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Brooklyn Nine-Nine: une adaptation aux couleurs de Québec

Patrick Huard est aux commandes d’Escouade 99, une version québécoise de Brooklyn Nine-Nine en tournage dans la capitale

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Une série policière? Humoristique? Personne d’autre que Patrick Huard ne pouvait se retrouver à la barre d’Escouade 99, l’adaptation de la populaire série américaine Brooklyn Nine-Nine, dont la première saison est actuellement en tournage à Québec.  

Patrick Huard
Photo Stevens LeBlanc
Patrick Huard

«C’est un peu mon domaine», a lancé le réalisateur, entre deux prises, dans le poste de police qui a été recréé dans un ancien local commercial de la rue Saint-Félix­­­, à Saint-Augustin-de-Desmaures.   

Pièce maîtresse du succès colossal des comédies policières Bon Cop, Bad Cop, Patrick Huard estime qu’Escouade 99 possède un point commun avec deux autres de ses bébés, Les 3 p’tits cochons et Taxi-22: elle a du cœur.   

«C’est beaucoup sur l’amitié, comme Friends, Sex and the City, Cheers», dit-il.   

Photo Stevens LeBlanc

Les médias ont d’ailleurs pu avoir un aperçu du ton de cette «dramédie», hier, dans une scène où l’impassible commandant Raymond Célestin (Widemir Normil) ordonne au sergent-détective Max Lemieux (Mickaël Gouin) d’aller procéder à une arrestation.   

Carte blanche  

Présentée sur Club Illico l’été prochain, Escouade 99 est la toute première adaptation étrangère autorisée par les producteurs de la série originale.   

Ils ont donné « presque carte blanche » à ComediHa !, qui développe la version québécoise, dans la mesure où les éléments principaux de l’intrigue demeuraient les mêmes. «Ils nous ont dit de faire ce qu’on avait besoin de faire pour que ça marche au Québec», indique Patrick Huard.   

Les Québécois ont quand même dû passer un test quand un membre de la haute direction de NBCUniversal, ayant droit de vie ou de mort sur l’adaptation, a visité le plateau.   

«Il a passé trois jours derrière le moniteur avec nous et il a adoré ça. Il n’en revenait pas de la vitesse à laquelle on travaillait et de la grosseur de notre équipe.»   

38 jours à Québec  

Après 38 jours échelonnés depuis l’été, le tournage de la saison 1 d’Escouade 99 prendra fin la semaine prochaine. Absolument tout a été tourné à Québec avec le souci de montrer des coins de la ville qu’on voit rarement à l’écran. «C’est moins carte postale, plus urbain, plus rough», dit Patrick Huard.   

Une deuxième saison est en développement. «Québecor Contenu et Club Illico vont faire leur analyse quand ils verront les premiers épisodes qu’on va leur livrer, mais j’ai de bons espoirs qu’on aille de l’avant», souhaite le producteur Sylvain Parent-Bédard.   

Widemir Normil, Louis Champagne, Bianca Gervais, Mickael Gouin Patrick Huard, Mylène Mackey et Jean Marc Dalphond.
Photo Stevens LeBlanc
Widemir Normil, Louis Champagne, Bianca Gervais, Mickael Gouin Patrick Huard, Mylène Mackey et Jean Marc Dalphond.

Les autres rôles principaux ont été attribués à Mylène Mackay, Fayolle Jean Jr., Bianca Gervais, Léane Labrèche-Dor, Guy Jodoin, Louis Champagne et Jean-Marc Dalphond.   

Des millions pour tourner à Québec   

ComediHa! prévoit investir entre 25 et 30 millions de dollars dans une dizaine de productions qui pourraient être tournées à Québec au cours de la prochaine année.   

Là-dessus, on retrouvera un projet « de la même ampleur qu’Escouade 99 » dont les détails restent secrets, indique le grand patron de ComediHa!, Sylvain Parent-Bédard.   

Doté d’un budget de plus de 4 millions de dollars, Escouade 99 a fait travailler près de 400 comédiens et figurants, parmi lesquels près de 90% proviennent de la capitale. Du côté de l’équipe technique, on parle d’un contingent de 75 personnes.   

Pierre Karl Peladeau et Sylvain Parent Bedard.
Photo Stevens LeBlanc
Pierre Karl Peladeau et Sylvain Parent Bedard.

«C’est un des plus gros tournages télé que Québec a connus», se targue M. Parent-Bédard.   

Ce ne sera pas le dernier. Chez Club illico, on se dit très ouvert à développer d’autres projets à Québec et ailleurs en province, comme La faille, à Fermont.   

«Les téléspectateurs de Club illico veulent se voir dans nos histoires», croit Denis Dubois, vice-président aux contenus chez Québecor Contenu.   

À Québec, l’augmentation des tournages permet de retenir ici des artisans qui devaient auparavant s’exiler pour gagner leur croûte, pointe Sylvain Parent-Bédard.   

«Des gens réussissent à vivre de leur métier à l’année. Nous sommes en janvier, bientôt en février, et on a des maquilleurs et des coiffeurs qui travaillent. Habituellement, ils étaient au chômage.»