/news/politics
Navigation

Sondage: impossible de battre Trudeau sans un chef bilingue

Même pour une majorité de Canadiens anglais, le futur chef conservateur devra parler français

Coup d'oeil sur cet article

Sans chef bilingue, point de salut pour le Parti conservateur. C’est le constat implacable d’un sondage Léger–Le Journal dont vous pouvez lire, ce matin, les faits saillants.  

 • À lire aussi: MacKay déjà plus à l’aise en français  

• À lire aussi: Allô Peter! Allô Erin!  

La question du bilinguisme du prochain leader des conservateurs a marqué le début de la course au leadership du parti. Surtout depuis le désistement des deux seuls candidats potentiels d’envergure qui maîtrisent le français, Jean Charest et Pierre Poilièvre.          

Mais surtout, depuis le lancement de campagne raté, samedi dernier, du meneur dans la course, Peter MacKay, dont le français laisse à désirer.          

Son principal adversaire, l’Ontarien Erin O’Toole, n’est pas plus bilingue que lui, du moins pas encore.           

Ils feraient mieux, tous les deux, de s’y mettre, et vite, s’ils souhaitent un jour se hisser jusqu’aux plus hautes fonctions.          

Notre coup de sonde révèle qu’une majorité de Canadiens sont attachés au bilinguisme officiel. Et qu’une majorité, aussi, croit que leur premier ministre devrait l’être.          

Ce sentiment est plus fort au Québec, en Ontario et dans les Maritimes.          

S’ils souhaitent prendre le pouvoir, ils doivent faire des gains... au Québec, en Ontario et dans les Maritimes...          

Meneur  

Peter MacKay semble avoir compris le message. Son entourage admet qu’il serait, pour l’instant, incapable de participer à un débat des chefs. Mais il fait des efforts considérables afin de s’améliorer, dit-on, à raison d’une à deux heures de cours de français par jour, cinq jours par semaine.          

De passage hier à Montréal, M. MacKay ne s’est pas défilé face aux caméras des journalistes. C’est un bon début. Le coup de sonde confirme sa domination dans la course à la direction du parti.          

L’avocat de la Nouvelle-Écosse mène le bal avec 28 % des intentions chez les répondants. Suivent, très loin derrière, Michelle Rempel Garner (4 %), Erin O’Toole (3 %) et Marilyn Gladu (2 %).          

L’Albertaine Rempel n’est pas officiellement dans la course. Elle semble toutefois y réfléchir sérieusement. Mme Rempel a alimenté le débat sur le bilinguisme du prochain chef récemment, en se plaignant que cette question prenait trop de place, elle qui ne parle pas un mot de français.          

Un collègue pourrait peut-être lui traduire notre sondage afin d’alimenter sa réflexion et celle des autres candidats unilingues qui songeraient à se lancer dans la course.          

Le sondage Léger–Le Journal  

Est-ce que le prochain chef conservateur doit être bilingue, c’est-à-dire être capable de s’exprimer en anglais et en français ou ce n’est pas nécessaire qu’il soit bilingue ?  

Peter MacKay, candidat
à la chefferie du Parti conservateur
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Peter MacKay, candidat à la chefferie du Parti conservateur

Ce que pensent les électeurs à l'échelle canadienne:  

  • Bilingue: 62 %   
  • Pas nécessaire d’être bilingue: 35 %   
  • NSP / Refus: 3 %    

Ce qu'en pensent les électeurs dans différentes provinces et régions du Canada: 

Pas bilingue, pas au pouvoir  

Sans surprise, les Québécois se révèlent très attachés (92 %) à l’idée que leur premier ministre fédéral puisse s’exprimer correctement dans leur langue.Un sentiment que partagent de nombreux Canadiens ailleurs au pays (63 %). On est majoritairement de cet avis même dans les Prairies.          

Cet attachement n’est pas que symbolique. Il a de vrais effets sur les intentions de vote.          

Selon notre coup de sonde, les appuis au Parti conservateur dirigé par un unilingue fondraient comme neige au soleil au Québec.          

Cet appui peinerait à dépasser les 10 %. Résultat : l’écart avec le Bloc québécois passerait de 14 % à 22 %.           

Le ressac serait également pénible en Ontario, la province la plus riche en sièges.          

La pente serait encore plus abrupte pour les conservateurs sans un chef bilingue, avec un écart de 11 points sur les libéraux dans ce contexte.           

