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Laurent Duvernay-Tardif inspire la fierté

Ses ex-entraîneurs n’ont que de bons mots pour le garde des Chiefs

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Photo Reuters Laurent Duvernay-Tardif (à droite) jubile devant les caméras en compagnie du quart-arrière Patrick Mahomes après la victoire des Chiefs contre les 49ers dimanche soir.

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 Le mot «fierté» était sur toutes les lèvres pour saluer l’exploit de Laurent Duvernay-Tardif de soulever le trophée Vince-Lombardi.  

 Premier entraîneur du garde des Chiefs de Kansas City, Jacques Foisy a pu vivre ce grand moment sur place à Miami. Inquiet à certains moments quand les 49ers détenaient une priorité de 20-10 au 4e quart, il est passé par toute la gamme des émotions.  

 «Je suis fier de voir Laurent si heureux, a exprimé celui qui a initié le futur docteur au football avec les Pirates du Richelieu. Il a travaillé tellement fort pour combiner ses études et le sport. Après l’avoir félicité, je lui ai demandé s’il réalisait ce qu’il avait réussi. C’est magnifique. C’est grandiose. Je suis bien fier pour lui et sa famille.»  

 «Quand Laurent est entré dans la pièce lors de la fête organisée par Sasha [Ghavami] après le match, c’était clair que c’était un homme heureux, de poursuivre Foisy, qui a fait le voyage au Super Bowl en compagnie de son épouse. À son regard, on pouvait lire qu’il avait accompli sa mission.»  

 Un agent heureux  

 Sasha Ghavami abondait dans le même sens. «C’est difficile de décrire tout ce que je ressens, a exprimé l’agent et ami de Duvernay-Tardif. Je suis tellement fier de lui. Il en a fait du chemin quand on y pense. C’est parti d’un gars qui jouait un peu pour le fun à Grasset, puis il y a eu le changement de position et la prise de masse pour évoluer sur la ligne offensive à McGill. Il y a eu l’intérêt de la LCF et de la NFL, le repêchage, puis le fait de faire sa place sur l’alignement régulier et de devenir partant ensuite, en plus d’obtenir un deuxième contrat. Ce n’est pas une mince affaire ! On a foncé là-dedans avec toute la naïveté de notre jeunesse, mais on y a cru. C’est tout un feeling de voir l’aboutissement sur place, de mes propres yeux. C’est incroyable ce que cette personne a accompli. Je suis tellement choyé de faire partie de cette aventure-là et je ne fais qu’aider du mieux que je peux en dehors du terrain.»  

 «C’est hallucinant, de poursuivre Ghavami. Il a tellement travaillé fort pour vivre ce moment. Oui, Laurent a toujours eu des aptitudes athlétiques et intellectuelles exceptionnelles, mais il ne faut pas oublier tout le travail qu’il a mis là-dedans pour réussir. Il nous inspire tous.»  

 Un modèle  

 Ronald Hilaire parlait, lui aussi, de fierté. «Je suis immensément fier de ce que Laurent a accompli, a mentionné l’entraîneur-chef de McGill, l’alma mater du garde des Chiefs. Il a démontré que tu n’as pas à laisser tomber ton rêve académique pour réussir dans le sport. Tu peux viser les meilleures écoles sans négliger ton sport. Laurent est un modèle d’étudiant-athlète.»  

 S’il reconnaît l’exploit réalisé par son ami et ancien protégé, Mathieu Quiviger estime qu’il ne s’agit que d’une étape. «C’est énorme comme exploit, mais ce n’est pas une fin puisque Laurent a tellement de cordes à son arc, a souligné l’ancien entraîneur de la ligne offensive de McGill. C’est une étape de plus dans une vie extraordinaire.»  

 Tony Iadeluca se pinçait pour y croire. «C’est vraiment spécial, a souligné l’entraîneur-chef des Phénix d’André-Grasset. Il y a dix ans, je n’aurais jamais pensé que Laurent jouerait dans la NFL, un jour, et qu’il gagnerait le Super Bowl.»  

 Des retombées qui restent à mesurer  

 Même s’il reconnaît qu’il est trop tôt pour en mesurer l’ampleur, Bernard Deserres estime que le football québécois récoltera des retombées de la victoire de Laurent Duvernay-Tardif et des Chiefs de Kansas City au Super Bowl.  

 «Il y aura sûrement des retombées pour le football québécois et il faudra être bien préparé quand des demandes supplémentaires des parents vont entrer, a mentionné le directeur général par intérim et vice-président de Football Québec. C’est la première fois qu’on voit ça, un Québécois remporter le Super Bowl.»  

 «Il va y avoir un certain engouement, comme c’est le cas quand les Alouettes connaissent du succès, mais on ne peut déterminer, pour le moment, comment ça va se traduire, de poursuivre Deserres. Il faudra attendre à l’été, lors de la période d’inscriptions, pour mesurer l’ampleur des retombées. Plusieurs ont regardé leur premier match de football dimanche, et ça va nous permettre d’ouvrir des portes. Si nous avons rattrapé les pertes chez les adolescents, ce fut plus difficile chez les plus jeunes. La victoire de Laurent peut avoir un impact et nous aider.»  

 Deserres demeure toutefois réaliste. «Nous sommes très contents, mais on garde les pieds sur terre, a illustré le DG de Football Québec. La victoire de Laurent au Super Bowl démontre que le rêve est possible pour un Québécois, mais il y a des milliers de jeunes qui ne se rendront pas plus loin qu’au collégial. Tant mieux si les meilleurs atteignent les plus hauts sommets, mais nous ne sommes pas là pour développer des joueurs pour la NCAA, la LCF et la NFL. Les valeurs associées au football, telles que la discipline, le respect et le travail d’équipe, seront utiles toute leur vie aux jeunes, peu importe qu’ils arrêtent après leur parcours collégial ou atteignent les niveaux supérieurs.»  

 Gros impact  

 Premier entraîneur de Duvernay-Tardif avec les Pirates du Richelieu et présent à Miami pour la rencontre ultime, Jacques Foisy croit que la victoire du garde des Chiefs aura une incidence importante. «Il y aura un gros impact sur la valorisation de la position de joueur de ligne offensive, a-t-il affirmé. Les jeunes qui sont forts vont réaliser que c’est une position plus noble qu’ils pensaient. Comme entraîneur, on sait que c’est une position importante, mais elle reçoit moins de visibilité.»