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Les Chiefs, la prochaine dynastie?

Les Chiefs, la prochaine dynastie?
Photo AFP

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MIAMI  |  La victoire des Chiefs au Super Bowl était à peine acquise, dimanche soir, que certains des joueurs clés de l’équipe pensaient déjà à la prochaine conquête. Déjà, une potentielle dynastie est évoquée. Pourtant, l’histoire rappelle qu’il vaut mieux faire preuve de sagesse.

Après la rencontre, dans une effusion fort compréhensible de pur bonheur après le triomphe, ils ont été quelques-uns à ne pas se gêner.

Chris Jones, l’excellent plaqueur défensif a dit que les Chiefs venaient de gagner le Super Bowl et qu’ils seraient de retour l’an prochain. Le demi de coin Bashaud Breeland, auteur d’une interception, a mentionné qu’avec des fondations comme Patrick Mahomes et Tyrann Mathieu, toutes les chances étaient là pour une dynastie.

À l’attaque, Travis Kelce et Tyreek Hill ont proclamé que ce n’était que le début d’une dynastie. Pendant ce temps, celui qui pourrait le plus se bomber le torse et rêver à la création d’un empire, Patrick Mahomes, a pour sa part affirmé que les Chiefs étaient encore loin du compte et qu’il n’était pas évident de jouer avec la même constance pendant des années.

Encore une fois, malgré ses 24 ans, c’est lui l’adulte dans la pièce.

UNE GROSSE ÉQUIPE

Que l’équipe croie en ses moyens, c’est une chose et c’est même souhaitable. Il y a tout de même une limite à ne pas franchir. S’autoproclamer une dynastie en devenir après une conquête, ce n’est pas forcément avoir conscience de la réalité.

En misant sur l’extraordinaire Mahomes, le potentiel d’une longue domination est réel. Mais il faudra voir quel salaire il commandera pour son deuxième contrat et à quel point les ressources financières seront hypothéquées pour le reste de l’alignement. Car il ne faut pas oublier que la défensive a aussi joué un rôle important dans ce championnat des Chiefs.

Un survol de la conférence américaine laisse entrevoir que ça pourrait être le début d’une longue aventure pour les Chiefs.

La situation des Patriots et de Tom Brady sera à surveiller, mais cette équipe n’est pas morte. Les Steelers, avec un Ben Roethlisberger en santé et une défensive solide, pourraient revenir rapidement d’entre les morts. Les Ravens n’ont pas dit leur dernier mot. 

La conférence n’apparaît pas extrêmement forte et les Chiefs doivent être considérés comme les favoris pour se hisser de nouveau au sommet, mais rien n’est jamais gagné.

EXEMPLES D’ÉCHECS

Malgré tous les miracles de Mahomes et sa jeunesse, répéter l’exploit ne s’avère pas de la tarte. 

Aux commandes des Dolphins en 1984, le fringant Dan Marino amenait l’équipe au Super Bowl à sa deuxième saison, dans ce qui s’annonçait comme le début d’une longue série. Il n’y est jamais retourné.

Aaron Rodgers a remporté le gros trophée avec les Packers à sa troisième saison comme partant. Depuis, aucune présence au Super Bowl. Même constat pour Drew Brees, qui n’a jamais vécu l’ivresse d’une autre présence au match ultime. 

Les exemples similaires abondent. Bravo aux Chiefs, mais il faut demeurer prudent.

CHAPEAU, LAURENT !

Il serait désolant de terminer cette dernière chronique de la saison sans souligner l’exploit de Laurent Duvernay-Tardif. C’est le football québécois au grand complet qui héritera des bienfaits de cette victoire historique.

À une époque où le football a été diabolisé dans les médias, en raison notamment des commotions cérébrales, Duvernay-Tardif a maintenu son message, à savoir que les bienfaits dépassaient largement les risques. Être champion du Super Bowl, c’est un bienfait dont plusieurs jeunes voudront s’inspirer.