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Manque d'effectif au CIUSSS: le syndicat blâme la gestion plutôt que la pénurie de main-d’œuvre

De gauche à droite: Pierre Émond, du syndicat des travailleurs du CHU de Québec, Nicole Cliche, du syndicat des professionnels et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, Ann Gingras, présidente du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Sonya Le boeuf, du syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l'administration de Chaudière-Appalaches et Richard Boissinot, président du syndicat des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale.
Photo Catherine Bouchard De gauche à droite: Pierre Émond, du syndicat des travailleurs du CHU de Québec, Nicole Cliche, du syndicat des professionnels et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, Ann Gingras, présidente du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Sonya Le boeuf, du syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l'administration de Chaudière-Appalaches et Richard Boissinot, président du syndicat des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

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Le manque d’effectif qui touche l’ensemble du CIUSSS n’est pas uniquement lié à la pénurie de main-d’œuvre, dénoncent des syndicats de la CSN, qui affirment que les pratiques de gestion nuisent aussi à la rétention de la main-d’œuvre.

Selon la CSN, pour l’année 2019, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale aurait fait un déficit de 14 M$, n’eût été la grave pénurie de main-d’œuvre.

Or, l’organisation a plutôt atteint un équilibre budgétaire, puisque 150 000 heures de travail n’ont pas été payées, faute de personnel.

« Au-delà de la rentabilité financière des établissements, il y a eu de 600 à 1000 postes non comblés pour servir la population. C’est énorme », s’indigne Ann Gingras, présidente du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Rien pour la rétention

La CSN indique que les pratiques de gestion sont désormais axées sur un budget défini et se sont déshumanisées au fil des fusions et des réorganisations.

« La pénurie a le dos large. Oui, c’est vrai qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre, mais je pense qu’elle a un peu été causée par le ministre Barrette, avec toutes les fusions et ce que ç’a entraîné », souligne Pierre Émond, du Syndicat des travailleurs du CHU de Québec.

M. Émond dénonce l’absence du côté humain, lorsque vient le temps pour les gestionnaires de gérer les horaires, les remplacements et les heures supplémentaires. Rien pour favoriser la rétention du personnel.

« Chez nous, dans la dernière année, il y a eu 647 embauches, mais 503 départs. C’est un cri d’alarme, on n’est plus capables de recruter », explique-t-il.

Généralisée

La pénurie touche un large éventail d’emplois : des préposés aux bénéficiaires jusqu’aux mécaniciens de machine fixe, souligne pour sa part Richard Boissinot, président du Syndicat des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Il cite l’exemple de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec.

« En deux ans, ils sont passés de sept mécaniciens à trois, l’automne passé », lance-t-il.

Même son de cloche pour la réorganisation des cuisines. À Baie-Saint-Paul, 16 postes cherchent toujours preneurs.

« Les gens qui travaillent dans ces cuisines, dans une même journée, peuvent remplir deux ou trois emplois différents, explique-t-il. Du 24 décembre au 5 janvier, ils ont dû fermer la cafétéria. »

Le réseau de la santé doit redevenir un employeur de choix, estime la CSN. L’une des solutions proposées est de ramener la gestion plus près des gens.

« Les solutions centralisées et la gestion autoritaire, ça ne fonctionne pas », indique en conclusion Nicole Cliche, du Syndicat des professionnels et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale.