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Centres d’hébergement: l’Armée du Salut cherche toujours des solutions

Centres d’hébergement: l’Armée du Salut cherche toujours des solutions
Photo d'archives, Agence QMI

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Au lendemain de son annonce signalant la fermeture de ses deux établissements de Québec pour personnes en difficulté, qui aura lieu le 31 juillet, l’Armée du Salut cherchait toujours un plan de sauvetage. 

L’Armée du Salut a besoin de 650 000$ annuellement pour continuer à opérer l’Hôtellerie pour hommes et la Maison Charlotte. Cette dernière offre 18 lits pour les femmes en difficulté. L’Hôtellerie dispose de 60 lits, dont 12 pour les situations d’urgence. 

Au total, ces établissements ont offert 28 000 nuitées en 2019 a précisé l’organisme.  

«Nous sommes un organisme à charte fédérale, notre conseil d’administration est à Toronto. Comme cela ne correspond pas aux règles du Québec, nous n’avons pas droit aux subventions du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC)», explique Brigitte St-Germain, responsable des relations publiques de la division de Québec de l’Armée du Salut. 

La possibilité de créer un C.A. québécois a déjà été envisagée, révèle Mme St-Germain, mais cela amenait à créer une exception dans la structure d’un organisme international. 

«Ce n’est pas d’hier qu’on cherche une solution. C’est comme dire que le contenant est plus important que le contenu. Notre mission, notre façon de faire, notre programme correspondent aux règles, notre raison d’être n’est pas contestée, mais comme notre structure ne correspond pas, on nous prive de centaines de milliers de dollars», se désole Mme St-Germain. 

Financement 

«Les résidents payent des frais minimes et nous avons aussi des dons dirigés directement vers ces établissements. Ce que l’on n’a pas du gouvernement du Québec, c’est environ 650 000 $, le montant que l’Armée du Salut doit débourser pour faire rouler les deux centres d’hébergement», fait-elle remarquer.  

«Nous avons de l’aide de la Ville de Québec, mais c’est plutôt dirigé vers les banques alimentaires, les services d’aide à la famille, aux immigrants. Nous avons beaucoup travaillé, au cours de la dernière année, avec la Ville, le CIUSSS et la Société d’habitation du Québec (SHQ) pour trouver une solution, mais nous avons besoin d’une aide récurrente», avance Mme St-Germain. 

La solution se trouverait donc du côté d’un organisme communautaire qui reprendrait la mission des deux établissements. 

«Avec un conseil d’administration au Québec, ils vont être admissibles au PSOC. Mais l’idéal, pour nous, serait d’avoir accès à ce programme et de continuer à gérer les deux établissements. Nous avons une expertise qui n’est pas à négliger», estime-t-elle. 

L’Armée du Salut gère l’Hôtellerie pour hommes depuis 1958 et la Maison Charlotte depuis 21 ans. Mais l’organisme a de plus en plus de difficultés à récolter des dons, ce qui explique son incapacité à poursuivre ces deux activités. 

«La collecte de fonds est plus difficile qu’elle ne l’était. Tous les organismes vont vous le dire. Il y a aussi le vieillissement des donateurs. Nous avions des gens qui donnaient depuis la Deuxième Guerre mondiale. Toutes les causes sont bonnes, mais il y a 20, 30 ou 40 ans, il y avait beaucoup moins d’organismes à but non lucratif», analyse Mme St-Germain. 

De l’espoir 

Le cri du cœur de l’Armée du Salut pourrait cependant avoir été entendu. 

«Nous sommes en train d’étudier différents scénarios très intéressants avec les partenaires pour l’hébergement des personnes en situation d’itinérance. Plusieurs belles annonces s’en viennent très prochainement», a précisé vendredi Annie Ouellet, agente d’information du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale. 

Les CIUSSS sont responsables de distribuer aux organismes l’argent du PSOC.