/sports/football
Navigation

Super Bowl LIV: une confrontation au sommet

Travis Kelce et George Kittle se vouent une grande admiration mutuelle

FBN-SPO-SUPER-BOWL-OPENING-NIGHT-PRESENTED-BY-BOLT24
Photo AFP George Kittle (à gauche) et Travis Kelce se sont échangé les compliments lors d’une entrevue réalisée devant des partisans lors de la soirée d’ouverture du Super Bowl, tenue au Marlins Park, lundi.

Coup d'oeil sur cet article

MIAMI | Les ailiers rapprochés attirent rarement l’attention au Super Bowl. Avec les personnalités flamboyantes et la production monstre de Travis Kelce et de George Kittle, il n’est toutefois pas étonnant que les deux joueurs ramènent à juste titre cette position clé à l’avant-plan de la confrontation attendue entre Chiefs et 49ers.  

• À lire aussi: Laurent Duvernay-Tardif n’est pas près d’arrêter de jouer au football  

Cette saison, Kelce a capté 97 passes pour 1229 verges et cinq touchés. Il a joué un rôle instrumental pour les Chiefs dans les présentes séries avec 13 autres attrapés pour 164 verges et trois touchés.   

Kittle est pour sa part plus discret en séries (quatre réceptions) puisque les 49ers ont mis un fort accent sur le jeu au sol, un aspect sur lequel il contribue grandement à titre de superbe bloqueur. Il a de nouveau prouvé durant la saison que ses habiletés athlétiques sont redoutables avec 85 réceptions pour 1053 verges et cinq touchés.   

Si le rendement des deux costauds gaillards fait écarquiller les yeux, il est facile d’en dire autant de leur bonhomie. Dans une ère où les athlètes soignent leur image de marque, Kelce et Kittle détonnent en éprouvant un plaisir manifestement contagieux sur le terrain et en dehors, comme ils l’ont démontré en cette semaine du Super Bowl sous les projecteurs.   

«En plus d’être la plus grande menace du football dans la zone des buts, il est facile de voir à quel point Travis joue avec passion et combien il a du plaisir sur le terrain. Il a élevé la barre pour démontrer à quel point un ailier rapproché peut être important», a louangé Kittle au sujet de son rival à la même position.   

George Kittle
Photo AFP
George Kittle

Pas des premiers choix  

Pas surprenant que les deux adversaires aient passé les derniers jours à se lancer des fleurs. Tous les deux ont dû trimer pour faire leur place. Kelce s’est avéré une trouvaille pour les Chiefs en troisième ronde du repêchage de 2013, au 63e rang. Kittle est quant à lui un vol magistral des 49ers, qui l’ont sélectionné en 146e position, lors de la cinquième ronde, en 2017.   

La persévérance que ce dernier démontre sur le terrain en refusant obstinément de visiter le plancher a donc été mise à rude épreuve avant même son premier jeu dans la NFL.   

«George est un joueur incroyable. J’adore le voir jouer. Ce que j’admire le plus, c’est sa ténacité. Il ne prend aucun jeu off. Son approche, c’est quelque chose à voir», a salué Kelce.   

Travis Kelce
Photo AFP
Travis Kelce

Une longue admiration  

Pour Kittle, c’est lors du passage à l’Université de l’Iowa que l’admiration à l’endroit de son opposant au Super Bowl a pris racine.   

Il estime avoir peaufiné l’ensemble de son jeu en étudiant des vidéos de Kelce, qui faisait déjà des ravages dans la NFL.   

«Mon entraîneur de position trouvait qu’on jouait de manière semblable et il voulait que je l’observe. J’ai été frappé de voir à quel point il excellait sur différents tracés, mais aussi comment il s’amusait sur le terrain. Ça m’a convaincu que c’était possible de jouer avec le même entrain chez les professionnels», a mentionné la machine des 49ers.   

La saison dernière, Kittle a explosé avec une récolte de 1377 verges, battant ainsi le record de Kelce — à peine vieux d’une heure — à la position.   

Kelce n’a pas hésité, bon prince, en fin de campagne, à lui remettre son chandail avec un message personnalisé. «Tu es une bête absolue ! Ne perds jamais ta personnalité et continue d’apprécier la vie», a-t-il écrit à même son numéro 87 dédicacé.   

Si les deux attaques aériennes se lâchent lousses dimanche, les deux larrons devraient produire des flammèches. «Ça me rend fier de voir autant de talent à la position. Le fait que nous soyons deux très bons ailiers rapprochés au Super Bowl, c’est important», a conclu Kittle.   

Un leader généreux de son temps  

Foi de Laurent Duvernay-Tardif, le Travis Kelce expressif et enjoué que les gens épient à la télévision est exactement le même qu’il côtoie dans la vie de tous les jours.   

Le Québécois parle en connaissance de cause. Les deux sont pratiquement voisins dans un édifice à condos du centre-ville de Kansas City et à leur sixième saison ensemble chez les Chiefs, ils ont tissé des liens depuis un bon moment déjà.   

