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Caisse de dépôt: Un homme de confiance de Sabia aux commandes

Charles Émond devient le nouveau grand patron du bas de laine des Québécois

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La Caisse de dépôt et placement du Québec a un nouveau patron : Charles Émond, qui entend marcher dans les traces du président et chef de la direction sortant, Michael Sabia. 

Embauché il y a tout juste un an comme premier vice-président, Québec, Placements privés et planification stratégique à la Caisse, puis promu en novembre, Charles Émond n’entend pas procéder à des chamboulements majeurs, du moins pas maintenant, a-t-il affirmé hier en entrevue au Journal.  

« Nos grandes orientations à la Caisse, ce sont les bonnes. Elles ont été éprouvées. Mais c’est certain qu’on va devoir s’adapter pour demeurer résilient et apporter des rendements aux (investisseurs) Québécois au cours des prochaines années », a-t-il lancé.  

La prochaine décennie s’annonce en effet bien différente pour la Caisse, elle qui est parvenue sous le règne de M. Sabia à se remettre de la crise économique et de décisions jugées désastreuses pour son rendement.  

« Le contexte est différent, ce vent de dos qui nous a poussés par le passé ne sera pas le même. Tout le monde perçoit qu’à un moment donné, il y aura peut-être un ralentissement. L’environnement est aussi plus compétitif, il y a énormément de capital disponible. Il va falloir travailler encore plus fort pour atteindre des rendements intéressants », dit-il. 

Varier les services 

Au Québec, Charles Émond promet de « peser sur l’accélérateur ». Il veut aider les entreprises à s’internationaliser davantage.  

« Je connais bien le Québec inc. et ses ambitions. On va proposer des solutions pour que la Caisse soit plus que jamais une instance qui offre une gamme variée de service pour ces actifs-là », dit-il.  

Lors de son entrée en fonction, samedi, M. Émond bénéficiera d’une rémunération de base de 550 000 $, un bond d’environ 50 000 $ par rapport à son salaire d’embauche. 

Rémunération en hausse 

Il aura également droit à toutes sortes de primes ainsi qu’à un généreux régime de retraite. Des avantages auxquels avait renoncé M. Sabia lors de sa nomination en 2009. Ce ne sera toutefois pas le cas de M. Émond, le contexte « étant différent », dit-on à la Caisse.  

Sa nomination a été saluée tant à Québec que dans le milieu des affaires.  

« Charles Émond, c’est un relativement jeune homme, 47 ans, brillant, qui a une belle expérience bancaire, qu’une expérience en investissement, en placement, il connaît bien l’économie du Québec et c’est une personne qui a prouvé qu’il était capable de gérer du personnel », a résumé le premier ministre du Québec François Legault, juste avant la rencontre du Conseil des ministres lors de laquelle son choix allait être entériné.  

– Avec la collaboration de Vincent Larin 

Charles Émond en bref 

Charles Émond n’entend pas, pour l’instant du moins, bouleverser la Caisse. Il a répété mercredi qu’il travaillerait « en continuité » avec Michael Sabia, qui quitte le bas de laine des Québécois vendredi.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Charles Émond n’entend pas, pour l’instant du moins, bouleverser la Caisse. Il a répété mercredi qu’il travaillerait « en continuité » avec Michael Sabia, qui quitte le bas de laine des Québécois vendredi.
  • 47 ans 
  • À la Banque Scotia pendant près de 20 ans 
  • Nommé vice-président à la Caisse il y a un an 
  • Salaire de 500 000 $ en 2019 
  • 550 000 $ dès son entrée en poste (primes non comprises)  

Au cœur de plusieurs financements du Québec inc.  

Charles Émond a beau avoir passé le plus clair des 20 dernières années à Toronto, celui qui a été nommé hier à la tête de la Caisse de dépôt connaît le Québec inc. sur le bout des doigts. « Négociateur chevronné, Charles a tout au long de son parcours démontré sa capacité de mener à bien des dossiers complexes et importants en mobilisant ses équipes. C’est cette riche combinaison d’expériences et de compétences qui a guidé la décision du conseil d’administration », a souligné hier le président du CA de la Caisse, Robert Tessier. 

Relativement jeune — il est aujourd’hui âgé de 47 ans —, M. Émond a travaillé en fusions et acquisitions pour PricewaterhouseCoopers avant d’être embauché, en 2000, chez Banque Scotia et Scotia Capitaux, à Toronto.  

C’est d’abord dans les services bancaires d’investissement qu’il s’est spécialisé. Puis, en 2011, il est nommé directeur général et chef du Québec de la Banque de Nouvelle-Écosse.  

Rona et les autres 

Parmi ses dossiers québécois, et non les moindres : RONA et la première tentative de rachat par Lowe's en 2012. Il est demeuré impliqué comme conseiller de l'entreprise jusqu'à la deuxième tentative de rachat, réussie celle-là, en 2016. 

En 2018, il devient v.-p. principal aux affaires financières de la Scotia, et dirige cette année-là l’acquisition par la banque du gestionnaire de fonds montréalais Jarislowsky Fraser, pour la somme de 950 millions de dollars.  

Après l’achat de Jarislowsky Fraser, il est président du conseil de gestion de la firme. M. Émond siège également, pour l’instant du moins, au conseil d’administration de Bombardier Transport, la division ferroviaire de l’entreprise. 

À peine quelques mois après sa nomination comme v.-p. à la Scotia, il démissionne pour aller occuper un poste semblable à la Caisse de dépôt, à Montréal. Déjà à sa nomination, son nom circule comme successeur possible de Michael Sabia. 

En novembre, il est promu chef des placements privés de la Caisse à la suite de la démission de Stéphane Etroy.