Or, c’est justement dans ces deux provinces, la Québec et l’Ontario, où les conservateurs doivent faire des gains s’ils souhaitent prendre le pouvoir.          


Si des élections fédérales avaient lieu et que le chef du parti conservateur du Canada n’était pas bilingue, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter ? Serait-ce pour... ?   

*Avant répartition des indécis  

Au Canada  

Justin Trudeau,
premier ministre
Photo d'archives, AFP
Justin Trudeau, premier ministre
  • PLC: 30 %   
  • PCC: 19 %   
  • NPD: 16 %   
  • BLOC: 7 %   
  • VERT: 6 %   
  • AUTRES: 2 %   
  • NE VOTERA PAS: 3 %   
  • VOTE ANNULÉ: 1 %   
  • NE SAIT PAS: 14 %   
  • REFUS: 2 %    

Au Québec  

Yves-François Blanchet,
chef du Bloc québécois
Photo d'archives, Agence QMI
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois
  • PLC: 27 %   
  • PCC: 7 %   
  • NPD: 10 %   
  • BLOC: 29 %   
  • VERT: 4 %   
  • AUTRES: 2 %   
  • NE VOTERA PAS: 4 %   
  • VOTE ANNULÉ: 3 %   
  • NE SAIT PAS: 13 %   
  • REFUS: 3 %    

Selon vous, est-ce que les personnes qui occupent les fonctions suivantes devraient obligatoirement être bilingues ?   

  • Le premier ministre du Canada: 69 %   
  • Le juge de la Cour suprême du Canada: 65 %   
  • Les hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral: 60 %   
  • Les juges: 45 %   
  • Le premier ministre d’une province du Canada: 44 %   
  • Les policiers: 36 %   
  • Les médecins: 28 %   
  • Les employés de Postes Canada: 25 %    
Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

  

Attachés au bilinguisme  

Les Québécois sont évidemment les champions toute catégorie de l’attachement au bilinguisme.          

Que ce soient pour les facteurs ou les policiers, la maîtrise des deux langues officielles devrait être exigée selon une majorité d’entre eux.          

Fait notable, le bilinguisme devient moins important en fonction de la proximité du fonctionnaire.          


Actuellement, le Canada a deux langues officielles, l’anglais et le français. Devrait-on maintenir le statut des deux langues officielles ou est-ce que la seule langue officielle du Canada devrait être l’anglais ?   

  • Maintenir le statut bilingue: 66 %   
  • L’anglais comme langue officielle: 29 %   
  • NSP / Refus: 5%    

Deux langues officielles  

L’idée que le Canada comporte deux langues officielles semble bien enracinée aux quatre coins du pays. Il s’agit ici d’un autre signe qu’un parti politique fédéral ayant à sa tête un chef unilingue partirait avec une prise contre lui.          

 Une bonne partie de la population canadienne estime néanmoins que le pays ne devrait avoir qu’une seule langue officielle, l’anglais. Ces derniers sont concentrés dans les terres conservatrices des Prairies.          

Peu de changements  

Jagmeet Singh, chef du
Nouveau Parti démocratique
Photo d'archives, Sarah Bélisle
Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Les intentions de vote ont peu bougé depuis les élections d’octobre. Les libéraux (34 %) ont repris la tête de peu devant les conservateurs (32 %). Mais nous sommes loin d’une lune de miel.          

Les NPD (19 %) prend quant à lui du mieux pendant que le Bloc (7 %) se maintient.          

Bref, si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui, les Canadiens éliraient probablement encore une fois un gouvernement minoritaire.          


MÉTHODOLOGIE   

  • Sondage Web, à l’aide de la technologie d’interview Web assistée par ordinateur (CAWI), du 29 au 30 janvier 2020 / 1501 Canadiens, âgé(e)s de 18 ans ou plus, recrutés aléatoirement à partir du panel en ligne de LEO          
  • À l’aide des données du recensement de 2016 les résultats ont été pondérés selon l’âge, le sexe, la langue maternelle et la région afin de garantir un échantillon représentatif de la population          
  • Une marge d’erreur ne peut pas être associée à un échantillon non probabiliste (panel web dans ce cas-ci). À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 1501 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 2,53 % et ce, 19 fois sur 20          
  • Les résultats présentés dans cette étude sont conformes aux standards en matière de recherche sur l’opinion publique et aux exigences de divulgation du CRIC