Si plusieurs identifient le quart-arrière Patrick Mahomes et le maraudeur Tyrann Mathieu comme les principaux leaders vocaux de l’équipe, aux yeux de Duvernay-Tardif, il est impensable de ne pas ajouter Kelce à la liste.   

Dès qu’il a été appelé à parler de son coéquipier et ami, mercredi, son regard s’est illuminé et il a échappé un rire amusé. «Le Trav que tu vois dans les médias, c’est le Trav que je côtoie au quotidien. C’est un autre grand leader dans notre vestiaire. Quand tu fais partie de ce vestiaire, tu es tout de suite dans sa clique.   

«Ce n’est pas le genre de gars que tu vas reconduire chez lui sans entrer et passer du bon temps en sa compagnie. Il a beaucoup d’entregent», a affirmé Duvernay-Tardif.   

Un joueur sollicité  

Ce qui impressionne le plus le joueur de ligne offensive, c’est qu’en dépit de ses airs de dur, Kelce est le premier à se laisser attendrir quand vient le temps de s’investir pour une bonne cause.   

«Malgré le nombre incroyable de sollicitations, il prend toujours le temps, il est généreux.   

«J’ai eu la chance de faire venir des gens de la Fondation Make a Wish à Kansas City en octobre. La première chose qu’il a faite est de venir sur le terrain avec ses gants signés et son chandail. Il a parlé aux jeunes, il a pris du temps et je lui avais à peine demandé le long des lignes de côtés. Il trouve toujours l’énergie pour faire plaisir aux gens», a-t-il cité en exemple.   

Le jeu des comparaisons  

De toute évidence, cette bataille des ailiers rapprochés, même si les deux sont de fervents admirateurs l’un de l’autre, fera vibrer leur fibre compétitive. Duvernay-Tardif ne parierait pas contre Kelce.   

«C’est le genre de situation dans laquelle Travis performe bien. C’est un vrai joueur de football dans l’âme, un naturel qui est à son meilleur dans les situations stressantes. Jusqu’à maintenant, il a toujours bien répondu dans ces moments-là.»   

SAVIEZ-VOUS QUE...   

  • Le Super Bowl 54 sera le premier qui opposera deux ailiers rapprochés ayant amassé au moins 1000 verges durant la saison.   
  • Selon NextGen Stats, quand Kittle est sur le terrain, les 49ers montrent une moyenne de 5,6 verges par course à l’extérieur, contre 3,3 verges quand il n’est pas sur le jeu.   
  • Travis Kelce est l’unique ailier rapproché dans l’histoire à avoir enregistré quatre saisons de suite avec au moins 1000 verges de gains.      

Goodell parle de Toronto  

Le point de presse annuel du commissaire Roger Goodell lors de la semaine du Super Bowl est la plupart du temps un ramassis de clichés. Hier, il a notamment réitéré que les Patriots, soupçonnés d’avoir espionné par vidéo les Bengals cette saison, feront l’objet d’une «enquête exhaustive». Parmi les rares sujets qui sortaient du lot habituel, Goodell a notamment été questionné sur l’intérêt potentiel de la ligue pour une franchise éventuelle à Toronto. «Ça pourrait certainement être une bonne ville pour accueillir une équipe de la NFL. Mais un stade répondant aux standards de la NFL sera un élément important», a dit le grand manitou du circuit, qui semblait beaucoup plus tourné vers Londres dans les dernières années.   

La capitale des croisières  

Chaque mardi durant la semaine du Super Bowl, les médias sont conviés à une soirée qui met en valeur un atout majeur de la ville hôtesse. Cette année, le «party des médias» avait lieu au port de Miami, ville qui se targue d’être «la capitale mondiale des croisières». Selon les plus récentes données, pas moins de 5,5 millions de personnes passent chaque année via l’un des sept terminaux sur place. L’industrie des croisières serait responsable de 334 500 emplois et de retombées économiques de 43 milliards pour l’État de la Floride. On a pu constater mardi que l’endroit peut aussi se transformer en un énorme site festif avec vue sur le centre-ville de Miami reflétant à la surface de l’eau. Seule ombre au tableau : la navette à 6 h le lendemain matin pour les disponibilités médiatiques des Chiefs. Le sens du devoir a le don de freiner tout élan !   

Tyreek Hill l’olympien ?  

En début de semaine, le coordonnateur défensif des 49ers, Robert Saleh, soulignait la vitesse notoire des receveurs des Chiefs en mentionnant avec humour que ce groupe avait tous les airs d’une équipe olympique de course à relais. L’explosif receveur Tyreek Hill l’a pris au mot, allant même jusqu’à dire qu’il aimerait même tenter de se qualifier en athlétisme cet été aux Jeux de Tokyo. «J’espère essayer après la saison, si je suis en santé et dans un bon état d’esprit. La seule chose, c’est que je pèse 195 livres en ce moment. Quand je courais 9,9 secondes (sur 100 m) au secondaire, je pesais 175 livres. Il faudrait donc que je change tout le régime.»