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Les Québécois «sont prêts» à faire des sacrifices pour l’environnement, croit Benoit Charette

Les Québécois croient toutefois que les gestes posés doivent être utiles, dit le ministre

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Les surplus budgétaires vont servir entre autres à la lutte aux changements climatiques. «C’est une première que l’on note noir sur blanc que, dorénavant, les surplus vont à la lutte aux changements climatiques. Ça montre l’engagement du gouvernement», se félicite Benoit Charette en entrevue avec notre Bureau parlementaire, jeudi, à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

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Les Québécois sont prêts à faire des sacrifices et à modifier leurs comportements pour aider l’environnement, à condition que le gouvernement démontre que ces gestes sont utiles, dit Benoit Charette.  

«Je suis convaincu qu’ils sont prêts. Mais en même temps, ils doivent être convaincus que leurs efforts vont donner des résultats», lance le ministre de l’Environnement lors d’une entrevue avec notre Bureau parlementaire, près d’un an après avoir hérité de ce poste névralgique.      

Pas question, toutefois, de viser les automobilistes avec des péages ou des taxes supplémentaires. Il écarte également d’ici 2022 un système de bonus-malus qui rend les voitures polluantes plus coûteuses. «Pas dans ce mandat-ci, car on a pris un engagement ferme au niveau des tarifs qui doivent se coller à l’inflation. Mais les gouvernements qui vont suivre auront à se questionner là-dessus», a-t-il dit.      

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Crise du recyclage, dépenses farfelues au Fonds vert, cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) ratées, retard énorme dans la création d’aires protégées: M. Charette craint la «perte de confiance des citoyens», en raison des échecs des gouvernements précédents.      

Son plan pour redonner confiance: un blitz environnemental en 2020 qui a commencé avec la consigne élargie, annoncée jeudi lors du caucus de la CAQ.       

Il présentera bientôt son plan d’électrification et de changements climatiques. Il y promet des «investissements colossaux» qu’il n’a pas voulu chiffrer, mais qui seront «passablement plus importants» que 10 milliards $, d’ici 2030.       

Les revenus de la bourse du carbone ne seront pas suffisants, une partie des surplus budgétaires va donc muscler la politique environnementale du Québec, a répété M. Charette.      

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Bon pour l’économie  

Le ministre promet de la rigueur et du pragmatisme dans les subventions environnementales qui seront annoncées. «C’est un plan d’action pour réduire les GES, mais également un formidable plan de développement économique. Ce sont des investissements faits au Québec et qui vont mettre de l’avant des technologies québécoises», a-t-il dit.      

Il se montre ouvert, par exemple, à simplifier les programmes pour financer l’électrification de flottes de véhicules, qui pourra bénéficier à des entreprises comme Lion. Vidéotron, filiale de Québecor, en a fait la demande récemment, tout comme des représentants de l’industrie du taxi. «On voit à quel point c’est complexe. L’industrie du taxi nous l’a dit. D’autres nous le mentionnent. Il faut simplifier et rendre disponibles ces programmes. S’il y a des freins, on est les premiers pénalisés», a-t-il dit.      

Autre mesure qui sera annoncée: certains dépotoirs revalorisent déjà les gaz produits par la décomposition des matières organiques, par exemple pour faire rouler des camions qui ramassent les détritus. M. Charette veut que cette stratégie soit appliquée partout au Québec.      

Crédibilité  

Avec cette vision terre-à-terre, il croit pouvoir combler le déficit de crédibilité de la CAQ en matière d’environnement.      

Il dépeint ses adversaires politiques d'une tout autre manière. Le Parti libéral du Québec (PLQ) fait de beaux discours, mais ne bouge pas, dit-il, et Québec solidaire (QS) démobilise avec des propositions qui divisent. Il cite en exemple le fait que QS n’a pas dénoncé les grimpeurs du pont Jacques-Cartier, qui ont «pourri la vie de dizaines de milliers de personnes».      

À ceux qui disent que la CAQ n’avait pas de plateforme environnementale lors des élections de 2018, il souligne d’ailleurs à la dérision que le principal engagement du PLQ était d’interdire les pailles en plastique.