/news/currentevents
Navigation

Un pimp trahi par des textos compromettants à sa victime

Un proxénète a été reconnu coupable, même si sa victime refusait de témoigner

Tommy Agnant-Perreault
Photo d’archives Peu après sa sortie de prison, Tommy Agnant-Perreault s’est mis en scène dans un vidéoclip publié sur internet cet été, dans lequel il exhibe une liasse d’argent, posté devant le centre de détention Rivière-des-Prairies où il venait de séjourner.

Coup d'oeil sur cet article

Un proxénète récidiviste, trahi par des textos incriminants où il exigeait des comptes à sa victime, a été déclaré coupable, même si la jeune femme refusait de témoigner contre lui.

« C’est moi qui gère les choses, c’est mon argent », a notamment écrit à sa victime Tommy Agnant-Perreault pour lui rappeler qu’elle devait lui remettre tous ses gains provenant de clients.

Pour la deuxième fois en deux ans, l’homme de 22 ans vient de plaider coupable à des accusations liées au proxénétisme. 

Condamné à un an et demi de détention en janvier 2018 pour avoir exploité cette même jeune femme, Agnant-Perreault avait gardé une emprise totale sur cette dernière, même derrière les barreaux. Elle a été contrainte de lui remettre de l’argent afin de payer sa cantine en prison, ainsi que ses frais d’avocat. 

À sa sortie de prison en juin dernier, il était allé habiter chez elle, même si une ordonnance le lui interdisait.

Rappeur à ses heures, il avait même filmé puis publié un vidéoclip compromettant sur internet dans lequel plusieurs scènes avaient été captées devant la prison, mais aussi dans le logement de cette victime avec qui il ne pouvait être en contact.

Dès les premiers instants de leur cohabitation cet été, la jeune femme a été obligée de lui remettre tout l’argent qu’elle gagnait en se prostituant.

Dette bidon

Parce que, selon l’accusé, elle a envers lui une dette bidon d’« un an et demi de salaire », soit le temps qu’il a passé en détention « à cause d’elle », lit-on dans le résumé des faits déposé au dossier de cour.

En septembre, la relation entre la victime et l’accusé s’est rapidement détériorée. 

Les policiers de Longueuil ont une fois de plus arrêté l’accusé pour proxénétisme, après que la même victime a de nouveau porté plainte contre lui.

Mais peu après que des accusations avaient été déposées contre Agnant-Perreault, la victime s’était pointée au palais de justice en panique, réclamant que sa plainte soit retirée. Elle avait fait une scène en pleine salle d’audience, affirmant avoir menti pour se venger de lui.

Fait rare, l’accusé a néanmoins été reconnu coupable d’avoir forcé sa victime à se prostituer, même si cette dernière refusait maintenant de témoigner contre lui. 

Textos compromettants

C’est que des messages textes échangés entre l’accusé et sa victime prouvaient l’emprise que l’homme avait sur elle, mais aussi qu’elle était forcée de lui remettre tous ses revenus provenant de la prostitution. 

Il est rare, mais pas impossible, de faire condamner un proxénète sans le témoignage crucial de sa victime, a expliqué la procureure de la Couronne au dossier, Me Ève Malouin. 

« En droit criminel, il est possible de mettre en preuve une déclaration d’un témoin, même si celui-ci se rétracte, lorsque les éléments importants de sa déclaration présentent des indices suffisants de fiabilité, notamment lorsqu’ils sont corroborés par d’autres éléments de preuve », a-t-elle expliqué, en faisant référence dans ce cas-ci aux messages textes.