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Tennis: Jacques Hérisset accroche sa raquette après 45 ans

Il cède la direction de son académie à Sam Aliassime, le père de Félix Auger-Aliassime

Sam Aliassime serre la pince à Jacques Hérisset, qui a annoncé son départ de l’Académie de tennis, mercredi, après plus de quatre décennies à enseigner aux jeunes.
Photo Jean-François Desgagnés Sam Aliassime serre la pince à Jacques Hérisset, qui a annoncé son départ de l’Académie de tennis, mercredi, après plus de quatre décennies à enseigner aux jeunes.

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Figure de proue du tennis régional, Jacques Hérisset accroche sa raquette à l’âge de 76 ans.  

Sam Aliassime serre la pince à Jacques Hérisset, qui a annoncé son départ de l’Académie de tennis, mercredi, après plus de quatre décennies à enseigner aux jeunes.
Photo Jean-François Desgagnés

Propriétaire de l’Académie Hérisset Bordeleau qu’il avait lancée en compagnie de son partenaire Jacques Bordeleau, M. Hérisset était demeuré impliqué au moment de la vente, il y a un peu moins de deux ans, à Sam Aliassime, pour assurer la transition en douceur. Il a confirmé, mercredi, qu’il se retirait après 45 ans d’engagement. 

Sam Aliassime serre la pince à Jacques Hérisset, qui a annoncé son départ de l’Académie de tennis, mercredi, après plus de quatre décennies à enseigner aux jeunes.
Photo Jean-François Desgagnés

« L’Académie a le vent dans les voiles et le moment était venu de me retirer, a expliqué M. Hérisset, qui a débuté son école de tennis en 1975 au Club Montcalm avant de déménager ses pénates au Club Avantage, en 1980.  

Quand on a vendu à Sam, il y a près de deux ans, Serge Jacques [propriétaire du Club Avantage] souhaitait que j’assure la transition pendant un an ou deux. Sur le terrain, Sam était fin prêt, mais j’étais présent pour lui transmettre l’aspect administratif et la gestion du personnel. On voulait s’assurer que le lien entre l’Académie et le Club Avantage demeure serré. Je vais pouvoir passer plus de temps avec ma femme Sylvie et mon fils Antony. Je vais aller voir ces athlètes skier au Mont-Sainte-Anne dans deux semaines, ce que je ne pouvais pas faire souvent. » 

Souvenirs marquants 

Qu’est-ce qui a marqué le plus Jacques Hérisset au fil des ans ? « C’est quand je revois des anciens de l’Académie qui me disent que j’ai fait une différence dans leur vie. Les jeunes arrivent avec des rêves et on les aide à aller jusqu’au bout, a-t-il exprimé.  

À l’exception de Félix [Auger-Aliassime] qui a été développé par Sam, on n’a aucun champion de tennis, mais nous avons formé des champions dans la vie. Ça fait un petit velours et ça démontre que nous avons bien fait notre travail. En 30 ans du programme Sport-études, nous avons pratiquement zéro pour cent de décrochage. Le tennis est un véhicule incroyable. » 

« On fait un métier exceptionnel et tu dois être passionné, d’ajouter M. Hérisset, qui a été joaillier en compagnie de son père avant de se tourner vers le tennis, au grand dam du paternel, et d’ouvrir une boutique de tennis sur l’avenue Maguire. Jacques est aussi un passionné, tout comme Sam. » 

L’émergence de deux de ses protégés représente également un fait marquant de sa carrière. « Nous avons formé deux joueurs qui ont pris part à la Coupe Davis, a-t-il mentionné avec fierté. Réjean Genois a été 76e au monde et il a évolué 10 ans avec l’équipe canadienne en Coupe Davis. C’est quelque chose pour un petit gars de Loretteville. Richard Legendre a aussi connu un beau parcours qui l’a mené à la Coupe Davis. Les deux ont été élus au Panthéon des sports du Québec. » 

Visite inoubliable 

Entraîneur de Genois et Legendre à l’occasion du tournoi Rothmans qui a réuni à Québec quelques-uns des plus grands noms du tennis en 1972 et 1973, Jacques Hérisset avait reçu la visite d’Arthur Ashe alors qu’il tenait boutique à Sillery. Il avait également pratiqué en sa compagnie au PEPS. 

« Il était venu à la boutique pour faire corder ses raquettes, a rappelé M. Hérisset au sujet de la légende du tennis. Parce qu’il voulait vérifier le poids de ses raquettes, on s’était rendus chez le boucher pour les peser. » 

Un centre national dans la mire 

Sam Aliassime aurait aimé que son ami demeure impliqué dans l’Académie, mais il sait qu’il pourra encore compter sur ses conseils. 

« C’est difficile de le voir partir parce que tu ne peux pas prendre ta retraite quand tu es passionné, a souligné le propriétaire de l’Académie et paternel de Félix Auger-Aliassime. Même s’il ne sera plus là physiquement, il ne sera jamais plus loin qu’un coup de fil. C’est Monsieur tennis à Québec et il a mis une structure en place. Je lui dis merci pour tout. » 

Pas plus tard que mardi, Aliassime et Jacques Hérisset ont rencontré le maire Régis Labeaume pour lui faire part de leur projet de démarrer un centre national d’entraînement au parc Victoria. 

« Avec l’annonce de la retraite de Jacques, le maire doit penser que nous sommes des comédiens, a souligné Aliassime avec un grand sourire. Nous avons reçu un très bon accueil. Québec est une belle ville qui mise sur plusieurs atouts, mais elle est en retard sur le plan du tennis. On souhaite inclure un musée du tennis au centre national. » 

Tournoi junior ITF 

En remplacement de la Coupe Banque Nationale, Québec accueillera en septembre prochain un tournoi junior ITF.  

« On ne doit pas s’arrêter là et on souhaite présenter un tournoi Challenger dans le futur, mais on doit y aller une étape à la fois, a expliqué Aliassime. Félix ne sera pas impliqué pour débuter, mais le plan est qu’il soit le porte-parole dans deux ans quand le tournoi sera de plus haut niveau. Son rêve est qu’on travaille ensemble à l’Académie au moment de sa retraite. »