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Tragédie techno

Le Projet HLA mélange théâtre et musique électronique

Le Projet HLA
Photo courtoisie, David Mendoza Helaine L'actrice Nancy Bernier lors du laboratoire présenté en novembre 2018 au Théâtre Périscope.

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En 2005, l’acteur et metteur en scène Guillaume Pepin rompt les liens avec ses parents Témoins de Jéhovah et déménage à Québec. Il tombe, lors d’une visite dans une librairie de la côte de la Fabrique, sur un livre qui lui rentre dedans et qu’il mettra en scène 15 ans plus tard.

Ce livre vivra, à partir de mardi, dans l’intimité du Studio Marc-Doré du Théâtre Périscope. 

« Le Projet HLA mélange théâtre et spectacle de musique électro. Ça ressemble un peu à un gros vidéoclip sur scène avec des performances d’acteurs », a décrit Guillaume Pepin, lors d’un entretien.

Le texte de l’auteur français Nicolas Fretel plonge dans une tragédie familiale où une mère et son fils ont décidé de tuer un mari et un père très violent. Un père traumatisé par son propre père.

Transmission du bagage émotif

« Ça se déroule lors d’un souper, un an après le meurtre. Ils ont voulu se débarrasser de lui pour se libérer et ils se retrouvent encore pris là-dedans. Ils se rappellent le passé et les traumatismes qu’ils ont vécus. La pièce aborde l’idée de la transmission du bagage émotif dans laquelle on est incapable de sortir et qui est difficile à se défaire », a-t-il raconté.

Le texte et le déroulement de l’histoire sont construits comme une pièce musicale avec des couplets et des refrains qui reviennent en boucle. Des éléments répétitifs que l’on retrouve à travers les éclairages et dans les musiques composées par Étienne Lambert.

L'acteur Vincent Nolin-Bouchard lors du laboratoire présenté en novembre 2018 au Théâtre Périscope.
Photo courtoisie, David Mendoza Helaine
L'acteur Vincent Nolin-Bouchard lors du laboratoire présenté en novembre 2018 au Théâtre Périscope.

« La scène où le meurtre a été commis est le refrain. Un refrain qui revient et où de nouvelles informations s’ajoutent et font avancer l’histoire. Cela amène des répétitions et un rythme qui s’installe », a expliqué Guillaume Pepin.

Famille traumatisée

L’acteur et metteur en scène avait été happé par cette histoire lorsqu’il est tombé sur ce livre dans la défunte Librairie Générale française. Il s’est rapidement identifié au personnage du fils. 

« J’ai décidé, un jour, de mettre un terme à ma relation avec ma famille Témoin de Jéhovah, de tuer une partie de ma vie et passer à autre chose. C’est pour cette raison que je suis déménagé à Québec. J’étais flabbergasté par la découverte de cette œuvre avec des liens, sans la violence et les meurtres, qui étaient si proches de moi. Cette histoire de famille traumatisée me parlait. J’étais en plein là-dedans », a-t-il raconté. 

Mélomane aguerri, l’acteur et metteur en scène a aussi été séduit par le thème, la forme et une écriture sous la forme d’une partition de musique électronique. Il a voulu mettre en valeur ce côté de cette œuvre. 

« C’était tellement proche de moi, et je savais que j’étais, un jour, pour monter ce texte », a-t-il mentionné.  

Guillaume Pepin, acteur et metteur en scène.
Photo courtoisie, Atwoodn
Guillaume Pepin, acteur et metteur en scène.
  • Le Projet HLA est présenté du 4 au 22 février au Studio Marc-Doré du Théâtre Périscope.

La cartomancie du territoire : périple au cœur de la douleur

La cartomancie du territoire est une incursion poétique et cinématographique au cœur des réalités des Premières Nations.
Photo Jean-François Desgagnés
La cartomancie du territoire est une incursion poétique et cinématographique au cœur des réalités des Premières Nations.

Il y a, dans La cartomancie du territoire, des moments de poésie et des images impressionnantes et d’une immense beauté. Il y a aussi une réalité puissante, troublante, brutale et qui frappe avec force.

À l’affiche jusqu’au 8 février, au Théâtre Périscope, la création de Philippe Duclos est un objet brutal qui nous explose en pleine face.

La cartomancie du territoire aborde la réalité des réserves autochtones situées sur la Côte-Nord, au Saguenay et en Gaspésie.

À l’hiver 2015, épuisé par des semaines de travail de 80 heures, l’auteur et metteur en scène a eu besoin d’air. Il a pris le volant et il a décidé d’aller à la rencontre de ces gens qui ont une façon différente de voir les choses. 

La création de Philippe Ducros témoigne des traumatismes qu’ils ont vécus. Elle aborde les réalités de ces êtres humains qui ont été extirpés de leur milieu de vie et placés dans des pensionnats où ils ont été humiliés, abusés sexuellement et dépossédés de leur langue.

Des réserves où les dépendances à l’alcool et aux drogues font partie du quotidien, où le taux de suicide est élevé et où les femmes sont victimes de violence.

Images grandioses

La cartomancie du territoire se déploie à travers des monologues et des dialogues livrés par Marco Collin, Kathia Rock et Philippe Ducros. 

Les textes sont en français, en anglais et en innu, et ils sont saupoudrés des musiques de Florent Vollant et de quelques chants de Kathia Rock.

Les images et les films d’Eli Laliberté, tournés dans les réserves, sur la 132 et la 138, projetés sur un écran qui fait toute la largeur de la salle, sont beaux, grandioses et spectaculaires. On a l’impression d’y être.

Les mots, livrés avec poésie, sont parfois durs, vrais et puissants. Le témoignage d’un prisonnier autochtone, livré par Philippe Duclos, en anglais, a l’effet d’une déflagration. Un homme élevé dans les familles d’accueil et qui, incarcéré, se sent toujours à l’écart.

Et dans le dernier segment, on découvre, à travers les visages de ces gens, de la lumière et une évidente résilience. Un spectacle essentiel. Pour comprendre.