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Des investissements perdus de 6 milliards $ dans le secteur de l'aluminium, selon une étude

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OTTAWA | Une étude présentée par le Bloc québécois soutient qu’un manque de protection pour le secteur de l’aluminium dans le nouvel ALENA prive le secteur québécois d’investissements de 6,2 milliards $.  

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Cette somme équivaut aux montants qui doivent être alloués à six projets de construction d'alumineries au Saguenay-Lac-Saint-Jean et que plusieurs intervenants de la région jugent compromis. Ainsi, on estime que 30 539 emplois directs, indirects et induits sont menacés.   

«Le milieu socioéconomique régional a assez écopé au cours des dernières années [...] Assez, c’est assez», a lancé le maire d’Alma Marc Asselin, qui s’est rendu sur la colline Parlementaire mercredi pour le dévoilement de cette étude d’impact économique commandée par des organisations de la région du Saguenay-Lac-St-Jean.

Entouré de représentants syndicaux du secteur de l’aluminium et d’autres élus de la région, le maire a exhorté le gouvernement fédéral à trouver une solution pour compenser le fait que le secteur de l’aluminium a été laissé-pour-compte, à ses yeux, du nouvel ALENA.   

La délégation a d’ailleurs rencontré le lieutenant du Québec, Pablo Rodriguez, et la vice-première ministre Chrystia Freeland.   

«Après l’accord Canada-Europe, qui a impacté l’agriculture, la surtaxe affectant la forêt, voilà que notre économie basée sur l’aluminium est en danger», a ajouté M. Asselin.   

Le nouvel ALENA, rebaptisé Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), contient une clause de traçabilité pour l’acier entrant de la construction des voitures que l’aluminium n’a pas obtenue.   

L’accord commercial vient renforcer les règles d’origine de l’aluminium entrant dans la fabrication des voitures. Le Mexique doit ainsi faire son approvisionnement en Amérique du Nord, à hauteur de 70 %.   

On déplore qu'un flou demeure dans la définition même de ce qui permet de dire que l’aluminium provient d’Amérique du Nord. On craint que de l’aluminium acheté au rabais auprès de la Chine, puisse, après une légère transformation, être déclaré de provenance nord-américaine.   

Les élus de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Bloc québécois ne demandent pas forcément la réouverture de l’ACEUM et estiment qu’une entente parallèle pourrait être conclue.