Miami-Dade Carlos Giménez, le maire de Miami Francis Suarez, le maire de Miami Beach Dan Gelber et le maire de Miami Gardens Oliver Gilbert. Tous sont sollicités puisque différentes activités en lien avec le Super Bowl se déroulent sur leurs territoires respectifs. En plus des dizaines de milliers d’amateurs qui convergeront cette semaine vers Miami, plus de 10 000 bénévoles et 6000 membres des médias sont sur place.   

SAVIEZ-VOUS QUE...   

  • La ligne offensive des Chiefs n’a concédé que 25 sacs du quart cette saison, le troisième meilleur total dans le circuit.   
  • Selon NextGen Stats, quand Patrick Mahomes bénéficie d’au moins 2,5 secondes pour lancer le ballon, sa moyenne de verges par passe tentée grimpe à 10,1, un sommet dans la NFL.   
  • Pour les amateurs de superstitions, sachez que les 49ers porteront le chandail blanc au Super Bowl 54. Les équipes en blanc ont remporté 13 des 15 dernières éditions.      
Laurent Duvernay-Tardif
Photo AFP

«Les gens pensaient que j’étais fou, avant même qu’il ait amorcé un match, quand je disais qu’il était le meilleur joueur que j’avais jamais vu. Aujourd’hui, il est le meilleur.»

– Brett Veach, directeur général des Chiefs, au sujet de Patrick Mahomes