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Manque de bras dans la construction

L'industrie de la construction à Québec frappée de plein fouet par la pénurie de main-d’œuvre

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Les projets s’annoncent nombreux dans la construction dans la région de Québec, avec le tramway et le troisième lien. Ce qui le sera moins, c’est la main-d’œuvre pour les réaliser. Selon l’Association de la construction du Québec (ACQ), il manquera en moyenne plus de 1500 travailleurs par année pour répondre à la demande. 

C’est tout un casse-tête qui attend les entrepreneurs qui subissent déjà la pénurie de main-d’œuvre. Selon l’ACQ, 61 % d’entre eux refusent actuellement des contrats et plus de la moitié (58 %) affichent des retards dans la livraison des projets.

Selon les résultats d’une étude, il manquera en moyenne près de 20 000 travailleurs par année au cours des dix prochaines années dans l’industrie pour l’ensemble du Québec, incluant plus de 1500 travailleurs pour la région de Québec uniquement.

Certains métiers comme briqueteur-maçon, carreleur, mécanicien d’ascenseur, opérateur d’équipement lourd, peintre et soudeur sont déjà en situation de pénurie dans la région.

Si on regarde de plus près, en 2019, il aurait fallu 2100 travailleurs de plus dans la région de Québec pour arriver aux moyennes d’heures travaillées au cours des dix dernières années. Malgré une diminution de la demande au cours des trois prochaines années, l’ACQ estime qu’il y aura tout de même un manque à gagner de plus de 1200 travailleurs en 2023, alors qu’en 2028, ce sont près de 2500 travailleurs de plus qui seront nécessaires dans la région en tenant compte des projets prévus ou annoncés.

Un nouveau record  

Toujours en 2019, ce sont 177 millions d’heures qui ont été travaillées au Québec dans l’ensemble des métiers soumis à une convention collective, ce qui pulvérise le record de 2012, alors que l’on comptait 165 millions d’heures travaillées.

« Déjà, les entrepreneurs vivent les impacts de la pénurie de main-d’œuvre. Les petites entreprises sont affectées, mais les grosses également. Au-delà des retards, on refuse littéralement des contrats parce qu’on n’a pas la main-d’œuvre », affirme Guillaume Houle, porte-parole de l’ACQ.

Certains projets pourraient également coûter beaucoup plus cher à réaliser, reconnaît M. Houle.

« Effectivement, si on n’a pas la main-d’œuvre nécessaire pour les réaliser, il faut payer des heures supplémentaires. Ce temps-là va être calculé dans les soumissions », a-t-il affirmé.

L’ACQ admet que la situation est maintenant plus problématique que jamais et que les entrepreneurs en construction vivent difficilement avec les conséquences de cette pénurie.