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Québec néglige ses animaux

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En matière de protection des animaux domestiques contre l’exploitation, la négligence et la cruauté, Québec est bien loin d’être à l’avant-garde parmi les grandes villes au pays.

Depuis l’arrivée de Valérie Plante, la Ville de Montréal a rattrapé un certain retard avec la mise en place de différentes mesures visant à mieux protéger les animaux.

Les règles ont été resserrées pour les chiens dangereux, et le collier étrangleur, électrique ou à pointe – des objets barbares qui ne devraient jamais être utilisés – sont désormais interdits. La stérilisation et le micropuçage sont également devenus obligatoires. Enfin, un règlement a été adopté pour encadrer la vente de chiens, de chats et de lapins dans les animaleries dès cette année. Seuls des animaux provenant de refuges et de cliniques vétérinaires pourront être offerts.

Cette mesure, en vigueur à Toronto depuis près de 10 ans, vise notamment à mettre fin à la reproduction industrielle, alors que les refuges sont pleins à craquer d’animaux abandonnés. Si vous avez manqué la récente émission de J.E sur les usines à chiots, je vous invite à en prendre connaissance. Vous comprendrez mieux pourquoi cette pratique d’élevage intensif à des fins d’exploitation est ignoble et inacceptable.

Toutes ces règles adoptées dans la métropole ont été saluées, avec raison, par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal.

Réflexion sans fin

Pendant ce temps, à Québec, allez comprendre pourquoi, mais une réflexion sans fin se poursuit. En 2014, une citoyenne avait déposé une pétition au conseil municipal pour réclamer que cesse la vente d’animaux issus d’usines de reproduction dans les animaleries. M. Labeaume s’était alors montré sensible à la cause et avait dit partager les préoccupations des citoyens à cet égard. Sa sensibilité n’a toutefois pas permis d’en arriver à ce que de véritables dispositions soient mises de l’avant.

On a certes eu droit au spectacle disgracieux de M. Labeaume qui, en 2016, à la suite du décès d’une Montréalaise, s’est improvisé en exterminateur de pitbulls. 

Il a dû, par la suite, se rétracter et reconnaître son erreur, se défendant d’être un « tueur de chiens ». Sa sortie témoignait néanmoins d’une profonde méconnaissance de ces animaux, comme l’ont déploré des experts.

La bonne nouvelle, c’est que la politique de gestion animalière, dévoilée il y a près d’un an, fait actuellement l’objet d’une révision. On veut lui donner plus de pouvoir. En d’autres termes, on a si peu prévu de mesures, comparativement à Montréal, que Québec en perdrait la face. Il serait plus que temps de démontrer une plus grande volonté de mieux protéger ces êtres que tant de gens aiment et chérissent. Les paroles, c’est bien beau, mais encore faut-il agir.