/misc
Navigation

Bernie Sanders est-il le prochain Trump ou le prochain McGovern?

Bernie Sanders est-il le prochain Trump ou le prochain McGovern?
AFP

Coup d'oeil sur cet article

On vote, lundi en Iowa, et le nom de Bernie Sanders figure au premier rang de bien des sondages.  

L’histoire politique américaine regorge d’exemples de rebelles qui ont tenté d’imposer des changements majeurs ou qui ont proposé des manières différentes de faire les choses. Ces hommes, parfois des femmes, qui ont porté l’idée du changement sont rarement parvenus à représenter un des deux grands partis politiques lors d’une élection présidentielle en raison du caractère radical de leurs propositions.   

Dans l’histoire récente, deux exemples intéressants de ces candidats rejetés par l’establishment peuvent nourrir la réflexion sur les risques, présumés ou réels, d’une victoire de Bernie Sanders chez les démocrates.  

L’exemple le plus près de nous est celui de Donald Trump. Je me souviens très bien qu’au moment où il a annoncé sa candidature, très peu d’analystes et de politiciens républicains prenaient sa candidature au sérieux. On se montrait satisfait que sa seule présence gonfle les cotes d’écoute des premiers débats télévisés entre les dix-sept candidats et on considérait, bien souvent, qu’il allait quitter la course lorsque les choses se corseraient.  

Nous connaissons très bien la suite. En misant sur son statut d’outsider, de candidat prêt à lutter contre les élites, Donald Trump a créé un mouvement qui lui a permis de s’imposer au sein de son parti, puis lors de l’élection présidentielle.  

Non seulement a-t-il accédé au pouvoir, mais le procès en destitution qui pourrait connaître son dénouement demain démontre à quel point le Parti républicain, d’abord réfractaire à sa candidature, se range maintenant derrière lui contre vents et marées. Bernie Sanders peut-il reproduire un tel succès en s’appuyant sur l’enthousiasme et la mobilisation de ses partisans? L’establishment démocrate est loin d’en être convaincu.  

Il faut ajouter qu’au sein du Parti démocrate, on se souvient encore trop bien d’un autre épisode douloureux d’un candidat que les dirigeants de la formation politique auraient préféré éviter. Quand on voit Sanders, on pense à George McGovern.  

McGovern, en son temps, fut considéré comme un progressiste. Il apparaît sur le radar lors de la campagne 1972. À cette époque, les démocrates ont en tête le départ de Lyndon Johnson en 1968, les divisions internes lors de la campagne électorale de la même année (marquée par l’assassinat de Robert Kennedy) et la défaite face à Richard Nixon.  

McGovern est le sénateur d’un État peu populeux (Dakota du Sud), un héros de guerre et un populiste efficace. Il parviendra à rallier ceux et celles qui remettent en question les élites, écartant au passage les favoris des stratèges. On avance même que McGovern aurait profité de certaines magouilles de l’équipe de Nixon. Les partisans de Nixon craignaient moins McGovern que les autres candidats démocrates.   

En 1972, Nixon ne fera qu’une bouchée de McGovern en s’attaquant à ses mesures ambitieuses, comme l’amnistie pour ceux qui avaient évité le Vietnam ou un revenu minimal pour les Américains les plus pauvres. En dénonçant le caractère irréaliste des promesses du candidat démocrate et en le ridiculisant, les républicains remporteront tous les États à l’exception du Maine et du District of Columbia.  

Sanders serait-il un Trump ou un McGovern? Je ne le sais pas, mais vous comprenez peut-être mieux pourquoi les dirigeants du parti espèrent la victoire d’un candidat ou d’une candidate plus conventionnel(le).  

Si le sujet vous intéresse, cliquez ici pour être redirigé vers un article de David Corn.