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Le lien de la réconciliation

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Avec cette nouvelle mouture du troisième lien, le gouvernement Legault marque un coup de génie.  

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Depuis des mois, toute personne censée pouvait se demander comment le ministre François Bonnardel – et le gouvernement caquiste – ferait pour se sortir du bourbier dans lequel il venait de s’enfoncer en optant pour un tunnel dans l’est. La réponse est venue hier.  

Avec ce lien totalement repensé, le gouvernement et son ministre gagnent plusieurs points. Ils respectent leur promesse dogmatique de construire un troisième lien, mais s’extirpent du pétrin qu’impliquait l’aménagement d’un tunnel dans un secteur très peu achalandé.  

Plus logique  

Dans l’est, le projet était très peu favorable au transport en commun, on devait creuser dans des sols instables, et on provoquait l’étalement urbain.  

C’était un projet sorti tout droit des années 60, soutenu par des radios privées de Québec et par le maire de Lévis, mais qui n’avait rien de logique ni d’inspirant.  

Il en aurait résulté un tel gaspillage de fonds publics qu’il était impossible d’imaginer que le gouvernement puisse aller de l’avant.  

En faisant ainsi volte-face, avec un nouveau tracé qui reliera les centres-villes de Québec et Lévis, le gouvernement Legault s’engage sur la bonne voie. Ainsi, le nouveau troisième lien reçoit enfin l’aval essentiel du maire de Québec, ville locomotive de la région. Malgré tout ce que pouvait fabuler Gilles Lehouillier, cet appui était essentiel pour justifier le projet.   

Or, Régis Labeaume a toujours dit qu’il souhaitait d’abord voir quel serait le « gain net » pour sa ville. Avec ce nouveau tracé situé au centre ouest, qui s’arrime avec le réseau de transport structurant de la ville, il ne peut qu’être d’accord. Ce faisant, les opposants au tramway devront se raviser, comme le troisième lien y sera lié.  

En plus d’assurer une interconnexion entre les rives, le nouveau lien offre de plus une place de choix au transport en commun, dans un secteur achalandé. On ne peut qu’applaudir là aussi, et se dire que le fédéral sera cette fois enclin à embarquer.   

Nombreuses questions  

Pour le reste, comme le gouvernement n’a même pas encore présenté son projet, il y a lieu de demeurer prudent. Plusieurs questions demeurent en suspens. Au premier chef, on peut se demander comment on fera pour gérer le trafic supplémentaire ainsi généré au centre-ville de Québec.   

Il y a d’ailleurs lieu de souligner le très piètre plan de communication du gouvernement. Celui-ci a choisi de couler des bribes du projet à différents médias, plutôt que de convoquer l’ensemble des journalistes à une conférence de presse.   

À l’heure où l’on critique à tout vent la piètre performance de la Ville pour son réseau, il aurait été avisé de procéder de façon formelle. Le ministre aurait ainsi pu présenter le projet dans le détail, en plus de répondre aux questions.   

Le gouvernement Couillard et la Ville avaient pris soin de présenter le projet de tramway, avec 10 ans de réflexion et une étude de faisabilité. Or, aucune étude sur un troisième lien n’a été présentée et un flou persiste.  

Dire que des opposants au tramway ont prétendu que le projet avait été préparé sur un bout de napkin...